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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 21:01

L’église du baptême de Charles de Foucauld

 

On pense parfois que l’église du baptême de Charles de Foucauld, du nom de Saint-Pierre-le-Jeune, est l’église catholique strasbourgeoise qui porte actuellement ce nom. Mais ce n’est pas la réalité. Cette confusion a une explication toute simple mais qu’il faut connaître.

En 1858, la paroisse strasbourgeoise dont dépendaient les parents du jeune Charles avait comme église un édifice dédié à saint Pierre, édifice appelé « le Jeune » car Strasbourg avait déjà une autre église Saint-Pierre : « Saint-Pierre-le-Vieux », qui existe encore, à l’entrée de la vieille ville quand on arrive de la gare. D’après les guides historiques, l’église Saint-Pierre-le-Jeune, catholique à l’origine, passa au culte protestant dès les premières années de la Réforme. Sous Louis XIV, son chœur fut 3-place-Broglie-ou-se-trouvait-la-maison-natale.-Photo-LT.jpgrendu au culte catholique alors que sa nef demeurait vouée au culte protestant. À partir de 1895, l’église fut entièrement protestante.

Mais en 1858, la convention du « simultaneum », selon laquelle les cultes catholique et protestant pouvaient être célébrés dans un même édifice, se trouvait encore en vigueur à Strasbourg. Et c’est ainsi que, le 4 novembre 1858, en la fête de saint Charles, l’enfant, né le 15 septembre précédent et ondoyé le 17 septembre à domicile, 3 place Broglie (photo ci à gauche : la maison natale de Charles de Foucauld, devenue Banque de France ; photo ©L.Touchagues),  fut porté dans la partie catholique de l’église, devant les fonts baptismaux Fonts baptismaux St-Pierre-le-Jeune. Photo LT(photo ci-dessous : les fonts baptismaux du baptème de Charles de Foucauld ; photo © L.T.), et fut accueilli par le chanoine Œhl, curé de la paroisse, qui procéda aux cérémonies complémentaires du baptême prévues par le Rituel.

Les évènements de l’histoire tourmentée de la ville modifièrent les choses. Il fut décidé que cette église Saint-Pierre-le-Jeune, lieu du baptême de Charles de Foucauld, serait dorénavant l’église protestante de ce quartier du centre et que la paroisse catholique aurait une nouvelle église, gardant le même nom, construite dans un quartier assez proche mais plus à l’ouest, au-delà du canal, à côté du Palais de Justice. Il y a donc aujourd’hui à Strasbourg deux églises Saint-Pierre-le-Jeune, la plus récente étant l’église catholique, dont le parvis se trouve rue du Général de Castelnau.

Pour vénérer la mémoire de Charles de Foucauld, les Strasbourgeois ont choisi le site où est implantée maintenant cette église catholique Saint-Pierre-le-Jeune (photo ci-dessous : l'église catholique Saint-Pierre-le-Jeune, de nuit, avec devant elle la stèle éclairée portant la statue de Charles de Foucauld ; photo © L.T.).Strasbourg-12-14.10.2011-113.jpg Le 25 novembre 2006, une statue était inaugurée sur le parvis de Saint-Pierre-le-Jeune, et le 29 novembre 2008, pour marquer le 150ème anniversaire de la naissance de Charles de Foucauld, ce parvis recevait comme nom « Place Charles de Foucauld ». La place devant l’église protestante s’appelle, elle, « Place Saint-Pierre-le-Jeune ».

La confusion vient donc du fait que le lieu du baptême, pourtant bien établi, s’est comme déplacé, en toute clarté historique et canonique, l’acte du baptême étant conservé dans les archives paroissiales de l’église catholique Saint-Pierre-le-Jeune.

 

Laurent  Touchagues

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Published by Laurent Touchagues - dans La précision
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commentaires

FOURNIER 19/03/2012 10:24


Récemment inscrite comme correspondante de votre site voici ce que m'inspire la rubrique de M. de Suremain : je l'envoie à P. Sourisseau pour une insertion intégrale ou non dans le Bulletin des
Amitiés.


Merci à Monsieur de Suremain qui relève patiemment des erreurs et
imprécisions historiques répétitives sur la personne, l’itinéraire et les écrits de Charles de Foucauld, dans le Bulletin des Amitiés.


En voici quelques autres.


En 1938, Jacques de Dampierre, fils adoptif d’Henry de Castries, confiait aux
éditions Grasset l’édition des Lettres reçues de Foucauld par son père, publiées par cet éditeur, disait-il, « jusqu’aux particularités d’orthographe et de ponctuation ». Ce n’est pas
exact. Les auteurs d’une nouvelle édition (Six et Cuisinier) parue à l’automne 2011 ont reproduit les erreurs de Grasset. De plus en choisissant de mettre les textes de Grasset entièrement en
italique ils ont gommé les mots et locutions soulignés par Foucauld. Dans la sixième lettre, par exemple, Foucauld souligne : « quelques doutes que vous puissiez avoir » et plus loin « avec ou sans parole ».


S’ils s’étaient reportés aux originaux de Foucauld ils y auraient vu de
nombreuses autres différences significatives. En voici quelques exemples :


quatrième lettre. Foucauld a
remplacé Jésus par
Iesus. Il écrit “Isaac, (virgule)
Bérard & leurs compagnons». Isaac n’est pas le prénom de Bérard. Foucauld écrit : « Chikh ech-Chârâni » et non Chikh ech-Chârâui.  


 


Sans m’étendre ici sur les erreurs de ponctuation, en voici une :


Huitième lettre. “ Ce dessin
informe suffira à votre expérience pour voir la position. (point)”. Puis, nouvelle phrase : “ De la redoute, habitée par le bureau arabe, la garnison (trois compagnies) & les
services divers, (virgule) on a une vue admirable sur la vallée, […]” (ce qui est très différent du texte imprimé : « Ce dessin informe suffira à votre expérience pour voir LA POSITION
DE LA REDOUTE, habitée par le bureau arabe, la garnison (trois compagnies) ET les services DIVERS ; ON A une vue admirable sur la vallée, […] ». (C’est moi qui souligne en caractères
majuscules les differences).


 


Enfin, dans les fragments de lettres reçues par Henry de Castries à la
sortie de son ouvrage sur l’Islam, et “empruntés” sans extension par les nouveaux auteurs à mon livre (Charles de Foucauld Amitiés croisées, éd.
Cheminements, 2007) sans s’être reportés non plus aux originaux, je ne relèverai que celui-ci à propos de la lettre de Denys Cochin, antiesclavagiste, que Castries a proposé de solliciter pour
une intervention à la Chambre.


Dans le nouvel ouvrage (Six, Cuisinier) on lit : « […] je n’oublie pas l’architecture mudéjare 12 des Maures d’Espagne […] ».


Lorsque j’ai publié Charles de Foucauld Amitiés croisées je
n’avais en main que des extraits des lettres recopiés par moi, à la main et au crayon de bois réglementaire, d’après les manuscrits, parfois en abrégé. Dans le cas de Denys Cochin, n’ayant pas
réussi à relire un mot de mes propres notes, dans la citation que j’ai publiée dans Charles de Foucauld Amitiés croisées (p. 86) j’ai
écrit : «je n’oublie pas l’architecture et (mot illisible) des Maures d’Espagne […] ».  Les nouveaux « auteurs » ont supprimé le
fragment : « et (mot illisible) », et ils l’ont remplacé par « mudéjare ».


Voici une photographie de la lettre de Denys Cochin sur laquelle on lit très distinctement : « je
n’oublie pas l’architecture et l’industrie des Maures d’Espagne […] ». (la photo manque ici)