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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 23:32

                                                        La perte de la foi

 

Les textes dont nous disposons permettent d’affirmer que, pour Charles de Foucauld, la rupture avec la foi est un processus progressif. Il est « tourmenté » par de nombreuses « objections » (Lettre citée par Bazin, page 22) et se pose « fiévreusement » toutes sortes de questions. Ce n’est pas rapidement ni d’un seul coup qu’il rejette la foi, et il ne sera jamais athée ; ce qui va dominer en lui, en quelques mois, c’est le doute : « Les philosophes sont tous en désaccord : je demeurai douze ans sans rien nier et sans rien croire, désespérant de la vérité et ne croyant même pas en Dieu, aucune preuve ne me paraissant assez évidente » (« Lettres à Henry de Castries », 14 août 1901, page 95).

Sans doute, et par miséricorde divine, durant ces douze à treize années d’incrédulité, garde-t-il « le respect de la religion catholique et des religieux » (« La dernière place », page 101) ; sans doute, et il y voit une grâce de Dieu, demeure-t-il – du moins au début – lucide, même au milieu de ses désordres : « Je faisais le mal, mais je ne l’approuvais ni ne l’aimais » (ibid.) ; mais il y est habité, avant tout, par le doute extrême sur la capacité de sa raison à atteindre la vérité.

L’expression foucauldienne « désespérer de la vérité » indique précisément une attitude d’incapacité angoissante. Charles de Foucauld se dit incapable de trouver et d’atteindre la vérité, mais au fond, il désire la trouver et en analyse les preuves. Et il s’installe bien, un jour, dans le constat de l’incapacité de sa raison à conclure que Dieu existe. Il participe en cela de l’état d’esprit de nombre de ses contemporains.

 

Á quelle date exactement perd-il la foi ? « Pendant douze ans, j’ai vécu sans aucune foi », confie-t-il le 14 août 1901 à son ami Henry de Castries (« Lettre à Henry de Castries », Grasset 1938, page 94). Et à sa cousine : « Souvenez-vous que pendant treize ans, je n’ai même pas eu la foi en Dieu » (cité par J.-F. Six, page 21). La conversion ayant eu lieu en octobre 1886, la perte de la foi date donc de 1873 ou 1874. Nous savons que cette dernière a lieu durant l’année de rhétorique, où il entre en octobre 1873, car dans une méditation de retraite faite à Nazareth en 1897, découpant sa vie en quatre périodes, il délimite ainsi la première : « enfance, jusqu’à l’âge de 15 ans, où je perdis la foi » (« La dernière place », page 92). Cela permet de dire que le commencement des doutes profonds date de la fin de l’année 1873 (entrée en rhétorique) et conduit à la perte de la foi dans la première partie de 1874.

(à suivre)

L.T.

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Published by Laurent Touchagues - dans La précision
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