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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:14

L'oeuvre scientifique de charles de Foucauld (9)

 

 

     (Voir introduction de cette série au 8 décembre 2011)

 

     Dans le détail, tout cela conduit à des notations curieuses. Sa « Reconnaissance au Maroc » est une véritable encyclopédie géographique de ce pays à la fin du XIXème siècle. Il est difficile de l’ignorer pour le lecteur qui veut, par comparaison, juger l’œuvre réalisée depuis par la France.

Foucauld s’attache surtout à la description du relief, à l’extension précise des régions naturelles, à l’étude des sites urbains, des agglomérations et à la géographie politique.

     L’étude de l’Atlas marocain, auquel il consacre quelques pages de synthèse, est d’autant plus nouvelle pour l’époque qu’elle apporte des observations inédites sur le Moyen-Atlas, l’Anti-Atlas et les chaînes secondaires.

     La détermination des régions naturelles marocaines est un exemple du genre chez Foucauld. Fondée sur l’observation des contrastes locaux de relief, de végétation et d’habitat, elle commence souvent par l’étude du nom de la région et aboutit toujours à des limites précises.

     L’étude des centres urbains est particulièrement poussée. Illustrée souvent par un plan sommaire, elle passe en revue tour à tour : le site naturel, les fortifications, les maisons, les monuments, les jardins et vergers, le marché, le commerce local, l’organisation politique. Dans les agglomérations marocaines, il nous décrit les maisons en pisé ou en briques couvertes de chaume ou de tuiles de Chechaouen dans le Rif, les maisons moitié en pierre, moitié en briques, mais peintes de couleur brun rouge et couvertes en terrasses de Taza, les maisons de pisé ou de terre sèche du misérable hameau de Tlata, les demeures riches de Bou el Djab en pierres grossièrement cimentées avec portails, arcades et pourtours de fenêtres, le tout blanchi intérieurement et extérieurement, les « tirremt » ou greniers collectifs villageois du versant septentrional du Haut-Atlas, les « agadirs » ou greniers collectifs tribaux du versant occidental du Haut-Atlas et du Dra, les tentes des Zaïan et des Zemmour, les ksour des oasis sahariennes.

     Il fait également ce que nous appelons de la géographie botanique, il s’efforce de noter l’extension de telle formation végétale : les nouara hebila du Préfif, les oliviers et lentisques associés sur les premières pentes des montagnes telliennes, les jujubiers sauvages des plaines soumises au climat méditerranéenne, les gommiers du Dra, les arganiers du Sous, les graminées des steppes du Sud du Dra. Il note : l’état de la végétation en rapport avec la saison : le thym seule plante des parties incultes de la plaine au Sud de l’Atlas, en été ; la relation entre les plantes et la nature du sol comme le « taçouout » limité aux rochers des pentes septentrionales de l’Atlas et des falaises atlantiques.

     Il nous donne de précieux renseignements sur le commerce de la ville de Fès, lé décadence du commerce de Tazenakht en liaison avec la sécheresse qui y sévit depuis quatre ans, la ruine du commerce soudanais par caravanes à Tissint, par suite de la création de Tindouf en 1850.

     Déjà ethnographe, il décrit minutieusement la race et la langue, les costumes, les armes, l’alimentation, le mœurs et coutumes des Marocains avec des notations précieuses sur leur extension géographique. Les études psychologiques des musulmans t des juifs marocains sont particulièrement pénétrantes et modérées.

     Il ne néglige pas la géographie politique, si diverse alors dans ses formes au Maroc : tribus soumises du maghzen, tribus dissidentes de la rébellion, villes indépendantes, villes soumises à l’autorité mi-spirituelle mi-temporelle d’un marabout local, pays indépendant du Nord du Haut-Atlas, pays indépendant au Sud du Haut-Atlas, oasis de Chleuhs et d’Haratins tributaires des arabes Ida ou Blal.

     On trouve même, chez ce futur linguiste, d’intéressantes et brèves notes sur la toponymie ou science des noms de lieux, sur le pays Zemmour ou « Doukkala » du Gharb et le haut-Atlas occidental.

  

     (à suivre)

 

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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