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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 21:58

Le Père Albert PEYRIGUERE

 

      Né à Trebons (Hautes-Pyrénées) près de Lourdes le 28 septembre 1883, Albert Peyriguère est ordonné prêtre en 1906 et devient professeur de Petit Séminaire. Il fait des retraites dans les monastères trappistes et chartreux. Brancardier pendant la guerre de 1914-1918, sa conduite héroïque lui vaut une médaille militaire, et la croix de guerre mais aussi une très grave blessure à la mâchoire.

 

      A l'école de Charles de Foucauld

 

      Parti en Tunisie pour sa convalescence, il y est aumônier d’un pensionnat de garçons et curé d’Hammamet et Nabeul. Il découvre les musulmans et lit alors la biographie de Charles de Foucauld, écrite par René Bazin en 1921. Enthousiaste et illuminé par cet écrit, il décide de consacrer toute sa vie à l'idéal du Père de Foucauld, dont il sera un de tout premiers disciple. Il porte alors le burnous orné du Sacré-Cœur sur la poitrine comme le Père de Foucauld.

      « Ma pauvre vie a été faite de vivre ce message du P. de Foucauld, elle en a été illuminée, de jour en jour elle s’en illumine et s’en exalte davantage », dit le Père Peyriguère.

      Avec un autre prêtre, il essaie en 1926 de vivre à la manière de Charles de Foucauld près de Ghardaïa (en Algérie). Il cherche sa voie, en Tunisie, dans le Sud-Algérien puis au Maroc. Le Père de Foucauld célébrait en effet souvent la messe en songeant au Maroc, pays qu'il avait parcouru avec le Rabbin Mardochée Aby Serour avant sa conversion, pays qu'il aimait beaucoup et où il n'y avait pas de prêtre pour célébrer les saints mystères.

      Le Père Peyriguère est envoyé par son évêque soigner les malades du typhus à Taroudant. Le médecin et un frère franciscain meurent et lui tombe malade : il est transporté à Mogador. Au cours de sa convalescence, il découvre en accompagnant son évêque en tournée, un village du Moyen-Atlas, à 35 km de Khénifra, El Kbab, et s'installe dans une petite maison en pisé, avec chambre d'hôtes, chapelle qu'il construit et cellule ; là il accueille et soigne inlassablement les Berbères dans un dispensaire. Il soigne et habille tous les enfants, accueille les indigents et les miséreux.

      Il devient ethnologue (il avait appris le berbère à Marrakech) et spécialiste de la langue et de la culture berbères, recueillant comme Charles de Foucauld contes, récits, poésies, chansons.

 

      De riches amitiés spirituelles

 

      Le Père Peyriguère écrit beaucoup, une abondante correspondance, publiée en partie après sa mort sous le titre Laissez-vous saisir par le Christ (lettres à une religieuse). Il publie des articles comme Recherches sur la vraie pensée du Père de Foucauld, et dans le journal le Maroc Catholique sous le pseudonyme de Paul Hector. Il donne également des conférences tout en gardant une vie contemplative fondée sur l'adoration, souvent nocturne, du Saint Sacrement : « C’était ça la vie du Christ lui-même : Toute la journée avec les foules, la nuit avec son Père. Que c’est bon de ressembler au Christ. »

      Il nourrit notamment sa spiritualité d'Élisabeth de la Trinité, carmélite, et de saint Paul mais lit aussi pendant trente cinq ans les écrits du Père Joseph-Marie Lagrange, dominicain, fondateur de l'Ecole biblique de Jérusalem - en particulier son Commentaires des Évangiles. Il s'agit pour lui de faire « l'Expérience de la Présence ». Il mène dans son « trou de chacal » une vie ascétique dormant sur une planche et mangeant très pauvrement, travaillant beaucoup, sans souci des puces et des punaises avec lesquelles il doit cohabiter. Il reçoit la visite du futur Cardinal Journet, éminent théologien.

      Il écrit trois ans avant sa mort  : « Pour moi, il y a le primat du message du Père de Foucauld. Ce message de sa vie missionnaire, m'étant aperçu que c'était d'une richesse écrasante, j'ai voulu l'exprimer par fragments mais c'était surtout le prier et le vivre ... je veux seulement être homme du message. » Il lui parait important de ne se réclamer d'aucun groupe mais de rester seul. Il sent l'idéal du Père de Foucauld menacé. Il considère aussi la présence de la France au Maroc comme une faute grave, écrit des lettres, dénonce les exactions françaises, envoie des lettres aux intellectuels français et passe pour un agitateur auprès des autorités françaises du Maroc.

 

      Il meurt à l'hôpital de Casablanca le 26 avril 1959 et est enterré à El Kbab. Un de ses disciples, le Père Michel Lafon (toujours vivant et membre des Amitiés Charles de Foucauld) vient habiter l'ermitage dès 1959.

      Lors de ses obsèques un jeune berbère lit ce poème d'adieu : « Le marabout n’avait pas de femme et d’enfants : tous les pauvres étaient sa famille, tous les hommes étaient ses frères. Il a donné à manger à ceux qui avaient faim. Il a habillé ceux qui étaient sans vêtements. Il a soigné les malades. Il a défendu ceux qui étaient injustement traités. Il a accueilli ceux qui n’avaient pas de maison. Tous les pauvres étaient sa famille, tous les hommes étaient ses frères. Dieu, sois miséricordieux pour lui ! »

      Le 21 juillet 2010, les restes du Père Peyriguère ont été transférés d’El Kbab, où il avait été inhumé, à l'Abbaye Notre-Dame de l'Atlas.

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Published by Laurent Touchagues - dans Famille spirituelle
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