Vous êtes à La Frégate !
Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

La Frégate
Pages consacrées au rayonnement du Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)
Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :
1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;
2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.
N'hésitez pas !
LT
Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !
De la Terre Sainte à Alger, en passant par Notre-Dame des Neiges
Durant toute l’année 1899 et une bonne partie de l’année 1900, Charles de Foucauld est peu à peu envahi par l’idée de fonder une nouvelle famille monastique, celle des Ermites du Sacré Cœur. Ce projet lui fait écrire dans une lettre du 1er juin 1900 : « Oui, je dois demander l’habit d’ermite, malgré mon amour pour ma bien-aimée blouse, car il est faux qu’on ne puisse aussi bien imiter Jésus sous l’habit religieux que sous l’habit laïc. »
Quand il rédige la règle des Ermites du Sacré-Cœur, il en décrit l’habit. C’est une blouse blanche avec l’insigne du Sacré-Cœur. Il est pressé de porter cet habit parce que ce sera le signe que sa fondation est acceptée et qu’il peut s’appeler « ermite du Sacré-Cœur ». Plusieurs lettres à l’abbé Huvelin, le 26 avril, le 16 mai et le 1er juin 1900, soumettent cette demande de façon insistante. Il voudrait que l’abbé Huvelin en obtienne pour lui la permission du pape Léon XIII lui-même, en juin 1900, pour le premier anniversaire de la consécration du monde au Sacré-Cœur, en passant par l’intermédiaire du cardinal Richard, archevêque de Paris, le « Cardinal du Sacré-Cœur » dit Charles de Foucauld, à cause de Montmartre.
Mais tant qu’il ne reçoit pas la permission, il garde sa blouse bleue, et c’est dans cet habit que, le 22 juin, fête du Sacré-Cœur, il se rend auprès du Patriarche latin de Jérusalem, Monseigneur Piavi, pour lui demander l’approbation de sa règle. Il se présente sans introduction. On lui promet de réfléchir et on lui demande de se retirer… C’est la fin d’un projet.
Il décide donc de quitter la Terre Sainte en août, de revenir à Paris revoir l’abbé Huvelin, après un passage à Rome pour le service des Clarisses ; finalement il va s'installer à Notre-Dame des Neiges, où il arrive le 29 septembre 1900. Là il va passer huit mois à se préparer au sacerdoce. Il reprend alors l’habit de novice trappiste.
Le 9 juin 1901, Frère Charles de Jésus est ordonné prêtre dans la chapelle du Grand Séminaire de Viviers. Il a déjà en tête le projet d’aller s’établir sur les confins du Maroc et de l’Algérie. Le 10 septembre il débarque à Alger et se rend auprès du Supérieur des Pères Blancs, Mgr Guérin, pour obtenir de lui la permission de s’établir sur son vicariat. À ce moment, Charles de Foucauld porte la gandoura des Pères Blancs, mais sans leur insigne qui est le rosaire. Il attend que Mgr Guérin lui donne l’autorisation de fonder les Petits Frères du Sacré-Cœur.
(à suivre)
Quel habit, pour quelle fondation ?
À Nazareth, ayant refusé de porter l’habit que les Clarisses lui avait préparé, afin de demeurer dans « l’abjection » d’une tenue de pauvre ouvrier, Charles de Foucauld réfléchit néanmoins à un projet de fondation. Il s’en ouvre à son directeur, l’abbé Henri Huvelin, dans cette lettre du 15 octobre 1898 citée précédemment. Et la question de l’habit religieux se pose immédiatement. On sent qu’au fond il le désire. Mais, comme la Mère Abbesse le lui avait suggéré, il s’en remet à l’avis de l’abbé Huvelin :
« C’est donc à vous à décider toute la question, à faire connaître la volonté de Notre-Seigneur à mon égard. Si je dois rester comme je suis, ou si je dois accepter la proposition de la bonne Mère… En tous cas il me semble que si je reste comme je suis, je dois aussi garder, à l’exemple de Jésus, ce béni vêtement d’ouvrier qui était le sien à Nazareth… C’est seulement si vous décidez que je dois un jour recevoir les Saints Ordres qu’il y a lieu de changer d’habit ; et dans ce cas, je désire échanger ma chère blouse non contre un vêtement quelconque, semi-religieux et de fantaisie, mais contre l’habit bénédictin, que tout évêque peut permettre à n’importe qui de porter, puisque tout le monde peut faire profession de la règle bénédictine sans appartenir à aucune des nombreuses congrégations bénédictines existantes ; ce changement d’habit serait donc une chose grave, équivalent à une profession, et qui se ferait comme et quand vous le voudriez, mais pourtant avant de recevoir les Ordres Mineurs, ou en même temps à ce qu’il me semble. Je serai très content si vous me dites de rester comme je suis ; très content encore si vous me dites autre chose (…) »
Mais dès le 22 octobre, Charles de Foucauld reprend la plume et écrit à l’abbé Huvelin : « Quand je vous disais que je désirais l’habit bénédictin, que j’avais un secret désir, si Dieu envoie des âmes, de former une petite communauté bénédictine en Terre Sainte, j’ai mal dit : c’est l’habit monastique, une communauté monastique que j’aurais dû dire : non encore que je suive le règlement de journée bénédictin, je ne voudrais reprendre ni l’habit ni la Règle bénédictine ; je les vénère et les admire… Mais d’une part cette Règle est faite pour de grandes communautés et non pour de « petits troupeaux », d’autre part et surtout, la reprendre serait se jeter de nouveau dans ces interprétations de textes et d’esprit et de lettre, dans lesquelles on se noie, et qui portent de belles âmes à passer leur temps à penser à des riens au lieu de l’employer à aimer Dieu… »
Dans une lettre du 22 janvier 1899 se lit une autre allusion : « … ne porter ni le nom, ni l’habit d’ermite tant que vous ne me donnerez pas l’ordre de faire les démarches à ce sujet ». Et de nouveau, à la fin de cette même lettre : « … concernant le nom d’ermite, et l’habit religieux que je ne porterai que quand vous jugerez le moment venu (si toutefois il vient jamais) ».
(à suivre)
De la Trappe à Nazareth
Texte élaboré à partir d’une conférence donnée par
le Père René Voillaume aux Petites Sœurs de Jésus à Rome en mai 1987.
L’histoire des habits de Charles de Foucauld est très significative et permet de suivre les différentes étapes de sa vie.
Il a beaucoup aimé l’habit des Trappistes. C’était, à ses yeux, le signe de sa consécration à Dieu. Il est certain que cela lui a coûté de le quitter au début de 1897. C’est à ce moment-là et pour sa vie de serviteur à Nazareth, qu’il a choisi le vêtement que nous connaissons : une sorte de blouse qui était pour lui le signe de sa recherche de l’abjection. C’est pourquoi cet habit ne peut se définir ni comme habit laïc ni comme habit religieux. Ce n’était ni l’un ni l’autre.
Tout le temps de son séjour en Terre Sainte, il tiendra à cet habit, malgré les propositions de la Mère abbesse de Jérusalem. On lit en effet dans les archives des Clarisses cette mention : « Notre Révérende Mère lui avait fait confectionner par une de nos sœurs, un costume convenable pour remplacer le misérable accoutrement qui le rendait ridicule et méprisable ; il ne le garda pas longtemps, le donna peu de jours après et supplia notre Mère de lui faire la charité d’une blouse bleue comme celle d’un simple ouvrier, ce qui lui fut accordé. Il y ajouta lui-même une collerette plissée, de même étoffe et cousue à grands points au fils blanc. »
Dans une lettre à l’abbé Huvelin, le 15 octobre 1898, il évoque encore une autre proposition de la « bonne Abbesse » des Clarisses de Jérusalem : « - Nous voudrions vous faire, pour l’hiver et pour toujours, une tunique un peu longue, avec un capuchon, comme ce que portent ici les gens du pays, quelque chose qui à la fois ait quelque chose de plus recueilli, de plus religieux que votre pantalon et votre blouse de toile bleue, et qui pourtant ne soit de la couleur d’aucun ordre religieux. »
Et Charles de répondre : « Comme je suis Français et non Syrien, ce sera toujours pour moi ou un déguisement, ce qui ne vaut rien (1) ou un vêtement religieux, vêtement d’ermite, si on veut, mais en fin vêtement religieux, que je ne puis porter qu’avec la permission de l’ordinaire (2)… La pauvreté n’y perdrait pas, mais l’abjection y perdrait : je ne « crierai pas si bien sur les toits » Jésus ouvrier à Nazareth, et je ne chanterai pas si bien ce beau poème de sa divine abjection. »
La religieuse renvoie alors Charles de Foucauld à l’avis de son directeur, l’abbé Huvelin, sur cette question, comme sur celle qu’elle aborde alors longuement avec Charles : - Pourquoi n’êtes vous pas prêtre ?
(à suivre)
(1) En ce qui concerne sa situation à cette époque.
(2) Ce terme canonique désigne ici l’évêque du diocèse.
RETRAITE de NAZARETH en COMMINGES
Les Petits Frères de la Moisson de Jésus-Amour recevront du 11 au 17 février 2012 les garçons pour une retraite.
Implantés en Comminges à Coulédoux (Haute-Garonne), les Petits Frères de la Moisson, fondés depuis près de dix ans et reconnus canoniquement le 25 décembre 2008 dans l'archidiocèse de Toulouse, sont une famille monastique foucauldienne.
Ils reçoivent depuis quelques années des jeunes dans l'esprit de Nazareth, pour leur faire partager, en compagnie d'autres jeunes, leur vie communauteire et fraternelle de moines.
Cela comporte des temps de prière, d'enseignements, d'accompagnement spirituel, de services et de travaux.
Renseignements :
Fraternité Monastique des Petits Frères de la Moisson
Monastère Bienheureux Charles de Foucauld
31160 COULEDOUX
tél. : + 33 (0)5 61 95 21 80
Les Petits Frères répondent habituellement au téléphone entre 14 heures 30 et 17 heures 45.
En dehors de cette plage, laisser un message.
De la conversion à la vie religieuse, quelques lettres à sa famille
Le 29 septembre 1889, Marie de Bondy connaît parfaitement la finalité de la démarche en cours de son cousin Charles de Foucauld, mais c’est seulement le 16 octobre que la soeur de Charles, Marie de Blic, aussi appelée Mimi, est informée d’une « perspective » de retraite, perspective confirmée par les lettres des 18, 24, 29 et 31 octobre ; et la tante Inès Moitessier, le 31 octobre. Après une ultime retraite en novembre chez les Pères jésuites de Clamart, c’est enfin la grande nouvelle, celle de l’entrée à la Trappe. Le 29 novembre, Charles écrit à son beau-frère :
« Je vais vous parler maintenant de votre autre frère, de moi ; je suis revenu hier de Clamart, et j’y ai pris enfin, en grande sécurité et en grande paix, d’après le conseil formel, entier et sans réserve du Père qui m’a dirigé, la résolution à laquelle je pense depuis si longtemps ; c’est celle d’entrer à la Trappe… c’est une chose arrêtée maintenant, j’y pensais depuis longtemps, j’ai été dans quatre monastères, avant ces deux dernières retraites, j’en avais fait deux autres, une à Pâques à Solesmes, une vers la Trinité à la Grande Trappe ; dans les quatre retraites on m’a dit que Dieu m’appelait et qu’il m’appelait à la Trappe. Mon âme m’attire vers le même lieu ; mon directeur est du même avis… C’est une chose décidée, et je vous l’annonce comme telle ; j’entrerai dans le monastère de Notre-Dame des Neiges où j’ai été il y a quelque temps… Quand ? ce n’est pas encore fixé, j’ai diverses choses à régler, j’ai surtout à aller vous dire adieu… Mais enfin cela ne sera jamais extrêmement long. En tous cas, j’irai passer quelques jours auprès de vous avant de partir.
« Ce que je vous dis, je l’ai dit aujourd’hui et hier soir à ma Tante [Ndlr : Inès Moitessier], à Catherine [de Flavigny, sa cousine], à Olivier de Bondy et à Marie de Bondy. Je ne le dirai absolument qu’à eux quatre, à vous [Raymond de Blic] et à Mimi ; en dehors de vous six, je ne le dirai à personne et même quand je partirai, j’annoncerai mon départ pour quelque voyage, sans dire en aucune façon que j’entre, ni que je pense le moins du monde entrer dans la vie religieuse.»
Puis, dans la lettre suivante, Charles dit à Raymond de Blic : « Vous me demandez, mon cher Raymond, comment ma tante a reçu ma communication et si elle m’a manifesté combien elle en prenait difficilement son parti… Oui, elle ne me l’a pas caché, elle ne m’a pas caché non plus la peine que ma détermination lui faisait… vous avez raison, je lui dois beaucoup. Je le sais mieux que personne, car elle m’a donné des preuves d’affection, de l’affection la plus tendre, innombrables. »
Ainsi se termine la retrospective que l'on peut faire des correspondances inter-familiales relatives à ce cheminement vers la Trappe. Le retour est-il suffisant pour bien faire sentir tout ce qu’il y a d’exceptionnel dans sa démarche de trois années de conversion ? Oui, sans doute, car il éclaire sans équivoque : d'abord l’importance qu’a eu pour lui l’accompagnement d’une famille unie, discrète et priante ; puis le rôle-clé assuré par l’abbé Huvelin, cet ami de la famille, qui a su comprendre et diriger avec fermeté le converti de 1886 jusqu’à son entrée dans la vie religieuse ; ensuite la place irremplaçable qu’a tenue Marie de Bondy, dans une exceptionnelle intimité spirituelle avec son cousin ; et enfin l’absolu de la conversion de Charles et de sa recherche pour une voie privilégiée vers le Seigneur.
Michel de Suremain
(Source : Bulletin trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld)
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Commentaires