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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 20:57

                                                            Mystique du désert et mystique au désert 


      Il est fréquent que le thème du désert soit associé au nom de Charles de Foucauld : expositions, livres, colloques, revues. Pendant ce temps, des voyages au Maroc ou en Algérie sur les pas de Charles de Foucauld sont programmés par des agences, et leur publicité est à peu près toujours identique : « au désert avec Charles de Foucauld », « sur les traces de Charles de Foucauld dans le djebel Saghro, désert semblable au Hoggar algérien »… S’y ajoute souvent la citation empruntée à une lettre de frère Charles au Père Jérôme : « Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu…».

     Ces insistances sont-elles justifiées ? Ce thème du désert est-il bien approprié quand il est trop accolé à l’histoire de Charles de Foucauld ? De quel désert d’ailleurs parle-t-on quand on se réfère à son itinéraire personnel ?
      Il faudrait des pages et des pages pour bien traiter le sujet, et de nombreuses citations, depuis celles du jeune Foucauld voyageant au Maroc jusqu’à celles du Foucauld décrivant le panorama de l’Assekrem, en passant par celles du Foucauld converti qui ne veut vivre que pour le Seul et celles du Foucauld fondateur qui veut rassembler des frères et des sœurs recueillis aux pieds de Jésus.
      Voici quelques éléments de réflexion empruntés autant que possible à la vision même qu’il avait du désert.
      
      Le Bienheureux Charles de Foucauld  a longuement vécu et beaucoup marché dans le désert, dans celui du Sahara précisément. Il en a découvert les beautés comme aussi les rigueurs. Il en a parlé au fond assez peu, l’esthétisme n’étant pas « sa tasse de thé ».
      Il préférait rencontrer les gens qui peuplaient ce désert et partager avec eux. C’est là qu’il prenait le thé peut-être !
      Plus que le goût et l’appel du désert, ce qui le détermine et qui est sa vocation profonde, c’est l’imitation de la vie de Jésus à Nazareth. Il y voit Jésus aimant le recueillement, le silence, « la retraite » pour un entretien permanent avec son Père, attendant pour passer à la vie d’ouvrier évangélique que les signes de la Volonté du Père lui soient donnés.

      Entre cette vie cachée de Nazareth et la vie publique de prédication, Charles de Foucauld appelle « désert » le temps des 40 jours où Jésus, pour se préparer à sa mission d’évangélisation par la parole, s’est retiré seul dans le jeûne et la prière dans un lieu désertique. C’est une des « vies », la troisième, menées par le « bien-aimé Frère et Seigneur Jésus ».
      Mais, dans son désir d’imitation, de même qu’il ne se sent ni attrait, ni capacités et qu’il n’entend aucun appel pour une mission de prédicateur, il ne se voit pas non plus appelé à passer son existence dans une imitation longue de la Sainte Quarantaine, « mon corps ne pouvant vivre sans manger », note-t-il dans sa retraite de diaconat.
      Il imitera donc Jésus dans sa vie à Nazareth, en criant l’Évangile par sa vie, comme l’a fait pendant trente ans « l’Ouvrier, fils de Marie ».
      
      (à suivre) 

(Source : un article de Pierre Sourisseau, archiviste de la Cause de Charles de Foucauld, dans le Bulletin Trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld, n° 149 - janvier 2003)

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Published by Laurent Touchagues - dans Questions
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