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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:38

                                                              La perte de la foi

 

Le 11 avril 1874, la cousine de Charles de Foucauld, Marie Moitessier, se marie et devient Vicomtesse Olivier de Bondy. Qui peut mesurer exactement, sans la réduire ni l’exagérer, la portée de cet événement dans l’âme de Charles ? Faut-il dire comme un auteur que « Marie s’éloigne et Charles se détourne de tout ce qu’elle lui faisait aimer » (Michel Carrouges, « Charles de Foucauld explorateur mystique », Le Cerf 1954, page 18) ?

Le 12 août 1874, il passe avec dispense d’âge, car il n’a pas encore l’âge requis normalement, son premier baccalauréat, devant la Faculté des Lettres de Nancy. Le jury lui décerne la mention « assez bien ». Il décide alors de se préparer à la vie militaire et opte pour l’École de Saint-Cyr.

Pour cela, il entre en octobre 1874 à l’École Sainte-Geneviève, fondée par les Pères Jésuites à Paris, rue des Postes (devenue rue Lhomond en 1859), qui prépare aux Grandes Écoles. Charles de Foucauld vient d’avoir 16 ans et il a déjà perdu la foi, à Nancy. Donc avant d’entrer à « Ginette », surnom de l’école Sainte-Geneviève.

C’est à propos de sa seconde année à Sainte-Geneviève (octobre 1875-mars 1876), qu’il écrit : « Jamais je crois n’avoir été dans un si lamentable état d’esprit. J’ai, d’une certaine manière, fait plus de mal en d’autres temps, mais quelque bien avait poussé alors à côté du mal ; à dix-sept ans, j’étais tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal, j’étais comme affolé… » (Lettre du 17 avril 1892 à Marie de Bondy, citée par Bazin, page 23).

 

Nous soulignons de temps en temps, aux Amitiés Charles de Foucauld, que l’on insiste parfois beaucoup trop sur les fautes morales de Charles de Foucauld. Dans le passé, certains auteurs ont cru qu’elles étaient la cause de la perte de sa foi. C’est pourquoi il est bon de rétablir la véritable évolution qui se produit dans le jeune Charles de Foucauld.

Il connaît d’abord une période de doutes, qui deviennent de plus en plus nombreux. Puis il subit une crise morale, violente, mais qui n’atteint pas encore le jugement de l’adolescent au point de nuire à la distinction entre le bien et le mal. Enfin, les doutes envahissent son âme au point d’amener la perte de la foi : « De foi, il n’en restait pas trace dans mon âme » (Lettre du 24 février 1893 à Marie de Bondy, citée par Bazin, page 24). C’est alors seulement qu’il manifeste un complet laisser-aller moral : « Je vivais comme on peut vivre quand la dernière étincelle de foi est éteinte » (« Lettre à Henry de Castries », 14 août 1901, page 95).

Á ce stade, atteint à la fin de 1875, Charles de Foucauld a écarté toute croyance et toute règle. L’adolescent de 17 ans est même tellement enfoncé dans cet « égoïsme », que son attitude lui paraît normale : « Lorsque je vivais le plus mal, j’étais persuadé que cela était absolument dans l’ordre et que ma vie était parfaite » (Lettre du 11 décembre 1895 à Marie de Bondy, citée par J.-F. Six, page 25).

 

Laurent Touchagues

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Published by Laurent Touchagues - dans La précision
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