Notes sur son témoignage

Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 23:05

Jésus, la porte étroite - Jésus, maître de l'impossible

 

     Dietrich Bonhoeffer, né en Prusse en 1906, docteur en théologie à l'âge de 21 ans, a été exécuté par les nazis en avril 1945 dans le camp de concentration de Flossenbürg.

     Dans son livre Le prix de la grâce, pages 149-150 de l'édition de 1967, on peut lire la méditation suivante qui peut sans doute servir à illustrer d'une certaine manière la démarche de Charles de Foucauld et compléter avec d'autres mots sa doctrine de la mission et du don de soi jusqu'au martyre.

 

 

     " Croire à la promesse de Jésus, selon laquelle ceux qui obéissent posséderont la terre, et, cependant, rencontrer l'ennemi sans défense, souffrir plutôt l'injustice que la commettre..., voilà un chemin étroit ! Voir et reconnaître l'autre homme dans sa faiblesses, dans son injustice, et ne jamais le juger, être dans l'obligation de lui faire part de la Nouvelle et, cependant, ne jamais jeter les perles devant les pourceaux..., voilà un chemin étroit ! A chaque instant, on risque de tomber.

     " Aussi longtemps que je reconnais ce chemin comme celui qu'il m'est ordonné de suivre, et que je le suis dans la peur de moi-même, effectivement ce chemin est impossible. Mais si je vois Jésus Christ me précéder pas à pas, si je ne regarde que lui et si je le suis, pas à pas, je suis protégé sur ce chemin. Il est le chemin resserré et la porte étroite. C'est lui seul qu'il importe de trouver. Si nous savons cela nous avançons, sur le chemin resserré, par la porte étroite de la croix de Jésus Christ, vers la vie, et c'est précisément l'étroitesse du chemin qui se transforme pour nous en certitude. "

 


Rappel : consulter l'appel lancé par le Postulateur, au 22 mai dans ces pages. Les besoins financiers de la Cause sont encore de 3 650 € pour cette année. Merci de votre don.


Par Laurent Touchagues - Publié dans : Notes sur son témoignage
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 23:06

... par le cardinal Charles Journet (1891-1975)

 

     " Notre Père, le même Père pour tous, c'est l'intercommunion. Dès que je me tourne vers lui, que je l'aime, j'aime ce qu'il aime, tous les autres, même mes ennemis. On sentira bien qu'on ne peut pas parler à telle personne de la même manière qu'à telle autre. Mais je me tourne vers mon Père, il est le Père de tous, dès que je le touche par un acte d'amour, des rayons sortent de son coeur pour descendre sur tous les autres. Nous sommes un, bien sûr, mais en Dieu.

     " Si la communion nous unit, ce n'est pas par le rapprochement, disons... de la chaleur humaine, non, c'est autre chose ! Nous immergeons en Jésus les points de la circonférence, qui sont tous étrangers les uns aux autres, et, à mesure qu'ils s'approchent du centre, ils se fondent les uns dans les autres. C'est cela l'union vraiment divine de la communion, à la différence de tous les sens humains, trop humains, qu'on donne au mot, hélas ! trop répété, de " communautaire ".

     " Quand Charles de Foucauld, tout seul dans le désert, dit le Notre Père, ou quand tu es tout seul dans ta chambre, priant dans le secret - c'est le contexte de saint Matthieu -, disant le Notre Père, est-ce, ou n'est-ce pas, une prière "communautaire " ? Oh ! bien sûr, communautaire de la vraie communauté qui est l'Eglise ! "

     (NDLR : extrait d'une méditation sur le Notre Père, dans Entretiens sur la prière, Parole et Silenxe, 2006, p. 112-113)


Rappel : consulter l'appel lancé par le Postulateur, au 22 mai dans ces pages. Les besoins financiers de la Cause sont encore de 3 700 € pour cette année. Merci de votre don.



Par Laurent Touchagues - Publié dans : Notes sur son témoignage
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 19:24

(suite de l'article de Jean-François Six dont la première partie est du 29 septembre)

Henri Duveyrier avait dix-huit ans de plus que Charles de Foucauld et il était, pour l’explorateur du Maroc, un « maître » - c’est ainsi qu’il le nomme dans les lettres qu’il lui adresse, mais c’est en même temps pour lui un ami dont il aime « la douceur » et dont il goûte « la  bonté »[1] ; meurtri par la mort de ses parents, Foucauld avait besoin de rencontrer des êtres comme Duveyrier, comme l’abbé Huvelin ou sa cousine Marie de Bondy dont il a aussi apprécié « la bonté silencieuse ». On a gardé 33 lettres de Foucauld à Duveyrier écrites avant le 16 janvier 1890, date de son entrée à Notre-Dame des Neiges et ensuite[2]. Le 1er mars, il lui dit combien il est sensible à son  « affection si chaude et si constante […] Rien n’a plus de prix en ce monde que l’amitié d’un cœur comme le vôtre. » Quand il lui écrit ainsi, le 1er mars, il n’a pas encore osé dire tout de suite à Duveyrier sa décision pour ne pas le heurter ; il ne le lui explique, dans une lettre admirable, que le 24 avril : « Je suis, depuis trois mois, dans un monastère de Trappistes […] Pourquoi suis-je entré à la Trappe ? Voilà ce que votre chère amitié me demande. Par amour, par pur amour… J’aime Notre-Seigneur Jésus-Christ, bien que d’un cœur qui voudrait aimer plus et mieux, mais enfin je L’aime et je ne puis supporter de mener une vie autre que la sienne, une vie douce et honorée, quand la sienne a été la plus dure et la plus dédaignée qui fût jamais. » Et ceci où son cœur éclate, universel : « Tous les hommes sont les enfants de Dieu qui les aime infiniment : il est donc impossible d’aimer, de vouloir aimer Dieu, sans aimer, vouloir aimer les hommes. L’amour de Dieu, l’amour des hommes, c’est toute ma vie, ce sera toute ma vie, je l’espère. »

Duveyrier lui répond qu’il n’a pas la foi, que sa perspective est tout autre, une perspective qui doit être incompréhensible pour Foucauld. Celui-ci lui écrit alors, le 12 mai, lui rappelant son propre agnosticisme d’avant octobre 1886 : « Comment ne comprendrais-je pas que vous pensiez différemment de moi, bien cher ami, moi qui, il y a quatre ans, pensais comme vous ? »

Leur correspondance se poursuit tandis que Foucauld – frère Marie-Albéric – est maintenant à la Trappe d’Akbès, en Syrie : « Mon âme est dans une paix profonde », écrit-il le 11 septembre 1890 à Duveyrier dans une lettre où il décrit longuement, comme un géographe à un géographe, le lieu et la région où il habite désormais. Un an plus tard, le 14 septembre 1891, il lui redit : « Mon âme goûte une paix, un calme dont je n’avais l’idée avant d’être au couvent. Puisse Dieu en donner quelque chose à ceux que j’aime, vous savez que vous êtes cher parmi eux . » Il l’invite, le 4 décembre, à rencontrer, s’il le veut, l’abbé Huvelin pour  parler  de  lui  et avoir  de ses nouvelles : « Quand vous voudrez causer de moi, vous savez que vous trouverez en M. l’abbé Huvelin, celui qui est comme mon second père, ayant perdu le mien presque à ma naissance ; c’est dire qu’il recevra avec bonheur un ami comme vous ; il sait d’ailleurs le prix de la science, car avant d’entrer dans les Ordres, il a été élève de l’Ecole Normale. »

Il lui annonce, dans cette même lettre, qu’il prononcera, le 2 février 1892, ses vœux : « On promet l’obéissance, la chasteté, la pauvreté, la stabilité dans ce monastère jusqu’à la mort. »

C’en est trop pour Duveyrier qui estime que son jeune ami est en train de faire une folie. Il lui écrit une lettre pressante le 28 décembre, essayant, peut-on penser, de le faire revenir sur sa décision. Foucauld lui répondra le 21 février 1892. C’est la 34° et dernière lettre que Foucauld écrira à son ami Duveyrier, la dernière et la plus importante par sa longueur et surtout par son contenu. Elle n’a été révélée et publiée que récemment, il y a vingt ans, dans le Bulletin Trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld (juillet 1986) et on voudra bien s’y reporter ainsi qu’à l’excellent commentaire de P. Sourisseau.

Lettre précieuse où, en huit feuillets serrés, frère Marie-Albéric répond à son « cher et excellent ami » : « Vous n’approuvez pas, vous redoutez les vœux de religion […]   Loin de moi de me choquer en quoi que ce soit de vos objections ». Il lui rappelle une fois de plus son propre passé : « Il y a six ans, j’étais aussi éloigné de la religion catholique que vous pouvez l’être, je n’avais aucune espèce de foi. »

Sa décision de « se faire trappiste » a été mûrement réfléchie. Et il essaie de lui expliquer les raisons, la « cause » de ce choix, tout en pensant que Duveyrier ne peut pas comprendre : « Cette cause, il ne me paraît pas possible que vous la compreniez, exactement éloigné comme vous l’êtes de la foi catholique, cette cause, je ne l’eusse pas comprise il y a six ans, pourtant je vais vous la dire. »

Suit une présentation, toute théologique, de l’Incarnation d’où découle pour « ceux à qui cela est possible », l’appel à « mener une vie ressemblant le plus possible à celle que Dieu mena sur la terre ; pas d’amour sans désir d’imitation . »Voilà pourquoi il est désormais trappiste.

Et il répète : « Il y a six ans, j’eusse traité cela d’imaginations, de rêves, et j’eusse regardé celui qui aurait écrit la page précédente, passez-moi le mot, comme un peu fou, sinon beaucoup…comment ai-je tant changé ? » Après un bref itinéraire de sa vie, il lui fait un récit précis de sa conversion. Il termine en l’embrassant « fraternellement ».

(à suivre)



[1] Ce que souligne R. Pottier Un prince saharien méconnu, Henri Duveyrier, Paris, Plon 1938.

[2] Lettres étudiées dans le livre de R. Pottier qui a tracé de Duveyrier un portrait plutôt hagiographique ; comme il le fera pour Foucauld dans son livre La vocation saharienne du Père de Foucauld (Paris, Plon, 1939). – (L. Massignon, à qui R.Pottier avait transmis son manuscrit, en écrivait à R. Voillaume le 31 mai 1938 qu’il était « très soucieux » : « Cela commence par une “géographie mystique” du Sahara qui est tout-à-fait délirante ; et la manière dont M. Pottier se sert de la psychologie de Psichari pour éclairer la conversion de Charles de Foucauld me paraît totalement dénuée de bon sens. J’ai vu deux fois longuement M. René Pottier dont la bonne volonté est désarmante autant que son manque de style. Je n’ai pas osé lui dire trop clairement qu’il allait ridiculiser la mémoire d’un ami que je vénère, mais je lui ai demandé de supprimer mon nom dans la liste des personnalités qu’il marque au début comme ayant encouragé son dessein. Il a une particulière prédilection pour toutes les anecdotes controuvées » Et Massignon donne un exemple de l’une de ces fables   hagiographiques, ajoutant :  « Cette manière de méconnaître la vérité historique est à faire pleurer ; elle donnerait raison à ces amères confidences que j’ai entendues trop souvent : “L’Eglise n’a pas le goût de la vérité en matière d’histoire”. Pourvu qu’un récit soit édifiant, on le laisse colporter. Il y a là, dans M. René Pottier, une concession tout à fait fâcheuse à une contagion de plus en plus générale. Mon devoir professionnel d’historien est de protester en rappelant d’ailleurs la parole de Léon XIII : “Dieu n’a pas besoin de nos mensonges”. »)

Par Laurent Touchagues - Publié dans : Notes sur son témoignage
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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 11:47

     "Cette paix infinie, cette lumière radieuse, ce bonheur inaltérable dont je jouis depuis douze ans (1), vous les trouveriez en marchant par le chemin que le bon Dieu m’a fait suivre : prier, prier beaucoup ; prendre un bon confesseur choisi avec grand soin, et suivre soigneusement ses conseils, comme on suit ceux d’un bon professeur ; lire, relire, méditer l’Évangile et s’efforcer de le pratiquer. Avec ces trois choses, vous ne pouvez manquer d’arriver rapidement à cette lumière qui transforme toutes les choses de la vie, et fait de la terre un ciel en y unissant notre volonté à celle de DIEU… JÉSUS l’a dit : c’est sa première parole à ses apôtres : sa première parole à tous ceux qui ont soif de Le connaître : « Venite et videte » ; « Commencez par « venir », en me suivant, en m’imitant, en pratiquant mes enseignements ; et ensuite vous « verrez », vous jouirez de la lumière, dans la même mesure que vous aurez pratiqué… » « Venite et videte » ; j’ai vu tellement, par mon expérience, la vérité de ces mots, que je vous écris cette lettre pour vous les dire…"

 

     Lettre du bienheureux Charles de Foucauld à Henry de Castries, depuis Notre-Dame-des-Neiges, le 14 août 1901. 

 

     (1) C’est à dire depuis son entrée dans la vie religieuse en 1889.

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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /Déc /2006 07:44

Voici venir la Lumière qui doit éclairer les nations !

Nous souhaitons un saint et joyeux Noël aux lecteurs de ce blog !

 

prochain article : le 1er janvier au soir

Par Laurent Touchagues - Publié dans : Notes sur son témoignage
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