Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte libre

Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :

1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;

2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.

N'hésitez pas !

LT

Recherche

Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

Archives

12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 20:06

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (5)

 

     (Voir introduction de cette série au 8 décembre 2011)

 

     Comme le dit le Général Daugan, " il n'échappe à la mort que grâce à sa rare énergie morale et à sa vigueur physique".

     A Mrimima, sur la rive droite de l'oued Dra, le bruit se répand qu'il est chrétien et chargé d'or, deux bandes de pillards l'attendent dans la montagne. Son départ est remis pendant dix-sept jours. Il ne peut reprendre sa route que grâce à l'intervention de son ami El Hadj bou Rhin qui, prévenu, vient le chercher avec une escorte armée (Foucauld, Reconnaissance, page 165).

     Ici la famine, mauvaise conseillère, augmente l'insécurité et personne ne veut l'accompagner jusqu'au Dra. Là, la guerre qui vient d'éclater entre un village et une fraction de tribu, retarde sa marche dans la région du Dra, d'ordinaire de passage facile. Ici, il doit faire un détour par le désert ; ailleurs, il doit marcher de nuit (Ibid., pages 201 et 205), une autre fois - bien que ce soit en bled el makhzen - le Sultan autorise les Aït ou Afella (Ibid., page 237) à percevoir un droit de péage : ils en profitent pour faire payer le voyageur à deux reprises, au passge d'un col et dans la plaine.

     Sur le versant septentrional de l'Anti-Atlas, en sécurité à l'étape, son hôte ne lui cache pas qu'il l'aurait pillé sans pitié s'il l'avait rencontré sur la route (Ibid., page 205). Entre Tissint et Mogador, le seul vestige humain rencontré certain jour est une dizaine de tombes échelonnées par groupes de deux ou trois, sur le bord du sentier. Elles rappellent chacune un pillage et marquent l'endroit où ont péri des voyageurs (Ibid., page 173), moins heureux que Foucauld.

     De fait, il est attaqué, à plusieurs reprises. Dans l'Anti-Atlas, une petite caravane essaye de soudoyer les gens de sa modeste escorte qui, honnêtes, rejettent le marché, malgré les injures. En route vers la frontière algérienne, le 12 mai 1884, dans la vallée de la Moulouya, deux de ses trois Marocains d'escorte le jettent à bas de sa monture, fouillent ses habits et son maigre bagage. Les voleurs lui laissent sa mule, ses notes, ses instruments, c'est l'essentuiel, mais durant un jour et demi, il les entend discuter de sa vie ou de sa mort (Ibid., page 105). Seules, la médiocrité de la prise, sa patience et l'honnêteté inébranlable d'un de ses guides lui sauvent la vie. A deux pas du but, il a bien cru ne pas achever son périple.

 

     Malgré les obstacles accumulés, pendant onze mois, il parcourt ce pays où l'insécurité règne en maîtresse, trop heureux d'avoir réalisé son projet, fut-ce avec cinq mois de retard. Il a suivi, à peu près, l'itinéraire qu'il s'est tracé. Du nord au sud-ouest, il a traversé le Maroc, de Tanger à l'oued Dra, à la limite du Sahara marocain, - après avoir visité Tetouan et Chechaouen, dans le Rif, Fès, Taza, Sefrou et Meknès, franchi le Moyen-Atlas, escaladé les 2 634 mètres du Haut-Atlas au Tizi n'Telouet, gravi l'Anti-Atlas, circulé dans la vallée du Dra et le Bani, atteint le Sahara marocain, parcouru la vallée du Sous. Il revient ensuite du Sud au Nord/Nord-Est et du Dra à Oudjda par les oasis du Todra, l'Anti-Atlas, le Haut-Atlas par le Tizi n'Telremt à 2 182 mètres et la vallée de la Moulouya.

     Autant que possible, il a fixé son choix sur les chemins peu fréquentés, très difficiles, traversant de préférence les régions complètement inexplorées. Il fait preuve d'une ténacité inébranlable pour poursuivre sa route, malgré les obstacles de toute nature. Le sentiment de la peur lui semble étranger et il ne s'occupe jamais du danger, sauf peut-être pour le rechercher. Il risque sa vie, son argent, sa santé " mais à aucun prix, il ne veut revenir sans voir vu ce qu'il a dit qu'il verrait, sans être allé où il a dit qu'il irait " (Bazin, Charles de Foucauld, page 54).

 

     (à suivre)

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans Textes sur le Bx
commenter cet article

commentaires