mon blog diffuse de l'information concernant la personnalité, la vie et l'oeuvre de Charles de Foucauld (1858-1916) ainsi que tout ce qui concerne les activités et parutions en lien avec lui.
Que reste-t-il de Charles de Foucauld à Tamanrasset ?
Dans un texte écrit le 8 juin 2005, c'est-à-dire 5 mois avant la béatification de Charles de Foucauld, le Frère Antoine Chatelard, des Petits Frères de Jésus, répond à cette question avec toute la compétence de celui qui a vécu de nombreuses années à Tamanrasset :
" Après un temps de rejet et d’indifférence, la personne de Charles de Foucauld trouve son vrai visage et sa place dans l’histoire locale. On se félicite de sa béatification annoncée. En effet, laissant de côté le contexte colonial de l’époque, ceux qui s’intéressent au travail scientifique ou simplement à la valeur humaine de cet homme peu ordinaire et ceux qui ont pu découvrir sa dimension spirituelle ne peuvent que se réjouir de cette reconnaissance officielle. Á Tamanrasset, on voit déjà les conséquences heureuses que cette publicité nouvelle pourrait avoir pour l’économie locale si liée au tourisme international. D’autres pensent aux rencontres interculturelles que cette année pourrait permettre d’organiser.
" En 1963, le corps de Laperrine était transféré en France dans le caveau de famille à Carcassonne. Le corps de Charles de Foucauld avait été transporté près d’El Goléa depuis 1929. Que reste-t-il de lui à Tamanrasset ? Dans un développement incroyable de la ville, il reste les lieux où il a vécu. Aujourd’hui des pèlerins et de simples visiteurs, de plus en plus nombreux, viennent de tous les coins du monde s’y recueillir en essayant de comprendre ce qui a pu amener un homme aussi exceptionnel à s’installer dans ce « lieu délaissé ».
" Dans la « Frégate », où il a passé l’essentiel de ses onze années au Hoggar, ils peuvent retrouver l’âme de celui qui a fait construire cette misérable demeure qui lui servait d’oratoire, de chambre et de bureau. On ne peut qu’être impressionné par les dimensions et l’atmosphère de cet étroit couloir qui oriente vers l’autel.

" Autre est le langage de la maison construite sur le sommet du plateau de l’Asekrem. Face à l’un des plus beaux paysages du monde, la vue que l’on a de là-haut produit son effet sur l’incroyant autant que sur le croyant qui se sent porté à adorer le Créateur. Personne ne reste indifférent au choix d’un tel emplacement qui révèle quelque chose de ce qu’était celui qui, le premier, eut l’idée de faire construire sa maison sur ce sommet. Depuis Tamanrasset, en quelques jours, les marcheurs peuvent rejoindre ce haut-lieu pour un véritable pèlerinage.
" Dans le « bordj », où il a passé les cinq derniers mois de sa vie, une permanence est assurée chaque jour permettant à des milliers de visiteurs de se faire une idée de la vie et de la mort de celui qui fit construire cette casbah en terre par les habitants de Tamanrasset, et pour eux. Une exposition de photos permet de connaître le parcours de sa vie et, une autre, l’histoire du développement de la ville.
" Ici ce sont les lieux qui parlent et interpellent, empêchant d’en rester à l’émotion esthétique ou à la simple admiration. Ils invitent à découvrir le secret de la vie d’un homme. Ce qu’il a dit de sa propre expérience, au contact de musulmans, peut s’appliquer à lui car « la vue de cette foi, de cette âme vivant dans la continuelle présence de Dieu peut faire entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines »."
(extrait d'un article publié par le Bulletin trimestriel des Amitiés Charles de Foucauld, n° 159, juillet 2005)