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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 23:15

Quatrième partie du témoignage de Madeleine Delbrêl :

                                        Crier l’Évangile par la vie

« Demande-toi en toute chose : “Qu’aurait fait Notre-Seigneur ?” et fais-le. C’est ta seule règle, mais c’est ta règle absolue. »

Charles de Foucauld est vraiment, en plein XXème siècle, un contemporain réel de Jésus de Nazareth. Il le suit dans une imitation rustique et minutieuse. Il le contemple en s’installant délibérément au milieu des apôtres « entre la sainte Vierge et sainte Madeleine ». Il veut devenir un des familiers du Maître, il se mêle à leur vie, il écoute, de toutes ses oreilles, les enseignements du Seigneur, passant au crible toutes ses paroles pour obéir jusqu’au dernier point. C’est cette imitation jamais satisfaite qui le conduira jusqu’au sacerdoce.

À le regarder, lui, Charles de Foucauld, on apprend cette obéissance d’enfant au message évangélique, cette obéissance confiante qui ne demande pas d’explications, qui obéit, non à cause de ce qui est ordonné, mais à cause de celui qui ordonne.

L’Évangile est pour lui le tout de son apostolat visible. Il donne à ses frères une édition en images de cet Évangile, pensant que ces images de vie sont le meilleur acheminement de la grâce. A le voir incarner en lui chaque ligne de la « bonne nouvelle » nous avons compris que ce dont les hommes ont besoin c’est de lire et de regarder à la fois. Les Apôtres prêchaient et vivaient leur message, et tout leur message : la béatitude de la pauvreté comme le reste. N’est-ce pas de la dissociation de la prédication et de la vie, de la parole et de l’exemple que vient notre manque de contagion ?

De cette vie évangélique s’est dégagée pour nous aussi toute la force de la simplicité. Elle nous a montré comme possible un état d’esprit humain et chrétien où l’on se trouve, comme de plain-pied, avec tout être qu’on rencontre. Le père de Foucauld a ressuscité pour nous la figure fraternelle à tous de Jésus en Palestine, accueillant dans son cœur, au gré des routes, les ouvriers et les savants, les Juifs et les étrangers, les malades et les enfants, si simple qu’il était lisible à tous.

Il nous enseigne que, à côté d’apostolats nécessaires où l’apôtre doit se revêtir du milieu qu’il doit évangéliser et presque l’épouser, il y a un autre apostolat qui demande une simplification de tout l’être, un rejet de tout l’acquis antérieur, de tout notre moi social, une pauvreté un peu vertigineuse. Cette sorte de pauvreté évangélique ou apostolique rend totalement agile pour rejoindre sur n’importe quel terrain n’importe lequel de nos frères sans qu’aucun bagage inné ou acquis nous empêche de courir vers lui. A côté de l’apostolat spécialisé, il pose la question du tout à tous.

Lui qui, au cœur du désert, enfoui dans les populations musulmanes, fut l’ami de tout passant, soldat, savant, médecin, lui qui sut se mêler dans une proximité si profonde aux « tournées » d’un Laperrine, il nous hisse au-dessus des compartiments sociaux, au-dessus des groupes humains pour que, lisibles à tous, nous devenions comme un message universel.  

(à suivre)

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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commentaires

Albert Legrand 15/11/2006 15:03

Le témoignage de cette Madeleine Delbrêl est de toute beauté ! Je vous remercie de le publier dans votre blog. Mais qui est cette femme exactement ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur elle ? Merci d'avance et continuez ainsi svp !! AL