Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Texte libre

Pour vos échanges avec La Frégate, deux moyens :

1. utiliser la fonction commentaire qui se trouve au bas de chaque article ;

2. envoyer votre adresse électronique dans l'espace Newsletter prévu à cet effet sur la droite de l'écran.

N'hésitez pas !

LT

Recherche

Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

Archives

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 23:34

Le commandant Lehuraux et la Messe de Charles de Foucauld

 

        « La chapelle était d’une exiguïté inimaginable. Trois ou quatre personnes au plus pouvaient s’y tenir debout. Tout, d’ailleurs, dans cet oratoire, était à une échelle lilliputienne : l’autel, simple table en bois blanc façonnée avec des planches provenant de caisses à vivres ; le calice ; les tableaux du chemin de croix finement dessinés par le Père lui-même. Seul un Christ, également dessiné par l’ermite sur une toile blanche, avait des proportions presque normales. Et au-dessus de l’autel ce Christ, dont la tête inclinait douloureusement, frappait et troublait les chrétiens de passage à Tamanrasset qui venaient se recueillir devant cette image du Sauveur, dans ce décor de la primitive Église.

     « Car, sauf quelques rares exceptions, tout Français saharien, que les hasards des reconnaissances amenaient dans ce centre, se faisait un devoir d’assister à la messe du Père de Foucauld, quelles que fussent ses convictions religieuses.  Je n’ai pas besoin de consulter mes notes pour me remémorer l’émotion indicible qui s’emparait de tous, croyants, indifférents ou sceptiques, en présence de ce prêtre revêtu de l’aube toute blanche, d’un manipule en linon, d’une chasuble en soie ayant pour toute broderie un cœur couronné d’épines, et qui réveillait en nous les souvenirs de notre jeunesse, de la petite église de notre village de France. C’est à peine si l’on remarquait le singulier enfant de chœurs Paul-Embarek qui portait sur sa gandoura de toile un collier fait d’objets les plus hétéroclites : boutons d’uniforme en cuivre, verroteries multicolores et surtout une collection de petits sachets en cuir et en métal qui renfermaient des versets du Coran ainsi que d’incompréhensibles incantations d’un sorcier du pays destinées à éloigner les mauvais génies (1).

     « Nous étions comme hypnotisés par l’officiant psalmodiant dans un murmure la cérémonie liturgique et qui, au moment du Confiteor, prononçait le mea culpa en se frappant violemment la poitrine. Il émanait vraiment de cet homme de Dieu une puissance d’évocation, une lumière surnaturelle qui irradiait la foi profonde de son âme et étreignait les assistants longtemps après avoir quitté le saint lieu. » 

  

     C’est ainsi que le Commandant Léon Lehuraux (1885-1956), officier méhariste, écrivain et ethnologue, raconte ses impressions face à la chapelle et à la Messe de Charles de Foucauld à Tamanrasset, dans son livre de 1944 : " Au Sahara avec le Père Charles de Foucauld ", éditions Baconnier, Alger. (On trouve ce passage pages 80 et 81 de l'édition de 1946 par les éditions Saint-Paul à Paris)

 

(1) NDLR : catéchumène, Paul Embarek n’a finalement jamais été baptisé par le Père de Foucauld.


Rappel : consulter l'appel lancé par le Postulateur, au 22 mai dans ces pages. Les besoins financiers de la Cause sont encore de 4 700 € pour cette année. Merci de votre don.


Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans La Frégate
commenter cet article
6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 21:07

 Témoignage du Commandant Léon Lehuraux

 

     Officier méhariste, écrivain et ethnologue, Léon Lehuraux (1885-1956) eut l'occasion de visiter Charles de Foucauld à Tamanrasset, avant de devenir Directeur des Territoires du Sud de l'Algérie. Il évoque ses souvenirs foucauldiens dans un livre de 1944 : " Au Sahara avec le Père Charles de Foucauld ", éditions Baconnier, Alger.

 

     " Dès les premiers jours de son arrivée à Tamanrasset (1), le Père de Foucauld fit dresser une zeriba, cabane en branchages, pour s'abriter, et il se mit en devoir de construire, sur la rive gauche de l'oued, un ermitage en briques (2), avec l'aide de son domestique-sacristrain Paul Embarek et de quelque harratins (3), heureux et surpris de recevoir, pour la première fois, le paiement de leur labeur.

     " Cette construction ne présentait pas les dimensions de celle de Beni Abbès. L'ermite avait-il déjà moins confiance dans l'espoir si ardemment caressé d'avoir des compagnons ? Beni Abbès n'ayant tenté aucun prosélyte, n'était-il pas téméraire de penser que la vie ascétique dans le centre du désert attirerait des vocations ? Le Père ne fit sans doute pas de telles réflexions, mais il donna à sa nouvelle Fraternité un cadre plus restreint.

     " Elle comprenait une pièce unique, rectangulaire, sorte de boyau d'une quizaine de mètres de longueur sur deux de large qui servait à la fois de chambre à coucher, de salle à manger, de cabinet de travail, de bibliothèque, de magasin à vivres et, à l'occasion, d'entrepôt où des Français de passage et même des Touaregs déposaient provisoirement leurs maigres bagages. Un des côtés, séparé du reste du local par une tenture, était réservé à la chapelle. "C'est un peu étrange, mais très commode", disait l'ermite.

     " On ne pouvait circuler dans cette pièce appelée " la frégate " par son locataire, que par un étroit couloir médian, non sans peine d'ailleurs. C'est dans ce couloir, sur une simple natte, que le Père s'étendait la nuit pour consacrer quelques heures au sommeil et ce n'est que plusieurs années après, à la suite d'une grave maladie qui faillit l'emporter, que Laperrine le contraignit à se coucher sur un lit de camp. Je ne suis pas certain, pour ma part, que le Père de Foucauld utilisa jamais cet accessoire que lui envoya son ami ".

 

     (On trouve ce passage pages 79 et 80 de l'édition de 1946 par les éditions Saint-Paul à Paris)

 

(1) NDLR : c'est le 11 août 1905 précisément que Charles de Foucauld  s'est installé à Tamanrasset (cf. Carnets de Tamanrasset, nouvelle cité, page 48).

(2) id : plus exactement en pierres (ibid., page 49).

(3) id : esclaves noirs des touaregs.


 

Rappel : consulter l'appel lancé par le Postulateur, au 22 mai dans ces pages.

Les besoins financiers de la Cause sont encore de 4 700 € pour cette année. Merci de votre don.


Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans La Frégate
commenter cet article
12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 15:26

     Que reste-t-il de Charles de Foucauld à Tamanrasset ?

     Dans un texte écrit le 8 juin 2005, c'est-à-dire 5 mois avant la béatification de Charles de Foucauld, le Frère Antoine Chatelard, des Petits Frères de Jésus, répond à cette question avec toute la compétence de celui qui a vécu de nombreuses années à Tamanrasset

     " Après un temps de rejet et d’indifférence, la personne de Charles de Foucauld trouve son vrai visage et sa place dans l’histoire locale. On se félicite de sa béatification annoncée. En effet, laissant de côté le contexte colonial de l’époque, ceux qui s’intéressent au travail scientifique ou simplement à la valeur humaine de cet homme peu ordinaire et ceux qui ont pu découvrir sa dimension spirituelle ne peuvent que se réjouir de cette reconnaissance officielle. Á Tamanrasset, on voit déjà les conséquences heureuses que cette publicité nouvelle pourrait avoir pour l’économie locale si liée au tourisme international. D’autres pensent aux rencontres interculturelles que cette année pourrait permettre d’organiser.

" En 1963, le corps de Laperrine était transféré en France dans le caveau de famille à Carcassonne. Le corps de Charles de Foucauld avait été transporté près d’El Goléa depuis 1929. Que reste-t-il de lui à Tamanrasset ? Dans un développement incroyable de la ville, il reste les lieux où il a vécu. Aujourd’hui des pèlerins et de simples visiteurs, de plus en plus nombreux, viennent de tous les coins du monde s’y recueillir en essayant de comprendre ce qui a pu amener un homme aussi exceptionnel à s’installer dans ce « lieu délaissé ».

" Dans la « Frégate », où il a passé l’essentiel de ses onze années au Hoggar, ils peuvent retrouver l’âme de celui qui a fait construire cette misérable demeure qui lui servait d’oratoire, de chambre et de bureau. On ne peut qu’être impressionné par les dimensions et l’atmosphère de cet étroit couloir qui oriente vers l’autel.

                                                       

" Autre est le langage de la maison construite sur le sommet du plateau de l’Asekrem. Face à l’un des plus beaux paysages du monde, la vue que l’on a de là-haut produit son effet sur l’incroyant autant que sur le croyant qui se sent porté à adorer le Créateur. Personne ne reste indifférent au choix d’un tel emplacement qui révèle quelque chose de ce qu’était celui qui, le premier, eut l’idée de faire construire sa maison sur ce sommet. Depuis Tamanrasset, en quelques jours, les  marcheurs peuvent rejoindre ce haut-lieu pour un véritable pèlerinage.

" Dans le « bordj », où il a passé les cinq derniers mois de sa vie, une permanence est assurée chaque jour permettant à des milliers de visiteurs de se faire une idée de la vie et de la mort de celui qui fit construire cette casbah en terre par les habitants de Tamanrasset, et pour eux. Une exposition de photos permet de connaître le parcours de sa vie et, une autre, l’histoire du développement de la ville.

" Ici ce sont les lieux qui parlent et interpellent, empêchant d’en rester à l’émotion esthétique ou à la simple admiration. Ils invitent à découvrir le secret de la vie d’un homme. Ce qu’il a dit de sa propre expérience, au contact de musulmans, peut s’appliquer à lui car « la vue de cette foi, de cette âme vivant dans la continuelle présence de Dieu peut faire  entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines »."

(extrait d'un article publié par le Bulletin trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld, n° 159, juillet 2005)

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans La Frégate
commenter cet article
30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 18:05

"La Frégate", tel est le surnom donné au premier ermitage

du Bienheureux Charles de Foucauld (15/09/1858-1/12/1916)

à Tamanrasset (Algérie).

 

« Commencé à construire chapelle. J'aurai une maison en pierre, servant d'Église et de Sacristie, et une hutte en paille servant de dortoir, réfectoire, cuisine, parloir, chambre d'hôte, etc... La maison a à l'intérieur, 6 mètres de long et 1,75 mètre de large ; elle est divisée en deux pièces égales, l'une servant de chapelle, l'autre de sacristie »  écrit-il dans son Carnet le 19 août 1905.

______________________________________________________________________________________

 

Ces pages seront consacrées à faire connaître l'oeuvre et la personnalité du Père Charles de Foucauld, béatifié à Rome le 13 novembre 2005.

________________________________________________________________________________________________

On y trouvera peu à peu :

  • des textes de Charles de Foucauld (Textes du Bx)
  • des textes sur Charles de Foucauld (Textes sur le Bx)
  • l'annonce d'événements relatifs à Charles de Foucauld (Evénements)
  • des présentations de livres (Livres)
  • des annonces ou comptes rendus de conférences (Conférences)
  • un suivi de l'actualité foucauldienne (Actualités)
  • des informations en provenance de la Postulation (Postulation)
  • des réponses à vos commentaires et questions (Questions)
  • des informations sur la famille spirituelle foucauldienne (Famille spirituelle)
  • et tout ce qui pourra surgir de la vie et de la diffusion de ce blog

                          ces pages sont gérées par :

                                           Laurent Touchagues,

                                           Directeur du Bulletin des Amitiés Charles de Foucauld

 

« Il faut passer par le désert... temps de grâce, période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer ; il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout créé au milieu desquels Dieu établit en elle son règne, et forme en elle l'esprit intérieur, la vie intime avec Dieu, la conversation de l'âme avec Dieu dans la foi, l'espérance et la charité. » (Charles de Foucauld, Cette chère dernière place, éditions du cerf, 1991, lettre au Père Jérôme, mai 1898, p. 182-183).

 

Seigneur, Père très saint,

Vous qui avez appelé le bienheureux Charles, prêtre,

à imiter Votre Fils, Jésus de Nazareth,

nous Vous en prions, accordez-nous, par son intercession,

que, nourris de l'Eucharistie,

nous progressions chaque jour

vers une charité chrétienne plus profonde

et une fraternité universelle.

Par Jésus-Christ Notre Seigneur.

 

(Texte de la Collecte en l'honneur du Bienheureux Charles de Foucauld, prêtre, approuvé le 4 Février 2006 et donné au Siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Monseigneur Mario MARINI Sous-Secrétaire, Prot. N. 1625/05/L)

 

 

 

 

Repost 0
Published by Laurent Touchagues - dans La Frégate
commenter cet article