Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :

1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;

2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.

N'hésitez pas !

LT

Recherche

Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

Archives

6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 23:52

L'oeuvre scientifique de charles de Foucauld (16)

 

 

     (Voir introduction de cette série au 8 décembre 2011)

 

     En 1904, quand Foucauld a décidé de s’établir en pays targui, il profite de sa tournée d’apprivoisement des Touareg, en compagnie de Laperrine, pour apprendre la langue parlée par environ 100.000 individus. On lui dit que « le lieu le meilleur pour étudier « le tamahak ou tamachèq est Akabli, où tous les habitants le parlent et où il y a sans cesse des caravanes » (Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, page 222). Avec sa décision et sa ténacité habituelles, il résout de s’y rendre pour étudier « de toutes ses forces ».

     Une quinzaine de jours après, le commandant Laperrine écrit : « Foucauld travaille ferme le touareg à In Salah… il a épluché, à fond, mes archives… il comprend très bien que tout rêve doit être précédé de la connaissance de la langue » (ibid., page 189). Arrivé à Akabli, dans la Tidikelt, le Père commence aussitôt à prendre des leçons de tamahaq avec un homme du pays Settaf, qui a longtemps voyagé chez les Touareg.

     Foucauld poursuivra son effort jusqu’à sa mort. « Ma résolution – écrit-il en janvier 1906 – est de travailler de toutes mes  forces et de plus en plus aux travaux de lexique et de grammaire, destinés à faciliter l’œuvre de ceux qui me suivront » (Gorrée, Sur les traces de Charles de Foucauld, page 213).

     Le 30 mars 1907, « sous sa tente étroite, Foucauld travaille jusqu’à une heure avancée de la nuit, à la lueur d’une bougie, tandis qu’au dehors le vent fait rage et que les  gouttes de pluie crépitent sur l’étoffe tendue… » (ibid., page 222).

     Lorsque son temps n’est pas pris par les causeries avec les Touareg, il étudie leur langue, profite de ses tournées et de la présence de beaucoup de Touareg pour faire connaissance avec eux et recueillir des documents.

     Du 1er octobre 1907 au 1er janvier 1908, il travaille de façon effective, durant 60 jours, en compagnie d’un Touareg, connaissant à la fois l’arabe et le tamahaq. Ils révisent en semble son lexique (ibid., page 231-233).

     Enfin le 9 octobre 1910, cet ouvrage est achevé, mais en janvier 1913, il prévoit qu’il lui reste au moins trois ans de travail à faire seul : copie et corrections ; il envoie le premier bon pour imprimer. Il souligne, par humilité, que ses études ne seront publiées ni par lui ni sous son nom, mais par Basset, berbérisant et doyen de la Faculté des Lettres d’Alger, sous le nom de leur ami commun Motylinski, mort en 1907 (ibid., page 284).

     Le 27 février 1914, il achève son premier dictionnaire et le 8 mai il commence la rédaction du dictionnaire touareg-français développé. En juin, il travaille tous les jours à cet ouvrage et ne sort presque jamais. Le 31 juillet il en est à la page 385 (ibid., page 300), puis à la page 550 au 31 août, en juin 1915 à la lettre Z, enfin, le 2 août ce deuxième dictionnaire est prêt à être imprimé (ibid., page 310) (NdLT : il ne le sera qu’en 1951, par l’Imprimerie Nationale, à Paris !) et il se met déjà à la copie pour l’impression des 575 poésies qu’il a recueillies. Le 1er décembre 1916 – le jour de sa mort – il indique qu’il «  achevé, pour l’impression, des Poésies et Proverbes » ; la grammaire « l’effraie d’avance » (ibid., page 327-328). Son travail restera inachevé.

 

     (à suivre)

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
commenter cet article

commentaires