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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 18:30

Les Disciples de l'Evangile se présentent

 

     Installée depuis plus d'un an au sein de l'ancien Grand séminaire de Viviers, une fraternité de religieuses Disciples de l'Évangile y remplit un service de première importance pour l’héritage foucauldien. Voici comment elles se présentent elles-mêmes.

 

     Nous sommes une petite congrégation religieuse italienne qui s'appelle Disciples de l'Evangile. Nous sommes la dernière famille foucauldienne reconnue. Notre institut religieux est né dans le diocèse de Trévise en 1973, d'un petit groupe de huit sœurs qui désiraient vivre la consécration d'une façon authentique, selon l'Evangile et les indications du Concile Vatican II. En 1975, les sœurs ont été constituées juridiquement comme Pieuse Union. Pendant les années suivantes, elles ont cherché à définir leur spiritualité. Un prêtre leur a suggéré d'étudier la spiritualité de Charles de Foucauld, car elles étaient déjà en train de vivre quelques-unes de ses caractéristiques, sans le savoir. Elles se rendirent à Spello où elles firent la connaissance de Carlo Carretto ; la rencontre avec Giancarlo Sibilia, Prieur des Petits Frères Jesus Caritas, a également aidé les sœurs à mieux connaître les traits de la spiritualité de Charles de Foucauld et à mieux préciser ceux qui seraient caractéristiques de leur spiritualité. En décembre 2000, les sœurs  ont été reconnues Institut religieux de droit diocésain.

 

     Aspects essentiels de notre Spiritualité

     Prière et contemplation

     Notre journée est marquée par différents temps de prière : la Liturgie des Heures, la célébration de la Messe quotidienne, un temps prolongé d'Adoration Eucharistique. Imitation de la vie de prière de Jésus qui cherchait continuellement la volonté de Dieu, notre vie a pour caractéristique fondamentale sa dimension contemplative : par une écoute assidue de la Parole de Dieu nous cherchons à nous engager fraternellement et à contempler les événements quotidiens avec le regard du Seigneur pour comprendre sa volonté. Nous cherchons à vivre la prière de l'Église avec un esprit de communion et de fraternité : nous offrons aux personnes l’opportunité de participer à nos moments de prière.

     Accueil et partage

     Selon le style d’accueil et de partage vécu par Charles de Foucauld, nous avons choisi de vivre une vie fraternelle communautaire ouverte aux autres et en particulier attentive aux nécessités des personnes les plus pauvres et seules. Dans nos communautés nous vivons l’accueil en offrant la possibilité d’héberger des personnes qui se trouvent dans des situations d’émergence, en partageant avec elles notre vie quotidienne. Nous accueillons aussi des personnes qui frappent à notre porte pour demander une aide matérielle ou spirituelle, ou pour être écoutées et soutenues. Une forme d’accueil que nous pratiquons est aussi d’aller chez les personnes et les familles, surtout chez celles qui sont seules, âgées, malades ou marginalisées.

     Évangélisation selon le style ordinaire et simple de la vie de Nazareth

     À l’imitation de Jésus à Nazareth, nous cherchons à annoncer l’Évangile aux personnes que nous rencontrons d’une façon simple et discrète. Pour subvenir à notre vie commune et pour partager les situations des femmes et des hommes de notre temps, nous avons un travail ordinaire. Nous sommes insérées dans la vie pastorale paroissiale et diocésaine, en communion avec les prêtres et les laïcs, en nous engageant à vivre avec eux des relations cordiales et fraternelles.

 

     Pourquoi une communauté à Viviers ?

 

     Le 19 septembre 2010, nous avons eu la joie de fonder une nouvelle fraternité locale dans le diocèse de Viviers, en France. La demande de cette fondation était arrivée cinq ans auparavant, à Rome, à l’occasion de la béatification de Charles de Foucauld, le 13 novembre 2005. Á ce moment-là, l’évêque de Viviers, Mgr François Blondel, nous avaient invitées à commencer une nouvelle expérience ecclésiale en Ardèche.

     Il a été demandé à notre communauté de Disciples de l’Évangile de Viviers d’être une présence vivante dans la Maison diocésaine, le Grand Séminaire où Charles de Foucauld fut ordonné prêtre ; de vivre l’accueil dans notre logement et en collaboration avec le Secours catholique ; de travailler ensemble aux Services pastoraux du diocèse avec un esprit de simplicité et de fraternité.

     Il nous est demandé de mettre en lumière la figure de Charles de Foucauld, afin que cet homme de Dieu soit de plus en plus une présence vivante pour le diocèse de Viviers et pour l’Église entière. Nous avons reçu, en effet, la tache de prévoir des parcours de foi et des pèlerinages selon l’esprit foucauldien et de valoriser les écrits et les différents objets ayant appartenus à Charles de Foucauld, rassemblés à Viviers en provenance de Paris et de Rome.

 

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Published by Laurent Touchagues - dans Famille spirituelle
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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 23:29

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (4)

 

Voir l'introduction concernant ce texte à la date du 8 décembre, début de publication de cette article.

 

     Foucauld a éprouvé du dépit à perdre 52 jours par an, pour respecter le sabbat israélite et jouer son personnage. " Il n'a rien - dit-il - éprouvé de plus dur : on veut se mettre en route, on ne peut pas ; on est en voyage, il faut s'arrêter. " (Foucauld, Reconnaissance, page 14). Encore s'il pouvait profiter de ce retard pour rédiger ses notes, mais il est défendu d'écrire et cela lui est presque toujours impossible ; au risque d'être découvert comme chrétien.

     Pour une raison religieuse analogue, le respect du Rhamadan (sic) par son escorte musulmane, il est retenu un mois à Fès : il fallait soit attendre, soit se résigner à suivre la route ordinaire (Ibid., page 19). Bien qu'il lui en coûte, il s'y résout et en profite pour faire deux excursions : l'une à Taza, l'autre à Sefrou.

     Parvenu à la moitié du voyage, à Tissint, le 9 janvier 1884, il se heurte à une difficulté d'argent : il doit se rendre à Mogador, car par suite de vols successifs et de nombreuses " zelata ", il lui faut attendre pendant 45 jours l'arrivée de France des fonds nécessaires à la poursuite de son expédition. Il est vrai qu'il met ce temps à profit pour rédiger ses notes, travaille sans arrêt et ne sort qu'une fois par jour pour aller déjeuner chez le chancelier du consulat de France (Ibid., page 113).

     D'autres aventures, plus graves, l'attendent. Chaque fois qu'il séjourne longtemps dans un lieu habité, il est menacé d'être reconnu comme Européen. La première fois, les marabouts de Bou el Djab le font espionner par les juifs du lieu qui surveillent ses moindres démarches, mettent le nez sur son calepin dès qu'il écrit, se jettent sur son thermomètre dès qu'il le touche. Ils rapportent aux musulmans que Foucauld est un astronome, qu'il passe ses nuits à regarder les étoiles et, choses plus graves, qu'il ne parle pas leur langage, qu'il n'écrit pas leur écriture, qu'il ne va pas à la synagogue et qu'ils le suspectent d'être chrétien (R. Bazin, Charles de Foucauld, page 83). Notre explorateur y gagne l'amitié de Sidi Edris qui, plein de prévenances, l'accompagne à Kasba Beni Mellal.

    La deuxième fois, à Tissint, à peine arrivé, il est l'objet de la plus vive curiosité, les Hadj lui font bon accueil et se doutent qu'il est chrétien, mais se taisent, comprenant les dangers que court Foucauld (Bazin, loc. cit., page 67). Il se confie à l'un d'eux, le Hadj bou Rhin, qui devient son ami, le tire d'embarras à Mrimima et l'accompagne à Mogador, au péril de sa vie.

     Enfin, à Debdou, près du terme du voyage, une distraction faillit avoir de dangereuses conséquences. En faisant sa toilette, il oublie qu'un " vrai " juif marocain ne se lave jamais la barbe. Il s'en aperçoit à l'effori de ses compagnons de chambre et leur demande de ne pas le trahir. Les israélites de Debdou surent garder le secret.

     Il lui arrive d'autres mésaventures : à Tétouan, malgré une attente de dix jours, Foucauld et Mardochée ne parviennent pas à trouver un guide pour traverser les tribus insoumises, célèbres par leurs brigandages (Foucauld, Reconnaissance, page 5). Notre voyageur doit abandonner son projet de gagner Fès directement, pour se contenter du chemin ordinaire.

     Il se risque dans la dangereuse région des Zemmour, à l'Ouest de Meknès, où il n'y a plus d'anaïa ni de zelata, mais où tout ce qui passe est pillé. Son pauvre équipage et un appel aux marabouts de Bou el Djab lui facilitent le passage.

 

     (à suivre)

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 22:40

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (3)

 

Voir introduction à la date d'avant hier, début de publication de cette article.

 

 

     Le Maroc était encore, dans la première moitié du XIXème siècle, une " terra incognita " malgré le voyageur espagnol Badia y  Leblich, subventionné par le gouvernement français de 1803 à 1806, et le Français René Caillé qui alla, en 1828, de Tombouctou à Fez. Dans la seconde moitié du même siècle, l'exploration du Maroc s'étend, notamment par les itinéraires de l'Allemand Rohlfs en 1862, de l'Autrichien Oscar Lenz en 1878, de l'Anglais Colville et de sa jeune femme en 1881.

     En 1883, la circulation est très difficile au Maroc. Notre voyageur n'a pas compté plus de cinq ou six ponts dans tout son voyage, et c'est à gué qu'il traverse les cours d'eau. Point de routes : on ne dispose " que d'un très grand nombre de pistes " (Foucauld, Reconnaissance, page 3), tracées par le pas des hommes et des bêtes. " Elles s'enchevêtrent les unes dans les autres, en formant des labyrinthes où l'on se perd vite, à moins d'avoir une profonde connaissance du pays... "

     D'après notre explorateur, " le Maroc se divise en deux parties : l'une soumise au Sultan d'une manière effective (bled el makhzen)... " (Ibid., page XV), où la circulation est sûre le jour, même pour les Européens, mais cesse de l'être pour tout le monde " ... au crépuscule, au moment où les maraudeurs se mettent en campagne " (Ibid., page 2).

    Dans l'autre partie, quatre ou cinq fois plus vaste, peuplée de tribus insoumises ou indépendantes (bled es siba), personne ne voyage en sécurité. Pour circuler, "... il faut demander à un membre d'une tribu de nous accorder son anaïa - sa protection - et de nous faire parvenir en sûreté à tel endroit que l'on désigne ; il s'y engage moyennant un prix qu'on débat avec lui, la " zelata "... On passe, de la sorte, de main en main, jusqu'à l'arrivée au terme du voyage " (Ibid., page 7), en payant, chaque fois, une somme d'autant plus élevée que la région est moins sûre. Ainsi Foucauld paye 60 francs-or pour parcourir 20 kilomètres à travers la terrible tribu des Riata, entre Taza et Fès (Ibid., page 36). Encore risque-t-on d'être pillé, égorgé, chemin faisant, par l'escorte même qui a promis de vous défendre.

 

     Pendant les onze mois que dure sa " reconnaissance ", Foucauld se heutre à toutes sortes de difficultés, mais rien ne le rebute : il applique dignement la fière devise de ses aïeux " Jamais Arrière ". Jamais il n'aura la velléité d'abandonner et il écrira même de Mogador, à sa soeur Marie : " Je te supplie de me laisser continuer mon voyage ". Pourtant, il a l'esprit de famille et la solitude lui pèse : " au point de vue moral, c'est bien triste, toujours seul, jamais une personne amie, jamais un chrétien à qui parler. "

     Il va d'Oran à Tlemcen, puis de là à Marnia, en diligence. Là, les premières difficultés l'attendent. Il cherche " en vain le moyen de pénétrer dans le Rif " et doit se rendre par mer à Tanger par Nemours et Gibraltar : c'est l'abandon, à regret, de l'exploration du Rif oriental.

     En fait, le voyage commence vraiment à Tanger, le 20 juin 1883 et il rencontrera bien d'autres obstacles, qu'il a souvent omis volontairement de raconter dans la " Reconnaissance au Maroc ".

 

     (à suivre)

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 20:40

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (2)

 

 

Voir introduction à la date d'hier, début de publication de cette article.

 

   

  Mac Carthy conseille au jeune voyageur de se déguiser en israélite pour parcourir le Maroc, là où d'autres explorateurs ont échoué ou éprouvé des difficultés sous le costume musulman. D'avance, Foucauld accepte l'inconvénient de jouer un personnage méprisé : les avanies, les injures, les jets de pierres, les marches pieds nus dans les villes et quelquefois les jardins, les promiscuités répugnantes, les conversations libres que lui attireront ce déguisement. En revanche, il lui permettra de passer inaperçu, d'être toléré, de gagner plus de liberté d'étude et d'observation, de glaner plus de renseignements sincères sur les régions traversées (Cf. Ch. de Foucauld, Reconnaissance au Maroc, Avant-propos). Comme l'explorateur Duveyrier l'écrit, en 1887 : " Le voile qui abrite le juif pendant sa prière a servi à cacher le baromètre et le sextant de M. de Foucauld " (Rapport Duveyrier à la Société de Géographie de Paris in Reconn. p. VIII).

     E. F. Gautier, géographe et explorateur, l'a compris : " Pour choisir ce déguisement, il fallait avoir, dès ce temps-là, au sortir de l'adolescence, le goût de l'humilité, une façon de sentir qui présageait le moine, une résignation à la pouillerie et à la crasse, une recherche de la solitude à l'abri d'un masque. " (E. F. Gautier, Un siècle de colonisation, page 147)

     C'est à peu près ce qu'écrivait, dès 1885, Duveyrier : " ... il a tenu jusqu'au bout bien plus qu'un voeu de pauvreté et de misère "... et a fait preuve d' "bune véritable abnégation ascétique. "

     C'est Mac Carthy également qui lui procure son guide, israélite marocain authentique, Mardochée (cf. R. Bazin, op. cit., pp. 30-43) dont la vie antérieure a été un véritable roman. Malgré ses gros défauts, il fut précieux par son état de rabbin, sa connaissance du pays et des gens, dans les relations avec les juifs et les musulmans, l'organisation des escortes, la recherche de la nourriture et du logis quotidien. Sa trop grande prudence, sa mauvaise volonté, son caractère douillet, son désir de faire échouer la trop longue randonnée, sa paresse accrue par l'isolement et les difficultés du voyage, ne l'empêchent pas d'avoir pris une part matérielle importante au succès de l'entreprise.

     Ainsi pourvu, Foucauld part d'Oran, sans aide du gouvernement, à ses frais personnels - limités par le conseil judiciaire que lui ont valu ses folles prodigalités de Sétif - sans tente, sans lit, presque sans bagages, mais embarassé de boussoles, chronomètres, baromètres de poche, thermomètres, sextant, niveau à huile, pour les observations météorologiques et géodésiques;.

      (à suivre)

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:41

L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld (1)

 

     Le numéro 25 des Cahiers Charles de Foucauld, premier numéro de l'année 1952, livrait à ses lecteurs un long article intitulé "L'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld" et signé par Robert TINTHOIN, archiviste en chef du département d'Oran, Directeur et conservateur du Musée Demaeght. Soixante ans après, il n'est pas inutile de relire ce travail pour se remémorer cet aspect non négligeable de l'héritage que nous laisse le Bienheureux. Sa publication ici prendra plusieurs jours.

 

 

     Nous avons trop souvent calomnié le XIXème siècle et , Français, épris d'esprit critique, nous avons été portés à minimiser le rôle de notre pays pendant cette période.

     Parvenus à la moitié du XXème (NdLT : rappelons que cette article est de 1952), il nous est pourtant facile de juger, avec impartialité, l'oeuvre de la France au siècle précédent. Notre métropole s'est accrue d'un vaste territoire colonial et nous avons été servis dans tous les domaines par une équipe de valeur.

     Nous ne vanterons pjamais assez la profonde originalité, l'initiative créatrice, le génie de nos hommes d'action et de coeur : un Ferdinand de Lesseps, coupeur d'isthmes, résolvant avec le canal de Suez un problème géographique millénaire ; un Brazza, libérateur d'esclaves, créant seul et sans moyen matériel un empire noir ; des Gallieni, des Mangin, des Lyautey, âmes de chefs et manieurs de foules, sachant respecter les traditions indigènes ; un Laperrine, indépendant et désintéressé, conquérant et administrateur au Sahara, pionnier de l'aviation au désert ; un Foucauld, explorateur et moine, etc.

     Quelle fortune pour une collectivité nationale d'avoir vu naître des génies si divers, capables d'enrichir son patrimoine intellectuel, colonial, politique et...religieux.

 

     Le Vicomte Charles de Foucauld, jeune lieutenant du 4ème chasseurs d'Afrique, âgé de 24 ans, vient de donner sa démission de l'armée, après avoir combattu l'agitateur Bou Amama dans le Sud-Oranais.

     Lettré, artiste et sceptique, ce jeune officier, sorti de Saint-Cyr et de Saulmur depuis quatre ans à peine, a appris une géographie qui était alors plus attachée à la topographie et à la sèche nomenclature de l'époque qu'à l'observation méthodique faisant naître les descriptions précises et vivantes. Attiré par l'originalité du Maghreb et de ses habitants, aguerri par les fatigues du troupier qu'il a partagées sous le dur climat du Sud-Oranais, l'ancien " fêtard " de Sétif - le mot est de son ami Laperrine - se fixe à Alger où il prépare un grand voyage au Maroc.

     Il choisit ce dernier pays, poussé par la curiosité du découvreur, son goût naturel pour l'imprévu, la difficulté et le danger, l'attirance de l'âpre nature africaine, le secret désir de voir s'ajouter la Maroc - féodal et décadent - à l'Algérie - pacifiée après cinquante ans de présence française - et à la Tunisie - placée depuis deux ans, en 1881, sous notre protectorat. Il est l'un des artisans de ce merveilleux triptyque français du Maghreb que nous envie l'étranger.

     Bien qu'il ait eu - jusqu'à l'insurrection de Bou Amama - une réputation justifiée de légéreté, de facilité et de plaisir, il prépare minutieusement et laborieusement cette exploration pendant plus de quinze mois. Ce qui dénote une décision mûrement réfléchie chez un jeune homme habitué jusqu'ici aux coups de tête. Il se livre (dit Rene Bazin, in Charles de Foucauld, 1921, p. 17) " avec ardeur  à l'étude de la langue arabe, de l'hébreu, des coutumes juives et des sciences utiles à la réalisation de son projet... sous la direction du géographe Mac Carthy " conservateur de la bibliothèque nationale d'Alger, et de son adjoint la biologiste Maupas. Il lit " les ouvrages des anciens géographes " arabes et les récits de voyages des grands explorateuirs contemporains. Le reste du temps, Foucauld apprend à se servir du sextant sur un bateau de l'Etat, dans le port d'Alger : il se prépare ainsi aux levées geodésiques."

 

(à suivre)

 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 23:26

Souvenirs de Marie de Bondy à la fin de sa vie,

à propos de son cousin, dans des lettres écrites à Soeur Marie-Charles

 

Il est intéressant de voir affirmer à la fin de sa vie comment Marie de Bondy considérait les liens qu’elle avait avec son cousin. Elle avait aussi très fort le sentiment qu’il projetait sur elle une sainteté, une perfection qu’elle n’estimait pas avoir.

 

1930 : « Vous me trouverez peut-être bien indiscrète mais le père était pour moi comme un jeune frère et me tenait au courant de ses espérances, de ses désirs, tout ce qui touche à son souvenir me touche profondément ; veuillez donc excuser mon indiscrétion, Madame et ne me refusez pas le service d’une petite prière. »

 

1930 : « C’est bien le jour où il est parti pour la Trappe, que mon cher cousin a fait son sacrifice, mais que d’années sont passées avant qu’il ait trouvé sa vraie voie » 

 

1930 : « Votre lettre me prouve que vous vous faites de telles illusions sur moi que je suis obligée de vous ramener à la vérité. On peut être la cousine d’un cousin dont on admire la sainteté mais hélas ! sans l’imiter ; je suis très âgée, très infirme, je m’efforce de me résigner, c’est extrêmement loin de l’héroïsme ; si vos épreuves diminuent c’est que le cher Père a certainement pour vous qui voulez faire son œuvre une prédilection toute particulière ; il tenait tant à cette œuvre ! que Dieu ne lui a pas permis de réaliser de son vivant. Vous me demandez comment il est parti : très peu de personne savaient que c’était un départ définitif, il laissait croire qu’il allait faire un voyage. A son arrivée à la Trappe, il m’a écrit qu’il n’avait cessé de pleurer depuis son départ de Paris ! Cela prouve bien que malgré son infini courage, la douleur se laisse voir et je ne puis douter qu’au dernier moment de votre sacrifice, il ne soit pas près de vous, vous encourageant, vous soutenant. …Ce n’est pas moi qui m’appelle Magdeleine, mais ma fille, (je m’appelle Marie). Charles avait une profonde affection pour mes enfants. »

 

1930 : « Mon cher cousin (il était pour moi un jeune frère) est, n’est-ce pas, un lien entre nous. »

 

1930 : « Mais votre bonheur complet sera lorsque vous suivrez la règle de mon cher cousin, je devrais plutôt dire de mon jeune frère, car c’est ainsi que je le considérais. »

 

1931 : « Priez pour moi, ma chère Sœur ; vous le voyez je ne suis pas courageuse et vaillante comme mon cher cousin le supposait ; on se fait tant d’illusions sur ceux qu’on aime depuis l’enfance ! »

 

1931 : « Merci de m’avoir envoyé l’image du Père ; puisque vous me demandez mon avis sincère, je vous dirai qu’elle ne me le rappelle pas beaucoup ; il n’y a malheureusement rien de bien satisfaisant de lui.

Je vous envoie une petite photo avec mon petit filleul[1] (qui est mort très jeune[2]), qui du moins donne bien la physionomie de Charles.

 

1933 : J’ai bien reçu votre lettre hier et j’aurais voulu y répondre tout de suite ; hélas ces dernières secousses ont encore atteint mes yeux et je n’arrive pas à la lire. Peut-être pourrai-je un peu plus tard mais il est un point qu’il faut établir parce que c’est la vérité. Je ne suis nullement une sainte ; le bon Dieu avait sans doute son dessein quand il a aveuglé votre cher père sur ces points. En ce moment, j’espère n’être pas révoltée mais je ne suis pas résignée non plus ; je ne réalise pas encore l’étendue de mon malheur ; je suis anéantie. Je suis mal assurée[3] ; il y a donc là aussi bien des difficultés à prévoir et je suis d’une lassitude indicible. Notre cher Charles parlait toujours de ce qu’il devait se convertir, il faut maintenant qu’il me convertisse et vous l’y aiderez, n’est-ce pas ?

M.B

 

« Merci pour les images. Tous les souvenirs que j’avais de Charles sont à peu près sauvés sauf, hélas, le petit cahier qu’il portait toujours sur lui et qu’il m’avait légué. Gardez le calice, il est à sa place chez vous mais si vous le pouvez demandez qu’il serve à une Messe dite pour moi. »

 

1934 : « Priez beaucoup pour moi ; demandez qu’on prie pour moi pour que je n’arrive pas les mains vides devant le bon Dieu. Charles vous a donné une idée absolument fausse de moi ; il me voyait avec son affection et si humble pour lui-même sans s’en douter ; il me croyait les vertus que lui il pratiquait ; je suis absolument sincère en vous le disant, comme je le suis aussi en vous redisant ma profonde affection. »



[1] il s’agit d’Abd Jesu

[2] Abd Jesus est mort en Tunisie (à Thibar en 1910) : donc, Marie le savait !

[3] Allusion aux conséquences de l'incendie du château de la Barre.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 23:55

  Un mois après la précédente,

Charles de Foucauld, envoie cette nouvelle missive à sa soeur,

suite au décès  de son neveu Régis 

 

 

 

Nazareth, 17 mars 1900

 

     Merci, ma bonne Mimi, de ta lettre : oui, ton petit saint Régis a veillé sur vous tous et continuera à veiller sur vous et sur moi…

     Jamais je n’ai été autant avec toi, ma chérie, car pauvre et indigne que je suis, je trouve profondément doux et encourageant d’avoir un saint qui soit mon neveu, un saint que je tutoie, et je le prie à tout moment, dans tous mes besoins, plus de 50 fois par jour, je pense ; je t’assure que je ne l’ai pas prié une seule fois sans être exaucé, sans sentir une bonne inspiration ou un mouvement de ferveur. Ainsi prie-le bien aussi toi, et apprends à tes enfants à prier ce petit frère ou plutôt ce très grand frère ; car c’est nous, pauvres mortels, qui sommes infiniment petits à côté de cette âme qui voit Dieu au sein d’une gloire infinie, avec une puissance d’intelligence et d’amour auprès desquelles les nôtres ne sont rein : nous, nous rampons comme des fourmis dans ce froid brouillard… lui, il est en pleine lumière, en plein amour, en pleine intelligence, en pleine béatitude, et cela pour l’éternité…

     Prie-le aussi à toute heure, ma chérie, et remercie bien le bon Dieu de t’avoir fait mère d’un saint : une mère vit déjà en ses enfants ; voilà une partie de toi au ciel ! Quelle grâce ! Plus que jamais tu auras désormais « ta conversation dans les cieux ». Puisse-t-elle y être de plus en plus ainsi que celle de Raymond et de tous tes enfants, et puissions-nous tous être un jour réunis à régis aux pieds de notre bien aimé Seigneur Jésus !…

 

     Fr. Charles de Jésus

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 23:49

Correspondance du bienheureux Charles de Foucauld avec sa sœur Marie, dite Mimi,

épouse de Raymond de Blic, après le décès au début de l’année 1900 de leur septième enfant, Régis, qui n’avait vécu que quelques heures.

 

Nazareth, 12 février 1900

 

 

     Ma chère Mimi, je viens de recevoir la dépêche envoyée hier par Raymond. Tu as dû avoir de la peine de la mort de cet enfant et j’en ai aussi à la pensée de la tienne. Mais je t’avoue que j’ai aussi une admiration profonde, quand je pense que toi, ma chérie, ma petite sœur, toi pauvre voyageuse et pèlerine sur la terre, tu es déjà mère d’un saint. Oui, ton enfant, celui à qui tu as donné la vie, est dans ce beau ciel auquel nous aspirons.

     Le voici devenu en un instant l’aîné de ses frères et sœurs, l’aîné de ses parents… Tous tes autres enfants marchent péniblement vers cette patrie céleste, espérant l’atteindre, mais n’en ayant pas la certitude, et pouvant en être à jamais exclus ; ils n’y arriveront sans doute qu’au prix de bien des luttes et des douleurs… Lui, ce cher petit ange protecteur de ta famille, il a d’un coup d’aile volé vers la patrie, et sans peine, sans incertitude, par la libéralité infinie du Seigneur jésus, il jouit pour l’éternité de la vue de Dieu, de Jésus, de la Sainte Vierge, de saint Joseph et du bonheur infini des élus.

     Je te le répète, j’entre dans une admiration ravie en pensant à cela : on estimait la mère de saint François d’Assise bienheureuse parce que de son vivant, elle assista à la canonisation de son fils : mille fois plus heureuse es-tu ! Tu sais, avec la même certitude qu’elle, que ton fils est un saint dans les cieux, et tu le sais, dès le 1er jour de ce fils chéri, sans le voir traverser pour arriver à cette gloire une vie de douleur.

     C’est le prix du saint baptême, c’est le prix du sang de Jésus : Jésus a souffert et combattu assez pour avoir le droit de sauver les Siens, sans nul mérite de leur part. Il en a assez pour introduire tous ceux qu’il veut, à l’heure qu’il veut, dans le royaume de son Père. Ma chérie, ne sois donc pas triste, mais répète plutôt avec la très Sainte Vierge : « Le seigneur a fait en moi de grandes choses. Les générations me proclameront bienheureuse. »

     Oui, bienheureuse, parce que tu es la mère d’un saint, parce que celui que ton sein a porté est déjà à cette heure éclatant de la gloire éternelle, parce que, comme la mère de saint François d’Assise, tu as, encore vivante, le bonheur incomparable de penser que ton fils est un saint, éternellement assis aux pieds de Jésus, éternellement appuyé sur Son Cœur, dans l’amour et la lumière des Anges et des Bienheureux.

Je t’embrasse de tout mon cœur comme je t’aime dans le Cœur de notre bien aimé Seigneur Jésus.

 

     Fr. Charles de Jésus

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:56

Quelques émissions à voir sur Internet

  

Le site de la télévision chrétienne gloria.tv offre toute une série de vidéos que l'on peut facilement visionner sur Internet.

  

Il y en a dans toutes les langues. A signaler :

  

1) en Français :

  

" Charles de Foucauld et le rayonnement eucharistique ",
    

présentation de 10 minutes par le P. Florian Racine, de l'Apostolat de l’Adoration Perpétuelle

Adresse : http://fr.beta2test.gloria.tv/?media=113830

  

2) en Anglais :

  

Une conférence de 1953 par l'archevêque américain Fulton Sheen.

 " Charles de Foucauld (part 1) "

   



Une conférence de 33 minutes par la Communauté du Chemin neuf

" A USELESS LIFE - CHARLES DE FOUCAULD "
    

Adresse : http://fr.beta2test.gloria.tv/?media=210498



 

 

3) En Espagnol :

  

Une conférence de 60 minutes sous le titre  " charles de foucauld-itinerario espiritual-cap 1-jean francois six "; lecture d'une traduction castillane d'une plaquette de J-F Six.

 

 

 

Adresse : http://fr.beta2test.gloria.tv/?media=119613

 

Une série de textes spirituels, en 15 minutes, sous le titre  "ORACIONES DEL BEATO CHARLES DE FOUCAULD "

 

Adresse : http://fr.beta2test.gloria.tv/?media=119921

 

4) en Italien :

 

 

1er décembre le saint du jour :

 

film de 31 minutes sur la vie de Charles de Foucauld

Titre : « Charles de Foucault (sic) – Lebensbild »

http://fr.beta2test.gloria.tv/?media=51006

 

 

... et d'autres dans ces langues, et dans d'autres langues.

 

 

 

 

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Published by Laurent Touchagues - dans Conférences
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:00

Lu sur le site de Patriarcat latin de Jérusalem :

 

Charles de Foucauld, la sainteté à Nazareth

 

     Aujourd’hui, la Terre Sainte fête le bienheureux Charles de Foucauld, béatifié en novembre 2005. Le 1er décembre est le jour où l’Eglise célèbre la mémoire du Bienheureux Charles de Foucauld. Nazareth fut un lieu qui le marqua profondément. Toute la vie de Charles de Foucauld a été modelée par le souvenir de Nazareth : une vie cachée.

 

     Le Bienheureux Charles de Jésus est mort le 1er Décembre 1916 dans le désert du Sahara à Tamanrasset. Après une jeunesse agitée, Charles de Foucauld se mit en quête de Dieu. Conseillé par un prêtre - l’abbé Huvelin - il fit un pèlerinage en Terre Sainte en 1888 qui lui révéla sa vocation : suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Jésus de Nazareth avait saisi le cœur de Charles de Foucaud en prenant conscience de sa vie quotidienne au travail, en famille et dans la prière. Après cet électrochoc de la foi, le bienheureux passa sept années à la Trappe d’abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la prière et l’adoration près des Clarisses de Nazareth. Charles de Foucauld y vécut trois ans "caché" dans la célèbre ville de Galilée. Comme humble jardinier il confia alors : « Ma vocation est d'imiter le plus parfaitement possible notre Seigneur dans sa vie cachée de Nazareth. » (à l'abbé Huvelin - 26.04.1900) « Nazareth est partout où l'on travaille avec Jésus, dans l'humilité, la pauvreté et le silence. »

     C'est à Nazareth, justement, que la messe est célébrée en sa mémoire aujourd’hui à 16h chez les petites sœurs de Jésus. La messe sera présidée par Mgr Elias Chacour, évêque melkite de Galilée en présence de Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Israël. Tous les trois ans, la messe change de lieu. Elle a lieu soit chez les clarisses, soit chez les petits frères de Jésus ou encore les petites sœurs de Jésus. Tous ces frères et sœurs de Nazareth sont liés à la personne de Charles de Foucauld et assisteront ensemble à l'Eucharistie.

     A Jérusalem, une messe byzantine sera célébrée à 18h par Mgr Mgr Joseph-Jules Zerey, vicaire patriarcal de l'Église melkite de Jérusalem chez les petites sœurs de Jésus, en vieille ville. Hier, mercredi 30 novembre, une heure d’adoration avait été organisée chez elles autour des textes de l’Ecriture (1ère épitre de St Jean) et des textes de Charles de Foucauld autour de cette véritable déclaration d'amour : « l'amour de Dieu et l'amour des hommes, c'est toute ma vie. »

 

     Christophe Lafontaine

 

(Source : www.lpj.org)

 

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