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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 13:24

                                                            Ce qu’il faut lire

 

      Puisque toute la perfection consiste à aimer et à imiter Notre-Seigneur, prendre parmi les saints qui ont écrit l’un des saints pour qui nous avons le plus de sympathie, l’un de ceux qui nous semblent avoir le plus aimé et le mieux aimé Jésus, en faire notre ami intime, nous mettre sous sa direction, nous imprégner de ses pensées, de manière à penser peu à peu comme lui, à prendre sa manière de juger, de voir, son esprit… Pour cela, le lire, le relire, nous en faire des extraits… et ne lire que lui, la saint Écriture, les écrits des saints, leurs vies… Ne pas disperser nos lectures – et en fait de livre n’en lire que de trois sortes : les saintes Écritures, les écrits de saints, leurs vies – Nos lectures doivent se diviser en trois : 1° la sainte Écriture, dont il ne faut pas lire de longs passages à la fois, d’ordinaire au moins, mais au plus un demi chapitre ou un chapitre… mais dont il faut lire plusieurs fois par jour des passages et sur laquelle il faut faite toutes nos méditations (en prenant comme sujets ordinaires les saints Évangiles ou parfois aussi les Psaumes)… 2° notre Docteur, qui fait notre lecture de fond et auquel nous consacrons la plus grande partie du temps que nous avons à donner à la lecture proprement dite. – 3° La vie des saints, dont nous lisons un peu chaque jour, pendant un temps moins long, en manière de récréations, de repos. –

 

Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 14, éditions Nouvelle Cité, pages 38-39.

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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 20:25

                                                             La tentation

     Lorsque nous sommes très tentés contre une vertu, cela veut dire que Dieu veut que nous pratiquions avec une perfection particulière cette vertu-là : il nous y exerce par les tentations pour nous y faire exceller : la tentation, c’est seulement le moyen employé par Dieu pour nous former à telle ou telle vertu : ainsi courage ! Si nous sommes tentés de tiédeur, c’est que Dieu veut nous élever à un degré particulièrement haut d’amour de lui… Si nous sommes tentés de froideur envers le prochain, c’est que Dieu veut nous rendre particulièrement aimants envers tous les hommes, etc. C’est une vérité qu’il ne faut pas oublier, car elle est aussi consolante et fortifiante que vraie.

      Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 10, éditions Nouvelle Cité, page 37.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 20:59

                                                          Une petite goutte d’eau

 

Une petite goutte d’eau roulait aux bords d’un fleuve et s’en allait à l’Océan. Une fleur qui se trouvait sur son chemin lui dit : - arrête-toi un peu avec moi, aspire mon parfum, contemple mes riches couleurs - Non, dit la petite goutte d’eau, non, laisse-moi continuer ma route ; l’Océan est mon but. Un peu plus loin un rayon de soleil l’arrête encore en lui disant : - laisse-moi me jouer dans tes eaux. - Non, non, non, dit la petite goutte d’eau fidèle, laisse-moi, laisse-moi, laisse-moi ; ma route est tracée, je ne puis m’arrêter… La petite goutte d’eau, c’est votre âme, l’Océan c’est Dieu, le Fleuve c’est la vie ; la fleur et le rayon de soleil ce sont les créatures qui parfois nous sont un obstacle si nous ne passons pas outre.

 

Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 8, éditions Nouvelle Cité, pages 36-37.

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 20:42

                                                             Dieu vraiment père

     Deux grandes règles vis-à-vis du prochain : I° agir envers le prochain comme Notre-Seigneur agirait envers lui à notre place ; II° en tout malheureux voir Notre-Seigneur souffrant (Mt 26). On peut ajouter une 3e règle : faire pour le prochain ce qu’un bon père veut que ses enfants fassent les uns pour les autres… Réalité de la paternité de Dieu à l’égard de chaque homme : être père c’est produire un être semblable à soi : Dieu est donc bien plus vraiment notre père qu’aucun père humain : Lui seul produit, crée, est vraiment père. Il a donc, bien plus que les pères humains, les sentiments paternels ; Il a bien plus d’amour aussi, bien plus de cœur, de faculté d’aimer : Il aime donc chaque homme, comme père, d’un amour immense, d’un amour vraiment paternel, et divinement paternel, comme aime un Dieu qui est vraiment Père… Cet amour vraiment et seul vraiment et parfaitement paternel explique l’incarnation, la croix, l’envoi du Fils unique… et aussi l’amour si inexplicable aux yeux des mondains que Dieu veut entre tous les hommes : quand on nous frappe sur une joue tendre l’autre, si on veut nous prendre notre manteau donner aussi la tunique, jamais de procès, ne pas résister au mal mais se laisser faire : c’est ce qu’une mère veut que ses enfants fassent entre eux : de même et à plus forte raison Notre-Seigneur veut-il que ses enfants le fassent entre eux (Sg 10, 11).

 

Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 1, du 6 juin 1897, éditions Nouvelle Cité, pages 31-32.

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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 21:58

                                                                   Aumône

Nous avons tous à lutter sans cesse contre deux choses : la tiédeur dans l’amour de Dieu, et la tiédeur dans l’amour du prochain… cette double froideur attaque nos deux plus grands devoirs, l’amour de Dieu et celui du prochain. - L’amour de Dieu est le plus important… mais l’amour des hommes lui est si lié que l’un ne va jamais sans l’autre… Comment aimer Dieu si on n’aime pas ses enfants… le meilleur moyen d’acquérir l’amour de Dieu est de pratiquer la charité envers les hommes… Voyons Notre-Seigneur dans tout être humain : Il veut cela : Mt 26… Aimons les pauvres, faisons leur l’aumône dans la mesure où nous le permet notre état : privons-nous autant que possible, vivons du moins possible pour leur donner davantage : c’est un des côtés les plus entraînants de la sainte pauvreté : par là elle est si unie à la charité, à la charité envers les hommes et à la charité envers Dieu, qu’on ne conçoit pas la charité parfaite sans la plus excessive pauvreté (sauf la cas où des devoirs d’état absolus s’y opposent… et encore). – Aumône de la prière, de la pénitence envers les pécheurs, les âmes du purgatoire, tous les hommes (la prière pour tous les hommes, ordonnée par l’Esprit Saint dans saint Paul, enseignée par Notre-Seigneur, dans le Pater, fut la prière constante de Notre-Seigneur)… Aumône des bonnes paroles, des procédés charitables, des conseils, des réprimandes, des consolations, selon notre état…

Charles de Foucauld, « Voyageur dans la nuit, notes de spiritualité 1888-1916 », note détachée n° 1, du 6 juin 1897, éditions Nouvelle Cité, pages 31-32.

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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 08:12

 

    Le Bulletin trimestriel n° 167 des Amitiés Charles de Foucauld est à l'impression et sera livré dans quelques jours.

    Il contient en particulier le texte intégral du décret de béatification de Charles de Foucauld, ainsi qu'une présentation de l'amitié entre le géographe Henri Duveyrier et Charles de Foucauld, illustrée par quelques lettres de ce dernier.

   La "Précision" porte cette fois sur le contenu exact et intégral de l'oeuvre scientifique de Charles de Foucauld, trop souvent ramenée à tel ou tel des livres dus à son travail, fruit de "la sainteté de son inrelligence" selon l'expression utilisée en l'occurrence par Mgr Charles Molette.

 

Le Bulletin des Amitiés Charles de Foucauld

56 rue du Val d'Or, 92150 Suresnes

Abonnement 30 €. 

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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 21:31

Amitiés croisées

 

Le 24 novembre 2006, s’est tenue à l’Université catholique de l’Ouest, à Angers, avec le concours des archives départementales de Maine-et-Loire, une journée d’étude intitulée « Charles de Foucauld et l’Anjou » (voir nos pages des 14 octobre et 5 novembre 2006).

 

Les Actes de ce colloque viennent de paraître aux éditions Cheminements (1 bis rue du Moulin à Vent – Bron – 49260 Le Coudray-Macquard), sous le titre « Charles de Foucauld, Amitiés croisées », au prix de 20 €.

Les principales communications au sommaire de ces Actes sont les suivantes :

1) Officiers et cavaliers : l’école de cavalerie de Saumur à l’époque de Charles de Foucauld.

2)  Henry de Castries (1850-1927) : ami et correspondant de Foucauld, officier, islamologue, géographe, arabisant et historien du Maroc, qui fut conseiller général du département de Maine-et-Loire pendant trente cinq ans.

 

3) Lettres à Henry de Castries : le recueil des 48 lettres de Charles de Foucauld à Henry de Castries, présenté par Madame Josette Fournier, Professeur des universités et membre de l’Académie d’Angers, coordinatrice des travaux de la journée d’étude et de ses Actes.

 

4) La postérité sacerdotale de Charles de Foucauld : le rôle de Guy Riobé dans ses choix initiaux : issu d’une famille bien connue à Angers, vicaire général du diocèse d’Angers avant de devenir évêque d’Orléans, à l’origine de la Fraternité sacerdotale Jésus-Caritas.

 

5) Ludovic Girault (1853-1941) : Père blanc, explorateur de l’Afrique orientale, condisciple angevin de René Bazin, qui joua un rôle majeur dans la documentation de l’ouvrage de ce dernier.

6) La biographie de Charles de Foucauld par René Bazin dans les journaux et les revues au début des années 20.

Á signaler enfin, dans cet ouvrages de 272 pages de textes, un important cahier central de 64 pages d’iconographie variée sur tous les thèmes du colloque.

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 23:50

La construction du bordj de Tamanrasset

 

Il semble intéressant de revenir sur la question du « Bordj », ce bordj qui joua un si grand rôle dans la vie de Charles de Foucauld et qui fait encore l’objet de trop de commentaires erronés. Cette question devrait être bien connue… et pourtant, n’entendons-nous pas fréquemment, dans les présentations faites aux visiteurs du bordj, qu’ « il (Charles de Foucauld) le fit construire avec le concours de la main d’œuvre militaire… » ? Ce qui est faux, mais justifie pour beaucoup que l’on parle de compromission de Charles de Foucauld  avec la « Res militaris ». Or, les documents sont formellement clairs, il est bon de le rappeler une fois encore !

 

1er point : en 1915, quand Charles de Foucauld envisage cette construction, il n’y a pas de militaires à Tamanrasset. Les militaires, à effectifs toujours réduits par suite de la nomadisation habituelle du Groupe du Hoggar dans l’Adrar des Ifoghas ou dans l’erg Admer, à 3 ou 400 kilomètres au Sud ou à l’Est, résident à Fort-Motylinski, à 70 kilomètres de Tamanrasset. Les menaces contre les populations sont permanentes et réelles, elles proviennent des rezzous venant des confins marocains, ou des rebelles libyens de la confrérie des Senoussi (rappelons que l’Adrar des Ifoghas, soumis en été aux bénéfices de la mousson, est une zone de pâturages très connue des tribus « touareg »).

   2ème point : c’est le 9 juin 1915 qu’on voit apparaître dans le carnet de Charles de Foucauld la mention laconique : « Commencé château (sic) ». Charles vit seul à Tamanrasset, avec Paul son employé haratin, et la population est en grande partie dans les pâturages ; ne restent à Tamanrasset que les vieillards, les femmes et les enfants. Le début de ces travaux doit correspondre à la confection des briques, travail de longue haleine puisqu’il s’agit de modeler ces briques dans un mélange d’argile et de paille, séché au soleil.

3ème point : le 5 août, le lieutenant de la Roche, récent commandant du poste de Motylinski, passe à Tamanrasset en rejoignant le Groupe en Adrar, et note dans son journal de marche, page 176 : « Tamanghasset 8 h 30, R. P. de Foucauld ; le saint homme construit à ses frais une kasbah où les touareg pourront se réfugier en cas d’attaque. De qui ? Je l’ignore… toujours les mêmes histoires que j’écoute par respect, mais dont probablement je ne tiendrai pas compte. Pour le vénérable prêtre, le Hoggar se résume à une seule tribu, les Dag R’ali et encore, parmi eux, il n’y a qu’un homme digne d’intérêt, Ouksem » (NDLR : Ouksem, autochtone influent de Tamanrasset où  d’ailleurs il se fait construire une maison, et que Charles de Foucauld, depuis 1913, voit presque chaque jour). Cette déclaration montre bien le désintérêt du lieutenant de la Roche pour la construction du bordj.

 

4ème point : le 17 août, nouvelle mention laconique dans le diaire de Charles de Foucauld : « Commencé la construction en briques du château ». On n’a aucun détail sur le plan dudit château, ni son volume, ni son aspect extérieur ; bornons-nous à penser qu’il s’inspire des kasbah marocaines, bien connues de Charles. Aucune mention non plus sur la poursuite et l’achèvement des travaux ; mais notons qu’en mars-avril 1916, les événements inquiétants survenus à Djanet du fait des Senoussi ont dû faire accélérer les travaux et probablement déjà influencer Charles de Foucauld sur la destination du bordj (voir à ce sujet notre Bulletin Trimestriel n° 105 de janvier 1992, page 11).

 

5ème point : ce n’est que le vendredi 23 juin 1916, c’est à dire un an après le début des travaux, que la construction du bordj va connaître son épilogue : « Changé de domicile. Je m’installe sur la rive droite », mention que va expliciter une longue lettre à Laperrine, dans laquelle Charles de Foucauld explique les raisons de ce déménagement et le véritable pourquoi de cette construction qui, dans son projet primitif, n’était qu’« un petit refuge, une minuscule kasbah où la population de Tamanrasset put s’abriter au vas où des coureurs marocains viendraient jusqu’ici. »

Cette lettre, très intéressante, est à connaître parfaitement par tout pèlerin arrivant à Tamanrasset, et débutant son voyage par la visite du bordj, et le lecteur curieux se doit de se reporter à son texte intégral (Bulletin Trimestriel n° 105 de janvier 1992, pages 8 et 9). Elle authentifie toute la genèse de cette longue construction, qui ne doit rien à la main d’œuvre militaire, mais tout à la ténacité d’un homme seul, dont la mort, le 1er décembre 1916, infirmera le jugement du lieutenant de la Roche du 5 août 1915, cité plus haut.

 

Et c’est pour cela qu’il est bon de s’en tenir à la précision des dates, des faits et de la chronologie des événements.

 

 

Michel de Suremain, Président des Amitiés Charles de Foucauld

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 21:37

La punition de 1881

 

 

On écrit, à propos de sa vie militaire dissipée, que Charles de Foucauld encourut en mars 1881 une punition très grave « pour indiscipline doublée d’inconduite notoire ». Ces mots, toujours cités entre guillemets, laissent entendre qu’ils sont ceux de l’autorité militaire mettant le sous-lieutenant en non-activité par retrait de son emploi au 4ème Hussards, alors en garnison à Sétif, en Algérie. 

 

Il est vrai que la punition qui fut infligée à Charles de Foucauld le 20 mars 1881 venait à la suite de son comportement qui manifestait à la fois une désobéissance, donc une indiscipline, et une conduite extérieure répréhensible. Depuis juillet 1880, où on lui avait reproché de « s’être promené en ville, étant de semaine, en tenue bourgeoise, avec une femme de mauvaise vie », il avait continué à manifester son intention de garder cette compagne. Ceci se passait à Pont-à-Mousson, mais cette obstination avait été renforcée, et devenait intolérable pour l’autorité, quand il fit venir cette personne jusqu’en Algérie au moment où son régiment, le 4ème Hussards, y avait été muté. Il persistait à vivre avec elle malgré les injonctions réitérées de son Colonel d’avoir à la quitter et malgré plusieurs punitions graves, dont la dernière fut de 30 jours de prison militaire qu’il effectua à Constantine en janvier 1881. Les mots utilisés : « pour indiscipline doublée d’inconduite notoire », employés pour caractériser la punition extrême du 20 mars, conviennent à la situation dans laquelle Foucauld s’était enfermé, mais, si l’on veut être précis, il ne faut pas les citer entre guillemets, comme étant les termes officiels du motif de la sanction.

La première fois qu’on trouve cette formule chez les biographes, c’est à la page 54 de l’ouvrage de Paul Lesourd La vraie figure du Père de Foucauld paru en 1933 chez Flammarion. René Bazin en 1921, après avoir décrit l’attitude inflexible de Foucauld, s’était contenté de cette conclusion : « se fait mettre par le ministre en non-activité temporaire » (p. 13). Paul Lesourd, comme d’ailleurs René Bazin, n’avaient pas eu accès aux documents militaires encore protégés ; ils n’ont eu sur ce point que des témoignages, celui en particulier d’un camarade proche de Charles de Foucauld, le duc de Fitz-James, sous-lieutenant lui aussi au 4ème Hussards et arrivé à Pont-à-Mousson quelques mois plus tôt. Pour décrire dans son livre la vie des joyeux sous-lieutenants du régiment, Paul Lesourd s’est servi des souvenirs rédigés par Fitz-James ; or c’est dans ces notes de Fitz-James qu’on trouve la formule si répandue et souvent recopiée désormais : « …Et Rapport au Ministre, qui met le S. Lieutenant en non activité, pour indiscipline doublée d’inconduite notoire. » Pour une telle vérification, les Archives de la Postulation possède un double de ces « Souvenirs du Duc de Fitz-James relatifs au Père de Foucauld » : on y constate que c’est là que Paul Lesourd a puisé, en citant textuellement ou en rapportant l’idée exprimée, pour ses pages 50-63, 74, 142-145, et passim pour les lettres de Foucauld à Fitz-James.

Les Rapports militaires – qui n’ont été mis en communication publique que beaucoup plus tard - signalent que cet officier a reçu l’ordre « d’avoir à se séparer de sa concubine » et insistent surtout sur le refus d’obtempérer exprimé par le sous-lieutenant. On peut lire le Rapport du Colonel de Poul du 14 février 1881 dans Lettres à un ami de lycée, Nouvelle Cité, 1982, p. 193-195. Même présentation dans le Rapport du général Osmont, Commandant le 19e Corps d’Armée au Ministre de la Guerre, daté du 22 février 1881, rendu public pour la première fois à l’Exposition sur Charles de Foucauld organisée par la Direction des Archives de France en 1958 (Catalogue n° 53) et dont voici les termes : « Mis en demeure par moi de faire connaître s’il était disposé à obéir à l’ordre qu’il avait reçu d’avoir à se séparer de sa concubine, M. de Foucauld a répondu par écrit qu’il était dans l’intention de la garder. Il importe, pour l’exemple, que cet acte d’indiscipline soit sévèrement puni. En conséquence, j’estime qu’il y a lieu de mettre en non-activité, par retrait d’emploi, l’officier dont il s’agit. » Quant au Rapport fait au Ministre de la Guerre le 7 mars 1881 par le Bureau de la Cavalerie (Catalogue, n° 54, qui reprend en commentaire la formule de Lesourd), il y est dit : « …D’après l’exposé ci-dessus, on estime qu’il importe dans l’intérêt de la discipline d’éloigner temporairement M. le sous-lieutenant de Foucauld des rangs de l’Armée. »

Conclusion : les mots « pour indiscipline doublée d’inconduite notoire » sont à citer comme commentaires d’auteur, mais n’appartiennent pas aux textes officiels

Si l’on veut, on peut aussi, en se plaçant du côté de l’intéressé, préférer cet aveu écrit, non sans bravade, à son ami Tourdes quelques mois plus tard : « Sfid, 2 octobre 1881, Mon vieux Gabriel, …J’ai, comme tu le sais, quitté le 4ème Hussards au mois d’avril (affaire de femme). J’avais d’ailleurs provoqué moi-même ma non-activité. Sétif était une vilaine garnison et le métier m’ennuyait. » (Lettres à un ami de lycée, p. 116). 

    Pierre Sourisseau, in Bulletin n° 166 des Amitiés Charles de Foucauld, avril 2007.

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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 21:59

«  Un soldat ouvrit son côté avec sa lance

et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34)

 

« Que Vous nous aimez, ô Cœur de Jésus ! Il ne Vous a pas suffi de contenir tous les hommes, ces hommes si ingrats, pendant toute votre vie, Vous avez voulu encore leur être ouvert et être blessé pour eux après votre mort ; Vous avez voulu porter éternellement cette blessure comme signe de votre amour, comme signe que votre Cœur est toujours ouvert à tous les vivants, est toujours prêt à les recevoir, à leur pardonner, à les aimer…

« Par cette ouverture béante, Vous appelez éternellement tous les hommes à croire à votre Amour, à avoir confiance en lui, à venir à Vous, si souillés qu’ils soient : à tous, tous, même aux plus indignes, votre Cœur est ouvert ; pour tous, tous, il a été percé ! Vous aimez tous les vivants, Vous les appelez tous à Vous, Vous leur offrez à tous le salut jusqu’à leur dernière heure, leur dernier instant… Voilà ce que Vous nous dites, Vous nous criez éternellement par cette bouche béante de votre Cœur, ô tendre Jésus ! » 

 

Charles de Foucauld, Méditation n° 520 sur les saints Évangiles, in « L’imitation du Bien-aimé », nouvelle cité, page 282.

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