Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :

1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;

2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.

N'hésitez pas !

LT

Recherche

Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

Archives

25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:11

De la conversion à la vie religieuse, quelques lettres à sa famille

 

Il serait vain, et certainement bien présomptueux, de vouloir aller trop loin dans l’analyse des années de recherche effectuées par Charles de Foucauld, et d’essayer d’en jauger les différentes manifestations. Ne se déroulent-elles pas au plus intime de l’être ? On doit se contenter d’en énumérer les grandes étapes et d’insister une fois encore sur trois données fondamentales : l’influence essentielle de la ré-insertion de Charles de Foucauld dans un milieu familial chaleureux et discret, un foyer équilibré, et profondément très religieux ; l’admiration qu’il porte à sa « grande sœur » Marie de Bondy, mère de famille de quatre enfants, vertueuse et compréhensive ; le rôle capital de l’abbé Huvelin.

Quelles sont donc ces étapes ?

 

Charles vit à Paris depuis février 1886, une vie studieuse et rangée ; il se rend fréquemment rue d’Anjou, où il est reçu comme un fils de la maison. En septembre, il fait une période de réserve dans son ancien régiment, le 4è chasseurs d’Afrique, qui est en garnison à Tunis. Il en revient fin septembre, et c’est à son retour que le mystérieux cheminement de la grâce fait son œuvre pour trouver son épilogue en l'église Saint-Augustin da Paris, dans la rencontre bien connue entre Charles de Foucauld etl’abbé Huvelin. La conversion est totale. Elle se confirmera tout au long de l’année 1887, véritable année de « maturation » dans laquelle les proches de Charles ne sont que des témoins étonnés. La vie de ce dernier est toute « lisse », entre le petit univers de la rue de Miromesnil, de la rue d’Anjou et de Saint-Augustin, et ses activités familiales, ses séjours chez les Blic, son amitié avec Duveyrier. Il ébauche encore des projets de voyage, qui tournent court ; il se préoccupe de la levée de son conseil judiciaire, des problèmes liés à la rédaction et à la parution de son livre sur le Maroc. Mais il est surtout en pleine démarche spirituelle, il l’exprimera un jour dans une lettre à son ami Henry de Castries :

« Dans les commencements, la foi eut bien des obstacles à vaincre ; moi qui avais tant douté, je ne crus pas tout en un jour ; tantôt les miracles de l’Évangile me paraissaient incroyables ; tantôt je voulais entremêler des passages du Coran dans mes prières. Mais la grâce divine et les conseils de mon confesseur dissipèrent ces nuages » (1).

C’est à la Toussaint de 1888 que, dans une lettre à son beau-frère Raymond de Blic, on trouve évocation d’un prochain voyage en terre Sainte, pour six semaines ; et en novembre ce projet a suffisamment pris corps pour qu’il écrive : « Je suis bien près de mon départ pour Jaffa ».

Le lundi 17 décembre 1888 il annonce à sa sœur Mimi (Mme Marie de Blic) son arrivée le samedi matin précédent à Jérusalem (2), et c’est le 7 janvier 1889 qu’il exprime pour la première fois sa joie de ce voyage : « C’est une grande grâce que je reçois, mon cher Raymond, de visiter les Lieux Saints ; longtemps j’avais éprouvé peu de désir de les voir, et je crois que vous partagiez mon sentiment. Que cela change une fois qu’on est ici ; on ne peut plus se détacher des lieux qu’on avait le moins souhaité voir ! Si jamais vous pouvez faire ce pèlerinage, faites-le ».  

(à suivre)  

Michel de Suremain

 

(1) Lettre du 14 août 1901, in "Lettres à Henry de Castries", Grasset, Paris, 1938, page 97.

(2) "Lettres à sa soeur Marie de Blic", Le Livre Ouvert, Mesnil-Saint-Loup, 2005, page 32.

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
commenter cet article

commentaires