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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 23:37

  Voici ce qu’écrivait sur Nazareth et Charles de Foucauld le Cardinal-Archevêque de Munich, Joseph RATZINGER en 1976 dans « Le Dieu de Jésus-Christ », ouvrage dédié « Á mes compagnons, à l’occasion du 25ème anniversaire de notre ordination sacerdotale, 1951-1976 » :

 

L’Église ne peut ni croître ni prospérer si on lui laisse ignorer que ses racines se trouvent cachées dans l’atmosphère de Nazareth.

Au moment où le sentimentalisme autour de Nazareth était florissant, le vrai mystère de Nazareth a été découvert, de façon nouvelle, dans son contenu le plus profond, sans que les contemporains s’en aperçoivent.

Ce fut Charles de Foucauld, qui, à la recherche de la « dernière place », trouva Nazareth. Pendant son pèlerinage en Terre Sainte, c’est le lieu qui l’a le plus marqué : il ne se sentait pas appelé « à marcher à la suite de Jésus dans sa vie publique. C’est Nazareth qui le saisit au plus profond du cœur ». Il voulait suivre le Jésus silencieux, pauvre et travailleur. Il voulait accomplir à la lettre la parole de Jésus : « Lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place » (Lc 14, 10). Il savait que Jésus lui-même avait donné l’explication de cette parole en la vivant le premier ; il savait que, avant même de mourir sur la croix, nu et sans le moindre bien, Jésus avait choisi à Nazareth la dernière placeCharles de Foucauld a trouvé son Nazareth tout d’abord dans la trappe Notre-Dame-des-Neiges (1890), puis, seulement six mois plus tard, en Syrie dans une trappe encore plus pauvre, Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. C’est de là-bas qu’il écrit à sa sœur : « Nous faisons un travail de paysans, travail infiniment salutaire pour l’âme, pendant lequel on peut prier et méditer... On comprend si bien ce qu’est un morceau de pain quand on sait par expérience quelle peine on a à le fabriquer... »

Charles de Foucauld, en marchant sur les traces des « mystères de la vie de Jésus », a trouvé le travailleur Jésus. Il a rencontré le véritable « Jésus historique ». En 1892, au moment où Charles de Foucauld travaillait à Notre-Dame-du-Sacré-Coeur, parut en Europe le livre de Martin Kähler qui fit date, Der sogenannte historische Jesus und der geschichtliche, biblische Christus ( N.d.T.: Le Jésus dit de l’histoire et le Christ historico-biblique ) Ce fut un premier sommet dans le débat sur le Jésus de l’Histoire. Frère Charles, dans sa trappe de Syrie, n’en savait rien. Mais en entrant dans l’expérience de Nazareth, il en apprit davantage que ce que cette savante discussion peut mettre en lumière.

Là-bas, dans la méditation vivante sur Jésus, une nouvelle voie s’ouvrit par là même pour l’Église. Car travailler avec le travailleur Jésus et se plonger dans “ Nazareth ”, cela servit de point de départ à l’idée comme à la réalité du prêtre au travail. Ce fut pour l’Église une redécouverte de la pauvreté.Nazareth a un message permanent pour l’Église. La Nouvelle Alliance ne commence pas au Temple, ni sur la Montagne Sainte, mais dans la petite demeure de la Vierge, dans la maison du travailleur, dans un des lieux oubliés de la « Galilée des païens », dont personne n’attendait rien de bon. Ce n’est qu’à partir de là que l’Église pourra prendre un nouveau départ et guérir. Elle ne pourra jamais fournir la vraie réponse à la révolte de notre siècle contre la puissance de la richesse, si, en son sein même, Nazareth n’est pas une réalité vécue.

 

Joseph RATZINGER, Le Dieu de Jésus-Christ

(Traduit de l’allemand par Yves et Marie-Noëlle de Torcy)

Communio-Fayard, 1977 ; extraits : p. 77-80.

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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