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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 23:26

Souvenirs de Marie de Bondy à la fin de sa vie,

à propos de son cousin, dans des lettres écrites à Soeur Marie-Charles

 

Il est intéressant de voir affirmer à la fin de sa vie comment Marie de Bondy considérait les liens qu’elle avait avec son cousin. Elle avait aussi très fort le sentiment qu’il projetait sur elle une sainteté, une perfection qu’elle n’estimait pas avoir.

 

1930 : « Vous me trouverez peut-être bien indiscrète mais le père était pour moi comme un jeune frère et me tenait au courant de ses espérances, de ses désirs, tout ce qui touche à son souvenir me touche profondément ; veuillez donc excuser mon indiscrétion, Madame et ne me refusez pas le service d’une petite prière. »

 

1930 : « C’est bien le jour où il est parti pour la Trappe, que mon cher cousin a fait son sacrifice, mais que d’années sont passées avant qu’il ait trouvé sa vraie voie » 

 

1930 : « Votre lettre me prouve que vous vous faites de telles illusions sur moi que je suis obligée de vous ramener à la vérité. On peut être la cousine d’un cousin dont on admire la sainteté mais hélas ! sans l’imiter ; je suis très âgée, très infirme, je m’efforce de me résigner, c’est extrêmement loin de l’héroïsme ; si vos épreuves diminuent c’est que le cher Père a certainement pour vous qui voulez faire son œuvre une prédilection toute particulière ; il tenait tant à cette œuvre ! que Dieu ne lui a pas permis de réaliser de son vivant. Vous me demandez comment il est parti : très peu de personne savaient que c’était un départ définitif, il laissait croire qu’il allait faire un voyage. A son arrivée à la Trappe, il m’a écrit qu’il n’avait cessé de pleurer depuis son départ de Paris ! Cela prouve bien que malgré son infini courage, la douleur se laisse voir et je ne puis douter qu’au dernier moment de votre sacrifice, il ne soit pas près de vous, vous encourageant, vous soutenant. …Ce n’est pas moi qui m’appelle Magdeleine, mais ma fille, (je m’appelle Marie). Charles avait une profonde affection pour mes enfants. »

 

1930 : « Mon cher cousin (il était pour moi un jeune frère) est, n’est-ce pas, un lien entre nous. »

 

1930 : « Mais votre bonheur complet sera lorsque vous suivrez la règle de mon cher cousin, je devrais plutôt dire de mon jeune frère, car c’est ainsi que je le considérais. »

 

1931 : « Priez pour moi, ma chère Sœur ; vous le voyez je ne suis pas courageuse et vaillante comme mon cher cousin le supposait ; on se fait tant d’illusions sur ceux qu’on aime depuis l’enfance ! »

 

1931 : « Merci de m’avoir envoyé l’image du Père ; puisque vous me demandez mon avis sincère, je vous dirai qu’elle ne me le rappelle pas beaucoup ; il n’y a malheureusement rien de bien satisfaisant de lui.

Je vous envoie une petite photo avec mon petit filleul[1] (qui est mort très jeune[2]), qui du moins donne bien la physionomie de Charles.

 

1933 : J’ai bien reçu votre lettre hier et j’aurais voulu y répondre tout de suite ; hélas ces dernières secousses ont encore atteint mes yeux et je n’arrive pas à la lire. Peut-être pourrai-je un peu plus tard mais il est un point qu’il faut établir parce que c’est la vérité. Je ne suis nullement une sainte ; le bon Dieu avait sans doute son dessein quand il a aveuglé votre cher père sur ces points. En ce moment, j’espère n’être pas révoltée mais je ne suis pas résignée non plus ; je ne réalise pas encore l’étendue de mon malheur ; je suis anéantie. Je suis mal assurée[3] ; il y a donc là aussi bien des difficultés à prévoir et je suis d’une lassitude indicible. Notre cher Charles parlait toujours de ce qu’il devait se convertir, il faut maintenant qu’il me convertisse et vous l’y aiderez, n’est-ce pas ?

M.B

 

« Merci pour les images. Tous les souvenirs que j’avais de Charles sont à peu près sauvés sauf, hélas, le petit cahier qu’il portait toujours sur lui et qu’il m’avait légué. Gardez le calice, il est à sa place chez vous mais si vous le pouvez demandez qu’il serve à une Messe dite pour moi. »

 

1934 : « Priez beaucoup pour moi ; demandez qu’on prie pour moi pour que je n’arrive pas les mains vides devant le bon Dieu. Charles vous a donné une idée absolument fausse de moi ; il me voyait avec son affection et si humble pour lui-même sans s’en douter ; il me croyait les vertus que lui il pratiquait ; je suis absolument sincère en vous le disant, comme je le suis aussi en vous redisant ma profonde affection. »



[1] il s’agit d’Abd Jesu

[2] Abd Jesus est mort en Tunisie (à Thibar en 1910) : donc, Marie le savait !

[3] Allusion aux conséquences de l'incendie du château de la Barre.

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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