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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 21:12

L'oeuvre scientifique de charles de Foucauld (14)

 

 

     (Voir introduction de cette série au 8 décembre 2011)

 

     Foucauld décrit avec amour ce balcon d'où il domine tout l'Atakor n Ahaggar, la Koudia des Arabes. « Je suis absolument seul au haut d'un mont... nœud orographique du pays... le regard embrasse le massif de l'Ahaggar (Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, page 273). La vue est plus belle qu'on ne peut le dire ni l'imaginer. Rien ne peut donner une idée de la forêt de pics et d'aiguilles rocheuses qu'on a à ses pieds : c'est une merveille. On ne peut le voir sans penser à Dieu ; j'ai peine à détacher mes yeux de cette vue admirable, dont la beauté et l'impression d'infini rapprochent tant du Créateur ; en même temps sa solitude et son aspect sauvage montrent combien on est seul avec Lui et combien on n'est qu'une goutte d'eau dans la mer » (ibid., page 274).
     Cette description imagée rappelle celles de la « Reconnaissance au Maroc », mais cette fois il ne s'agit plus de géographie, mais de mysticisme.
     Qu'il soit installé à Beni-Abbès, Tamanrasset ou à l'Asekrem, il quitte périodiquement ces lieux pour partir en tournées selon l'occasion : le passage de ses anciens camarades Laperrine et Motylinski, d'une mission militaire ou scientifique.
     On compte qu'il a passé près de quatre ans en voyages et qu'il a parcouru alors plus de 12.000 kilomètres, en partie à pied. En transposant une parole de Bugeaud, on peut dire que l'ermite du Hoggar « s'est fait nomade pour atteindre les nomades », à travers le Touat, l'Ahnet, l'Ahaggar, le Gourara, le Tanezrouft et jusqu'au Tassili nord de l'Adrar. Les trois plus longues randonnées ont duré chacune un an environ, deux en 1904 et 1905, de compagnie avec Laperrine pour « apprivoiser les Touareg », la troisième avec Motylinski en 1906.
     Ses autres déplacements et ses séjours ont pour objet « de causer, de donner des médicaments, des aumônes, l'hospitalité du campement, se montrer le frère du touareg, leur répéter que nous sommes frères en Dieu » (Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, page 195). Il y a loin des étapes de l'explorateur du Maroc, uniquement préoccupé d'observer la nature et les hommes qui l'entourent pour accroître le domaine de nos connaissances géographiques.
     S'il accepte ces voyages lointains dans le Sahara, c'est pour voir beaucoup d'indigènes, les secourir, « faire tomber leur défiance, disparaître leurs préjugés contre nous, nous faire connaître, estimer, aimer d'eux, leur prouver que nous les aimons, établir la fraternité entre eux et nous... » (Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, page 195).
     Il ne s'agit plus, dans son esprit, d'étudier le pays. Dès juin 1904, il écrit : « De géographie, d’exploration, je ne fais pas l’ombre… » (ibid.). Cependant il rédige, dans son diaire – son journal – une longue note, résumé de l’expérience de ces cinq premiers mois du voyage de 1904, sous le titre : « Observations sur les voyages des missionnaires dans le Sahara » (ibid., page 193 + NdLT, voir Carnets de Beni-Abbès, pages 114 à 138). Il nous a laissé peu de choses sur le relief, mais une carte manuscrite de l’Ahaggar avec limites de 21 régions et d’intéressantes notes de topographie locale.

 

     En outre, on lui doit les premières observations météorologiques relevées à Tamanrasset pour le compte de l’Institut d’Alger. « Pendant vingt ans, les observations du Père de Foucauld ont été les seuls documents sérieux que l’on possédât sur le climat du Hoggar. Même aujourd’hui, l’exploit météorologique que constituent les observations de l’Asekrem – à 2.800 mètres d’altitude – n’a pas été renouvelé. » (Jean Coulomb, Bulletin de l’Enseignement public au Maroc, Janvier-Mars 1941, cité par le R.P. Coudray).

 

     (à suivre)

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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