Vous êtes à La Frégate !
Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

La Frégate
Pages consacrées au rayonnement du Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)
Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :
1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;
2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.
N'hésitez pas !
LT
Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !
Sauver les âmes
Pour tous par le bon exemple, la prière, l’immolation, la vertu qui, par la Communion des saints, profite au salut de tous, par l’amour fraternel, la bonté. Pour la plupart, par des œuvres diverses : bienfaisance, paroles, etc.
Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note quotidienne du 13 juin 1916, éditions Nouvelle Cité, page 206.
Lc 1, 26-38. « Tu l’appelleras Jésus ». Le nom de Jésus « Sauveur » signifie l’œuvre de Notre Seigneur. Si nous voulons l’imiter, faisons son œuvre. Consacrons notre vie à sauver les âmes. Sauver par les moyens propres que Dieu veut pour chacun de nous.
L’état de grâce
Notre-Seigneur Jésus vit dans l’âme en état de grâce. Il agit en elle chaque fois qu’elle fait un acte bon en état de grâce… Combien Dieu est glorifié par toute âme en état de grâce, puisqu’il voit Jésus en chacune d’elles, Jésus continuant son existence sur la terre en chacune d’elles, et puisqu’il voit dans chaque acte de cette âme fait avec la grâce un acte de Jésus, un acte divin en même temps qu’humain, une suite de la série de ces actes de Jésus ici-bas, dont le moindre rapporte à Dieu une gloire infinie, comme fait par la seconde personne de la très sainte Trinité !... Comme nous devons désirer que tous les hommes soient en état de grâce ! C’est désirer qu’il y ait autant de tabernacles vivants, autant de corps et d’âmes animés par Jésus qu’il y a d’âmes !... Comme nous devons désirer que les âmes en état de grâce fassent le plus d’actes saints possible ! C’est désirer la multiplication des actes de Jésus, dont chacun glorifie Dieu infiniment !
Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 207, éditions Nouvelle Cité, page 113.
Le Bulletin trimestriel n° 168 des Amitiés Charles de Foucauld vient de partir à l'imprimerie.
Il paraîtra durant le mois de novembre.
En voici la table des matières :
- Une « Maison Charles de Foucauld » à Rennes
- Le 1er décembre 2007, célébration de la fête liturgique du Bienheureux Charles de Foucauld
- Charles de Foucauld et Abd Jesu (extraits de lettres du Bienheureux)
- Charles de Foucauld et Henri Duveyrier (suite), avec la présentation par Guy Basset, d'un biographie récente de Dominique Casajus sur Henri Duveyrier
- Attention à la précision ! - n° 5 : Les photos de Charles de Foucauld « en civil », par Pierre Sourisseau
- Bibliographie : "Amitiés croisées", actes de la Journée d'étude "Charles de Foucauld et l'Anjou" à Angers le 24 novembre 2006
- Les comptes de la Postulation pour les années 2003-2006
Pour le recevoir, écrire à Amitiés Charles de Foucauld, 56 rue du Val d'Or, 92150 SURESNES - Abonnement annuel : 16 €. Vente au numéro : 4,75 €.
(fin de l'article de Jean-François Six, des 29 septembre et 1er octobre)
Duveyrier a-t-il répondu à cette lettre de Foucauld qui a dû lui parvenir autour de la fin mars 1892 ? Nous ne le savons pas. Duveyrier était miné par les accusations qui n’avaient cessé envers lui avec les massacres de la mission Flatters et d’autres meurtres perpétrés par les Touareg ; il connaissait aussi des déceptions sentimentales ; en 1891, le projet d’une mission d’exploration au Bornou avait avorté ; son suicide survient le 25 avril 1892. Comment Foucauld l’a-t-il appris ? On sait que Duveyrier avait désigné son ami, Charles Maunoir – avec qui Foucauld avait pris le repas chez Duveyrier en 1888, on s’en souvient – comme légataire universel ; celui-ci, dans les papiers de Duveyrier, avait retrouvé les lettres de Foucauld et lui avait écrit à Akbès pour lui demander ce qu ’il fallait en faire ; Foucauld lui avait répondu en lui demandant de les brûler ; Maunoir les avait gardées. Dans la lettre qu’il lui avait écrite, le 22 février, Foucauld remerciait Duveyrier pour « la fraternelle affection » qu’il lui avait toujours témoignée, affection qui lui est « très douce », dit-il. A la fin de sa lettre, il écrivait, parlant des réactions de sa famille à son départ en religion : « Maintenant tous les miens ont pris leur parti de me savoir ici parce qu’ils croient que c’est la vocation de Dieu qui m’a appelé ». « Prenez votre parti avec eux, cher ami à qui j’écris une lettre si fraternelle » conclut Foucauld à son interlocuteur qui, lui, ne croit pas en Dieu ni à cette vocation-là. Cette lettre a-t-elle fait un choc sur Duveyrier ? Casajus l’avance, lui qui parle, de la part de Duveyrier envers Foucauld, d’ « une affection douloureuse » et qui termine l’introduction de son livre en disant : « Quand en février 1890, Foucauld quitta le siècle et se retira à la Trappe, je crois bien que Duveyrier ne fut pas loin de se sentir abandonné. Le 25 avril 1892, lui aussi quitta le siècle. Et le monde. » (p.40)
Par la suite, Foucauld ne parle jamais, dans ses écrits, de son ami Duveyrier ni de son suicide. Il aurait pu, par exemple, rappeler son souvenir dans sa lettre, le 4 mai 1903 à Mgr Livinhac quand il lui écrit de « Duveyrier » : on a donné à ce village, qui était alors le terminus du chemin de fer, le nom de son ami. Rien. Etait-ce parce que ce souvenir lui était trop douloureux ? Reste que Foucauld a été « d’une certaine manière, son disciple et son continuateur par ses travaux et ses engagements dans le monde touareg. »[1]
*
* *
Ce que nous voudrions souligner d’abord, c’est que la rencontre entre les deux hommes s’est faite par la médiation de la science dont ils étaient l’un et l’autre profondément marqués. Incroyants tous deux quand s’établissent leurs premières relations, imprégnés l’un et l’autre – Duveyrier, certes, davantage que Foucauld, mais on ne peut ignorer ou atténuer combien Foucauld était de son siècle éperdu d’explorations en tous domaines – menés tous deux par l’idéal de la « production » scientifique et du « progrès » - termes que Foucauld ne cessera d’employer jusqu’à sa mort – ce lien scientifique entre eux ne cesse pas lorsque Foucauld se convertit. Et on a vu que, s’il se permet de proposer à Duveyrier de voir Huvelin, c’est que celui-ci est lui-même un scientifique connaissant « le prix de la science. »
Les saint-simoniens voyaient dans le chemin de fer l’invention qui allait relier les peuples, transformer leurs relations, apporter la paix dans le monde. C’est pour établir le tracé d’un chemin de fer qui unirait les pays au Nord et au Sud que la mission Flatters est envoyée au Sahara. Le projet fou, abandonné après l’échec de Flatters, reprit corps en 1905 « à la grande satisfaction de Foucauld […] pour lui, le projet s’imposait et le chemin de fer devait constituer un puissant moyen de civilisation »[2] : idée saint-simonienne par excellence. Le Progrès a beaucoup perdu du prestige qu’il avait acquis au XIX° siècle avec les Saint-Simon et Comte en France, ou Spencer en Angleterre qui veulent d’ailleurs composer la nouvelle philosophie de l’histoire appelée, à leurs yeux, par l’avènement de la grande industrie. On est loin, aujourd’hui, de l’idée qu’avait exprimée Condorcet en 1793 dans son Esquisse des progrès de l’esprit humain, selon laquelle on passerait aisément, comme d’emblée, des progrès de la connaissance au progrès de la civilisation ; loin de la conviction de Saint-Simon, certain que la politique va devenir, sur cette base, une « science positive », et amener la paix universelle entre des sociétés organisées en vue de « la production des choses utiles ». Mais ces idées avaient beaucoup marqué le jeune Foucauld entre 16 et 28 ans, entre 1874 et 1886, avaient fait de lui un adepte de la science comme Renan, un agnostique comme le positiviste Littré. Converti, Foucauld ne rompt aucunement avec la science , ses perspectives et ses méthodes ; il lui restera fidèle jusqu’à sa mort, menant une œuvre scientifique extraordinaire dont Duveyrier aurait été certainement fier.[3]
*
* *
On voudrait aussi souligner la délicatesse de Foucauld dans son amitié avec Duveyrier. Il veut respecter son ami incroyant, ne pas le blesser ; il lui dit fortement qu’il comprend que Duveyrier ne peut comprendre la motivation de son entrée en religion et la paix qu’il connaît ; il se met à sa place : il a connu lui-même la même incroyance. Il ne cherche aucunement à le convertir ; tout en essayant de lui présenter sa foi, de lui parler de la Trinité, « mystère incompréhensible », de l’Incarnation, non pour le catéchiser mais pour lui donner la vraie raison de son entrée à la Trappe, qui est, en fin de compte, son amour fou envers Jésus et, dès lors, le désir imprescriptible de L’imiter, de Lui ressembler. Les deux autres grands amis que Foucauld connaîtra dans sa vie, son ami d’enfance Tourdes, son ami du Sahara, Laperrine, sont l’un et l’autre chrétiens et lui survivront ; Duveyrier, est, lui, un « éloigné » de ce Jésus qu’il aime, un « éloigné » qui, plus est, se suicide, marque très douloureuse dans la vie de Foucauld, comparable sans doute à la souffrance qu’il avait connue, enfant, à la mort de son père en asile d’aliénés, ce père dont il ne parlera jamais non plus par la suite. La prière d’abandon qu’exprimera Foucauld face à un Christ abandonné par son Père s’inscrit aussi dans l’abandon qu’il a vécu face à son propre père et face à un frère aîné, morts tous deux dans la nuit.
Jean-François SIX
[1] Jean-Louis Triaud La Légende noire de la Sanûsiyya (Paris, Ed. Maison des Sciences de l’homme, 1995, t.II, p.804)
[2] M. Serpette Foucauld au désert, Desclée De Brouwer, 1997, p.169 (voir pages 168-170 : Le Transsaharien).
[3] On peut se référer à la postface (par J.F.Six) du livre cité de M. Serpette, sur Foucauld et la science (pages 245 à 255).
(suite de l'article de Jean-François Six dont la première partie est du 29 septembre)
Henri Duveyrier avait dix-huit ans de plus que Charles de Foucauld et il était, pour l’explorateur du Maroc, un « maître » - c’est ainsi qu’il le nomme dans les lettres qu’il lui adresse, mais c’est en même temps pour lui un ami dont il aime « la douceur » et dont il goûte « la bonté »[1] ; meurtri par la mort de ses parents, Foucauld avait besoin de rencontrer des êtres comme Duveyrier, comme l’abbé Huvelin ou sa cousine Marie de Bondy dont il a aussi apprécié « la bonté silencieuse ». On a gardé 33 lettres de Foucauld à Duveyrier écrites avant le 16 janvier 1890, date de son entrée à Notre-Dame des Neiges et ensuite[2]. Le 1er mars, il lui dit combien il est sensible à son « affection si chaude et si constante […] Rien n’a plus de prix en ce monde que l’amitié d’un cœur comme le vôtre. » Quand il lui écrit ainsi, le 1er mars, il n’a pas encore osé dire tout de suite à Duveyrier sa décision pour ne pas le heurter ; il ne le lui explique, dans une lettre admirable, que le 24 avril : « Je suis, depuis trois mois, dans un monastère de Trappistes […] Pourquoi suis-je entré à la Trappe ? Voilà ce que votre chère amitié me demande. Par amour, par pur amour… J’aime Notre-Seigneur Jésus-Christ, bien que d’un cœur qui voudrait aimer plus et mieux, mais enfin je L’aime et je ne puis supporter de mener une vie autre que la sienne, une vie douce et honorée, quand la sienne a été la plus dure et la plus dédaignée qui fût jamais. » Et ceci où son cœur éclate, universel : « Tous les hommes sont les enfants de Dieu qui les aime infiniment : il est donc impossible d’aimer, de vouloir aimer Dieu, sans aimer, vouloir aimer les hommes. L’amour de Dieu, l’amour des hommes, c’est toute ma vie, ce sera toute ma vie, je l’espère. »
Duveyrier lui répond qu’il n’a pas la foi, que sa perspective est tout autre, une perspective qui doit être incompréhensible pour Foucauld. Celui-ci lui écrit alors, le 12 mai, lui rappelant son propre agnosticisme d’avant octobre 1886 : « Comment ne comprendrais-je pas que vous pensiez différemment de moi, bien cher ami, moi qui, il y a quatre ans, pensais comme vous ? »
Leur correspondance se poursuit tandis que Foucauld – frère Marie-Albéric – est maintenant à la Trappe d’Akbès, en Syrie : « Mon âme est dans une paix profonde », écrit-il le 11 septembre 1890 à Duveyrier dans une lettre où il décrit longuement, comme un géographe à un géographe, le lieu et la région où il habite désormais. Un an plus tard, le 14 septembre 1891, il lui redit : « Mon âme goûte une paix, un calme dont je n’avais l’idée avant d’être au couvent. Puisse Dieu en donner quelque chose à ceux que j’aime, vous savez que vous êtes cher parmi eux . » Il l’invite, le 4 décembre, à rencontrer, s’il le veut, l’abbé Huvelin pour parler de lui et avoir de ses nouvelles : « Quand vous voudrez causer de moi, vous savez que vous trouverez en M. l’abbé Huvelin, celui qui est comme mon second père, ayant perdu le mien presque à ma naissance ; c’est dire qu’il recevra avec bonheur un ami comme vous ; il sait d’ailleurs le prix de la science, car avant d’entrer dans les Ordres, il a été élève de l’Ecole Normale. »
Il lui annonce, dans cette même lettre, qu’il prononcera, le 2 février 1892, ses vœux : « On promet l’obéissance, la chasteté, la pauvreté, la stabilité dans ce monastère jusqu’à la mort. »
C’en est trop pour Duveyrier qui estime que son jeune ami est en train de faire une folie. Il lui écrit une lettre pressante le 28 décembre, essayant, peut-on penser, de le faire revenir sur sa décision. Foucauld lui répondra le 21 février 1892. C’est la 34° et dernière lettre que Foucauld écrira à son ami Duveyrier, la dernière et la plus importante par sa longueur et surtout par son contenu. Elle n’a été révélée et publiée que récemment, il y a vingt ans, dans le Bulletin Trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld (juillet 1986) et on voudra bien s’y reporter ainsi qu’à l’excellent commentaire de P. Sourisseau.
Lettre précieuse où, en huit feuillets serrés, frère Marie-Albéric répond à son « cher et excellent ami » : « Vous n’approuvez pas, vous redoutez les vœux de religion […] Loin de moi de me choquer en quoi que ce soit de vos objections ». Il lui rappelle une fois de plus son propre passé : « Il y a six ans, j’étais aussi éloigné de la religion catholique que vous pouvez l’être, je n’avais aucune espèce de foi. »
Sa décision de « se faire trappiste » a été mûrement réfléchie. Et il essaie de lui expliquer les raisons, la « cause » de ce choix, tout en pensant que Duveyrier ne peut pas comprendre : « Cette cause, il ne me paraît pas possible que vous la compreniez, exactement éloigné comme vous l’êtes de la foi catholique, cette cause, je ne l’eusse pas comprise il y a six ans, pourtant je vais vous la dire. »
Suit une présentation, toute théologique, de l’Incarnation d’où découle pour « ceux à qui cela est possible », l’appel à « mener une vie ressemblant le plus possible à celle que Dieu mena sur la terre ; pas d’amour sans désir d’imitation . »Voilà pourquoi il est désormais trappiste.
Et il répète : « Il y a six ans, j’eusse traité cela d’imaginations, de rêves, et j’eusse regardé celui qui aurait écrit la page précédente, passez-moi le mot, comme un peu fou, sinon beaucoup…comment ai-je tant changé ? » Après un bref itinéraire de sa vie, il lui fait un récit précis de sa conversion. Il termine en l’embrassant « fraternellement ».
(à suivre)
[1] Ce que souligne R. Pottier Un prince saharien méconnu, Henri Duveyrier, Paris, Plon 1938.
[2] Lettres étudiées dans le livre de R. Pottier qui a tracé de Duveyrier un portrait plutôt hagiographique ; comme il le fera pour Foucauld dans son livre La vocation saharienne du Père de Foucauld (Paris, Plon, 1939). – (L. Massignon, à qui R.Pottier avait transmis son manuscrit, en écrivait à R. Voillaume le 31 mai 1938 qu’il était « très soucieux » : « Cela commence par une “géographie mystique” du Sahara qui est tout-à-fait délirante ; et la manière dont M. Pottier se sert de la psychologie de Psichari pour éclairer la conversion de Charles de Foucauld me paraît totalement dénuée de bon sens. J’ai vu deux fois longuement M. René Pottier dont la bonne volonté est désarmante autant que son manque de style. Je n’ai pas osé lui dire trop clairement qu’il allait ridiculiser la mémoire d’un ami que je vénère, mais je lui ai demandé de supprimer mon nom dans la liste des personnalités qu’il marque au début comme ayant encouragé son dessein. Il a une particulière prédilection pour toutes les anecdotes controuvées » Et Massignon donne un exemple de l’une de ces fables hagiographiques, ajoutant : « Cette manière de méconnaître la vérité historique est à faire pleurer ; elle donnerait raison à ces amères confidences que j’ai entendues trop souvent : “L’Eglise n’a pas le goût de la vérité en matière d’histoire”. Pourvu qu’un récit soit édifiant, on le laisse colporter. Il y a là, dans M. René Pottier, une concession tout à fait fâcheuse à une contagion de plus en plus générale. Mon devoir professionnel d’historien est de protester en rappelant d’ailleurs la parole de Léon XIII : “Dieu n’a pas besoin de nos mensonges”. »)
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires