Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :

1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;

2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.

N'hésitez pas !

LT

Recherche

Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

Archives

14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:14

L'oeuvre scientifique de charles de Foucauld (10)

 

 

     (Voir introduction de cette série au 8 décembre 2011)

 

     Comment expliquer l’allure de précurseur que l’on remarque dans la partie géographique de la « Reconnaissance au Maroc ». Par Mac Carthy ou par ses lectures personnelles en allemand – lorrain,  Foucauld avait appris l’allemand et avait obtenu de bonnes notes en cette matière à Saint-Cyr : 12 en 1ère année, 13 en 2ème année (R.P. Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, pages 32 et 33) – il a connu certainement les trois grands ouvrages fondamentaux de la géographie moderne : l’explication de la carte géologique de France par Dufrénoy et Élie de Beaumont en 1841, le « Cosmos » de l’Allemand Alexandre de Humbolt paru en 1845-1851, la « Géographie universelle comparée » du professeur allemand Karl Ritter, parue de 1817 à 1858. Son ami Émile Maupas connaissait la « Géographie des plantes » de Candolle, parue en 1855 en latin.

     Mac Carthy et Maupas l’ont initié aux théories de ces savants tendant à saisir les rapports de l’homme avec le sol et l’influence des conditions naturelles sur le développement des sociétés humaines.

*

*  *

     Au retour de ce long voyage, inconsciemment son esprit est troublé par les invocations du muezzin clamées cinq fois par jour du haut des minarets du Maroc, par les prosternations des musulmans et les psaumes des israélites – tous d’une foi religieuse intense – par les appels à Dieu mêlés à la conversation familière. À son corps défendant, il ressent tout cela si intensément qu’il pense, un moment, à se convertir à l’islamisme  (NdLT : Bazin, Charles de Foucauld, édition de 2003, page 105 : « De retour en Algérie, il avait même dit à quelques-uns de ses amis : « J’ai songé à me faire musulman ». Propos de sensibilité, que la raison n’avait pas ratifié. Au premier examen, il lui était apparu, comme il en a fait la confidence à l’un de ses intimes amis – Henry de Castries – que la religion de Mahomet ne pouvait être la véritable, « étant trop matérielle ». Mais l’inquiétude demeurait. Bénie soit-elle ! »). Ce périple à travers le Maroc, la solitude, la contemplation d’une nature dépouillée, sauvage, primitive, sont certainement à la base de sa conversion future.

     On trouve l‘écho de cette évolution psychique dans sa « Reconnaissance au Maroc », où il écrit, avec le style de Chateaubriand et de Fromentin, à propos de Tanzida : « … J’arrive ainsi jusqu’au ksar : il m’apparaît tout entier avec ses maisons de pisé blanc, étagées au pied de la paroi luisante de la montagne, dont les roches polies miroitent par cette belle nuit. La lune qui brille au milieu d’un ciel sans nuages, jette une clarté douce ; l’air est tiède, pas un souffle ne l’agite. En ce calme profond, au milieu de cette nature féerique, j’atteins mon premier gîte au Sahara. On comprend, dans le recueillement de nuits semblables, cette croyance des Arabes à une nuit mystérieuse, leïla el kedr, dans laquelle le ciel s’entr’ouvre, les anges descendent sur la terre, les eaux de la mer deviennent douces et tout ce qu’il y a d’inanité dans la nature s’incline pour adorer son Créateur » (Foucauld, Reconnaissance au Maroc, page 116).

 

     (à suivre)

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
commenter cet article

commentaires