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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 21:00

De la conversion à la vie religieuse, quelques lettres à sa famille

 

On n’insistera jamais assez sur l’influence capitale de son milieu familial sur Charles de Foucauld, en particulier l'influence de sa tante Inès Moitessier et celle de sa grande cousine Marie de Bondy. Une grande partie de la méditation du 8 novembre 1897 à Nazareth y est consacrée (1). Cette influence, pour Charles de Foucauld, est inséparable de la recherche angoissée de la vérité, et de la marche vers la vie religieuse.

 

À ce milieu familial, vint s’ajouter l’action de l’abbé Huvelin, ami de la famille, prêtre éminent, dont le renom de directeur de conscience dépassait largement le cadre de la paroisse Saint-Augustin. C’est à son sujet que Charles de Foucauld a pu écrire : « Vous m’aviez attiré à la vertu par la beauté d’une âme [celle de Marie de Bondy] en qui la vertu m’avait paru si belle qu’elle avait irrévocablement ravi mon cœur… Vous m’attirâtes à la vérité par la beauté de cette même âme : Vous me fîtes alors quatre grâces : la première fut de m’inspirer cette pensée : "puisque cette âme est si intelligente, la religion qu’elle croit si fermement ne saurait être une folie comme je le pense", la seconde fut de m’inspirer cette autre pensée : "puisque cette religion n’est pas une folie, peut-être la vérité qui n’est sur terre dans aucune autre ni dans aucun système philosophique est-elle là" ; la troisième fut de me dire : "étudions donc cette religion : prenons un professeur de religion catholique, un prêtre instruit, et voyons ce qu’il en est, et s’il faut croire ce qu’elle dit" ;  la quatrième fut la grâce incomparable de m’adresser pour avoir ces leçons de religion à Monsieur Huvelin… En me faisant entrer dans son confessionnal, un des derniers jours d’octobre, entre le 27 et le 30, je pense, vous m’avez donné tous les biens, mon Dieu… » (2).

 

De 1886 à 1890, la place tenue par l’abbé Huvelin se fit toujours plus précise, plus instante, plus irremplaçable. Elle verra son aboutissement dans l’entrée de Charles de Foucauld à la Trappe (3) et dans la définition de ce qui sera l’essence même de sa spiritualité, telle qu’il l’exprimera lui-même : « Ce tendre et croissant amour pour vous, mon Seigneur Jésus, ce goût de la prière, cette foi en votre Parole, ce sentiment profond du devoir de l’aumône, ce désir de vous imiter, cette parole de Monsieur Huvelin dans un sermon "Que vous aviez tellement pris la dernière place que jamais personne n’avait pu vous la ravir" si inviolablement gravée dans mon âme, cette soif de vous faire le plus grand sacrifice qu’il me fut possible de vous faire en quittant pour toujours une famille qui faisait tout mon bonheur et en allant bien loin d’elle vivre et mourir… » (4).   

(à suivre)   

Michel de Suremain



 

(1) Cette méditation se trouve aux pages 92 à 117 de « La dernière place », nouvelle cité, 1974 ; aux pages 74 à 84 des « Écrits spirituels de Charles de Foucauld, ermite au Sahara, apôtre des Touaregs » présentés par René Bazin, J. de Gigord, 1923 ; et aux pages 16 à 25  de « Charles de Foucauld, Lettres et Carnets », présenté par Jean-François Six et dont la dernière édition, au Seuil, date de février 1995.

(2) Méditation du 8 novembre 1897, « La dernière place », p. 105-106.

(3) Le 16 janvier 1890, Charles de Foucauld se présentait à l'Abbaye cistersienne de Notre-Dame des Neiges, située sur la commune de Saint-Laurent-les-Bains (Ardèche). Le 26 janvier, il y recevait l'habit des novices de choeur et le nom de Frère Marie-Albéric.

(4) Ibid., p. 107.

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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