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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:28

La perte de la foi

 

On lit parfois cette affirmation que Charles de Foucauld a perdu la foi alors qu’il préparait Saint-Cyr à Paris et principalement à cause d’une crise morale. Or cela ne correspond pas à ce qui ressort des écrits du Bienheureux lui-même. Qu’en est-il exactement ?

 

Le 28 avril 1872, Charles de Foucauld fait sa première communion et est confirmé, en la cathédrale de Nancy. Il déclarera toujours, au cours de sa vie, que sa première communion avait été bonne, « après une longue et bonne préparation », et où il fut « entouré des prières et des encouragements de toute une famille chrétienne » sous les yeux des êtres qu’il chérissait le plus au monde (« La dernière place », nouvelle cité, 1974, page 100).

Marie Moitessier, sa cousine germaine de huit ans son aînée, est venue spécialement de Paris pour assister à cette cérémonie. Á cette occasion, elle lui offre, comme cadeau, les « Élévations sur les Mystères », de Bossuet. « Demain, lui écrira-t-il de Nazareth le 27 avril 1897, vingt-cinq ans que vous êtes venue à Nancy avec tant de bonté. Vos maternelles bontés ne datent pas d’aujourd’hui : merci pour le passé, le présent, l’avenir : votre souvenir de ce jour est le premier livre chrétien que j’ai lu avant ma conversion, celui qui m’a fait entrevoir que peut-être la religion chrétienne était vraie » (cité par Jean-François Six, « Itinéraire spirituel de Charles de Foucauld », Le Seuil 1958, page 19).

 

Á la fin de 1872, Charles de Foucauld, entre en seconde, au Lycée National de Nancy, et peut lire les ouvrages de son choix, avec imprudence, sans aucun conseil ni contrôle (voir Charles de Foucauld, « Lettres à un ami de lycée », nouvelle cité 1982, page 35). Érudit précoce, le garçon de quatorze ans se jette avec avidité sur toutes sortes de livres. Il en acquiert une remarquable culture générale, mais sa foi en est vite ébranlée : « Si je travaillais un peu à Nancy, c’est qu’on me laissait mêler à mes études une foule de lectures qui m’ont donné le goût de l’étude, mais m’ont fait le mal que vous savez » (Lettre à Marie de Bondy, citée par René Bazin, « Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara », nouvelle cité 2003, page 22).

Ces lectures se poursuivent l’année suivante (1873-1874), en « rhétorique » comme on disait à l’époque. Elles le mettent face à tant d’affirmations qui, se contredisant mutuellement, génèrent les plus graves objections philosophiques et religieuses et l’amènent à douter de tout. Ses maîtres ne sont pas mauvais mais semblent n’avoir aucune religion (« Lettres à un ami de lycée », page 32) et ne le guident aucunement : Charles en conclut qu’aucune opinion n’a plus de valeur qu’une autre et qu’on peut se passer de religion. « Je  n’ai eu aucun maître mauvais, – tous au contraire, étaient très respectueux ; – même ceux-là font du mal, en ce qu’ils sont neutres, et que la jeunesse a besoin d’être instruite non par des neutres, mais par des âmes croyantes et saintes, et en outre par des hommes savants dans les choses religieuses, sachant rendre raison de leurs croyances et inspirant aux jeunes gens une ferme confiance dans la vérité de leur foi » (Lettre du 5 mars 1901 à son beau-frère Raymond de Blic, citée par Bazin, pages 22-23). Hélas, Charles de Foucauld lycéen ne bénéficie pas de tels maîtres.

(à suivre)

                                                                                                                                                     LT

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Published by Laurent Touchagues - dans La précision
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