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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 22:40

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (3)

 

Voir introduction à la date d'avant hier, début de publication de cette article.

 

 

     Le Maroc était encore, dans la première moitié du XIXème siècle, une " terra incognita " malgré le voyageur espagnol Badia y  Leblich, subventionné par le gouvernement français de 1803 à 1806, et le Français René Caillé qui alla, en 1828, de Tombouctou à Fez. Dans la seconde moitié du même siècle, l'exploration du Maroc s'étend, notamment par les itinéraires de l'Allemand Rohlfs en 1862, de l'Autrichien Oscar Lenz en 1878, de l'Anglais Colville et de sa jeune femme en 1881.

     En 1883, la circulation est très difficile au Maroc. Notre voyageur n'a pas compté plus de cinq ou six ponts dans tout son voyage, et c'est à gué qu'il traverse les cours d'eau. Point de routes : on ne dispose " que d'un très grand nombre de pistes " (Foucauld, Reconnaissance, page 3), tracées par le pas des hommes et des bêtes. " Elles s'enchevêtrent les unes dans les autres, en formant des labyrinthes où l'on se perd vite, à moins d'avoir une profonde connaissance du pays... "

     D'après notre explorateur, " le Maroc se divise en deux parties : l'une soumise au Sultan d'une manière effective (bled el makhzen)... " (Ibid., page XV), où la circulation est sûre le jour, même pour les Européens, mais cesse de l'être pour tout le monde " ... au crépuscule, au moment où les maraudeurs se mettent en campagne " (Ibid., page 2).

    Dans l'autre partie, quatre ou cinq fois plus vaste, peuplée de tribus insoumises ou indépendantes (bled es siba), personne ne voyage en sécurité. Pour circuler, "... il faut demander à un membre d'une tribu de nous accorder son anaïa - sa protection - et de nous faire parvenir en sûreté à tel endroit que l'on désigne ; il s'y engage moyennant un prix qu'on débat avec lui, la " zelata "... On passe, de la sorte, de main en main, jusqu'à l'arrivée au terme du voyage " (Ibid., page 7), en payant, chaque fois, une somme d'autant plus élevée que la région est moins sûre. Ainsi Foucauld paye 60 francs-or pour parcourir 20 kilomètres à travers la terrible tribu des Riata, entre Taza et Fès (Ibid., page 36). Encore risque-t-on d'être pillé, égorgé, chemin faisant, par l'escorte même qui a promis de vous défendre.

 

     Pendant les onze mois que dure sa " reconnaissance ", Foucauld se heutre à toutes sortes de difficultés, mais rien ne le rebute : il applique dignement la fière devise de ses aïeux " Jamais Arrière ". Jamais il n'aura la velléité d'abandonner et il écrira même de Mogador, à sa soeur Marie : " Je te supplie de me laisser continuer mon voyage ". Pourtant, il a l'esprit de famille et la solitude lui pèse : " au point de vue moral, c'est bien triste, toujours seul, jamais une personne amie, jamais un chrétien à qui parler. "

     Il va d'Oran à Tlemcen, puis de là à Marnia, en diligence. Là, les premières difficultés l'attendent. Il cherche " en vain le moyen de pénétrer dans le Rif " et doit se rendre par mer à Tanger par Nemours et Gibraltar : c'est l'abandon, à regret, de l'exploration du Rif oriental.

     En fait, le voyage commence vraiment à Tanger, le 20 juin 1883 et il rencontrera bien d'autres obstacles, qu'il a souvent omis volontairement de raconter dans la " Reconnaissance au Maroc ".

 

     (à suivre)

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Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
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