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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 23:37

Suite du témoignage de Madeleine Delbrêl :

Le frère universel

Le père de Foucauld nous apparaît comme enraciné au carrefour de la charité. Il ne refuse aucune des démarches de l’amour. Il soude dans sa vie ces deux extrêmes de l’amour : le proche prochain et le monde entier.

 « Être un tendre frère » dit-il souvent ; et ce mot tendre revient sans cesse tout chargé d’humaine sollicitude ; être un « sauveur » dit-il aussi, et ce mot pèse de tout un poids de rédemption.

Il s’installe délibérément en vie de famille, véritablement vécue, avec tout être humain qu’il rencontre. Et cette vie de famille sera le signe nécessaire d’une autre vie de famille, sans cesse approfondie et de jour et de nuit avec tous les hommes de la terre.

Vivre cette double vie de famille, ce sera n’avoir pour clôture que des pierres posées sur le sable ; ce sera écouter beaucoup et ce sera parler un peu ; ce sera donner sa ration de nourriture ou une leçon de tricot ; emmener un chef touareg en France et s’enfoncer jusqu’à Tamanrasset ; faire collection de poésies locales et soigner ; vivre seul au milieu des musulmans et mourir tué par eux. Ce sera donner à chacun ce dont il a besoin parce que Jésus est essentiellement celui qui donne et que Charles de Jésus agit avec lui et comme lui. Ce sera ne pas avoir de programme comportant ce que l’on peut et ce que l’on ne peut pas faire ; ce sera être pour chacun ce que serait son « tendre frère ». Ce sera voir dans les pécheurs des « frères insensés » et leur garder la meilleure chaleur de notre cœur. Et tout en se livrant avec une générosité sans reprise à ces hommes qui l’entourent, ne pas se laisser annexer par eux. Savoir qu’à travers eux, la charité fuse et explose dans le monde, prépare la grâce.

« Seigneur, faites que tous les humains aillent au ciel » projette-t-il d’apprendre comme première prière aux catéchumènes qu’il n’aura jamais. Toutes les prières, toutes les pénitences de règle des Petits Frères du Sacré-Cœur sont prévues aux intentions du Souverain Pontife, c’est-à-dire à la taille même du monde.

Du père de Foucauld nous avons appris que, si pour se donner au monde entier il faut accepter de rompre toute amarre pour se laisser « mettre au large », il n’est pas nécessaire que ce large soit contenu entre les murs d’un monastère. Il peut tenir dans une clôture de pierres sèches posées à même le sable ; il peut tenir dans une caravane africaine ; il peut tenir dans une de nos maisons, dans un de nos ateliers, dans un escalier qu’on monte, dans un autobus qu’on prend ; le large, on le trouve en acceptant l’étroite, l’incessante clôture de l’amour du proche prochain. Donner à chacun de ceux que l’on approche le tout d’une charité parfaite, se laisser enchaîner par cette incessante et dévorante dépendance, vivre comme naturellement le Sermon sur la montagne, c’est la porte du large, porte étroite qui débouche sur l’universelle charité.

Il nous appris à être parfaitement contents d’être posés à un carrefour de vie, prêts à aimer qui passe et à travers lui tout ce qui, dans le monde, est souffrant, perdu ou enténébré.

 

Il nous a expliqué que dans sa magnifique gratuité réside la souveraine efficience et que consentir à ne rien voir de ce que l’on fait, mais à aimer quand même et toujours, c’est le meilleur chemin pour sauver à coup sûr quelqu’un, quelque part sur la terre.

(à suivre)

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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