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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 22:20

Frère Charles-André Poissonnier, l'homme aux mains de lumière

 

Voici encore un homme de Dieu qui a consacré sa vie au Maroc, sous l'inspiration de saint François et de Charles de Foucauld.

 

     André Poissonnier naît en 1897 à Roubaix dans une famille chrétienne nombreuse. Il est le sixième de huit enfants dont un prêtre. En 1915, durant sa retraite de fin d'études, il entend parler du Père de Foucauld, qui inspirera toute sa vie chrétienne. À 22 ans, en 1919, il part rejoindre l'un de ses frères au Maroc, dans une exploitation agricole.  Il y apprend le berbère et l'arabe. Il n'y a ni prêtre, ni médecin, ni école à moins de cinquante ou cent kilomètres. Pour aller assister à la Messe de Noël à Rabat, il parcourt cinquante kilomètres à cheval et trente dans un wagon de marchandises à découvert

     En 1921, André Poissonnier revient en France à l’occasion de la mort de son père. Nouvelle retraite : sa vocation marocaine est nette. Et ce sera la vocation religieuse. Il lit dès sa parution la vie de Charles de Foucauld, par René Bazin, qui vient de paraître. C’est le coup de foudre : « Vous savez l’impression profonde que m’a laissé cette lecture, la méditation de la vie de Jésus dans son humilité, sa pauvreté, son dénuement. Je me disais que, s’il avait vécu et fondé un Ordre, c’est vers lui que je me serais tourné. » André rêve de sacerdoce.Charles-Andre-Poissonnier.jpg
      Il entre donc le 8 décembre 1923 chez les Franciscains, au noviciat d'Amiens puis au scolasticat de Mons (Belgique), prenant le nom de Frère Charles-André à sa prise d’habit franciscaine (le choix du prénom de Charles est accompli en référence à Charles de Foucauld). Ordonné prêtre le 5 août 1928, il embarque à Marseille un an plus tard, le 5 octobre 1929, pour le Maroc. Il est tout d’abord envoyé à Marrakech, pour rendre vie à la paroisse de la Médina. Mais le père Charles-André désire trouver un ministère en plein milieu berbère.

      Tazert attire son attention à cause de son souk. Les travaux d’installation y commencent le 2 juillet 1929, fête de la Visitation, mystère (très choyé de Charles de Foucauld) auquel le Père voulait consacrer sa fondation. En 1931, la chapelle est bénie et le dispensaire inauguré. Dès ce moment et jusqu’en février 1938, le père Charles-André va mener une vie d’ermite partagée entre la prière et le service de ses frères berbères, recevant les malades au dispensaire, se définissant lui même comme « l'ermite des pouilleux », mais sa bonté le fasant surnommer « l'homme aux mains de lumière ».

      Il suit envers les musulmans les intuitions de saint François, et cette attitude évangélique qui est également celle de Charles de Foucauld. Il se lie avec le Père Albert Peyriguère avec lequel il partage un même amour du Maroc et de la pauvreté, et une même tâche au dispensaire. Il écrit : « J'ai l'impression qu'en moi le Christ s'est fait Marocain et il aime à prier pour ses frères marocains ». Après Marrakech et Tazert, il va vivre aussi en haute montagne, à Abadou.

      Le Père Poissonnier distribue du pain à parfois 3 000 personnes en une journée, les soignant ensuite dans les collines avoisinantes, à leur domicile éloigné, enterrant les morts, victimes de la famine ou de l'épidémie de typhus, ne cherchant pas à éviter la proximité des indigènes. Et les journées se terminent comme elles ont commencé : devant Notre Seigneur qui, "de si près a contemplé toute la scène, inconnu de cette foule, de ces milliers de personnes qui l’on approché de si près sans le savoir ; lui, il n’a cessé de prier son Père en leur faveur et pour leur salut" (Lettre du 11 janvier 1938).

      Frère Charles-André meurt lui-même du typhus à Marrakech le 18 février 1938, à l’âge de 40 ans : « donner sa vie par amour pour Jésus considéré à travers des frères, c'est le plus désirable des sorts ».

      Pendant vingt-deux ans, il n’avait eu qu’un seul désir, une seule inspiration. Il la tenait de Charles de Foucauld.

      Son ami franciscain Abel Fauc fonde un peu plus tard, avec Mère Véronique, un petit monastère de moniales de la Résurrection, originaires d'Aubazine en Corrèze, qui s'installe dans l'ermitage de Tazzert et est dédié à la Visitation.

 

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Published by Laurent Touchagues - dans Famille spirituelle
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