mon blog diffuse de l'information concernant la personnalité, la vie et l'oeuvre de Charles de Foucauld (1858-1916) ainsi que tout ce qui concerne les activités et parutions en lien avec lui.
« Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons... » (Mt 6, 12)
Après avoir prié Dieu pour ce qui fait la fin de la vie de Notre Seigneur et de la nôtre, après lui avoir demandé ce qui est le plus nécessaire pour atteindre cette fin et le lui avoir demandé pour tous les hommes, après avoir poussé vers lui un soupir de désir en lui demandant ce pain de l'Eucharistie qui est lui-même, nous nous souvenons, après être montés si haut, de ce que nous sommes, de la misère infinie de notre âme qui a de telles aspirations, de tels désirs, de tels besoins, une telle fin... et à cette vue, nous disons : « Ayez pitié de nous, car nous sommes pécheurs »... Nous demandons pardon de toute notre âme et pour nous et pour tous ceux qui ont offensé Dieu : nous voyons combien nos péchés sont horribles, combien ils sont en horreur à Dieu, combien ils l'outragent, l'insultent, combien Notre Seigneur a souffert dans son Coeur de chacune de ces offenses faites à son Père, quelles souffrances il a voulu subir pour les expier, quel prix elles lui ont coûté... et alors entrant dans les sentiments de Notre Seigneur nous demandons pardon à Dieu avec humilité et repentir, pardon de nos crimes : la douleur de l'avoir offensé nous-mêmes, la douleur de le voir offensé par d'autres s'exhale de nos lèvres par ce cri : « Pardonnez-nous nos offenses ! »... Et en même temps comme nous sentons qu'on ne peut sérieusement demander pardon à un autre si soi-même on ne pardonne pas, comme d'ailleurs nous voyons clairement que toutes les injures qu'on pourrait nous faire ne sont rien à côté de celles que nous avons faites à Dieu, nous protestons que nous pardonnons, que nous regardons comme rien le mal qu'on a pu nous faire, que nous n'avons pas un regard pour lui, que nous l'avons oublié ; ... et nous supplions Dieu de nous pardonner, lui aussi nos offenses énormes envers lui... Le pardon comme la grâce, on le demande, non pour soi seul, mais pour tous les hommes.
(Ch. De Foucauld, L'esprit de Jésus, méditations 1898-1915, nouvelle cité, 1978, p. 32-33)