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mon blog diffuse de l'information concernant la personnalité, la vie et l'oeuvre de Charles de Foucauld (1858-1916) ainsi que tout ce qui concerne les activités et parutions en lien avec lui.

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Témoignage du sculpteur (2)

Témoignage du sculpteur de la statue 

de Charles de Foucauld

inaugurée à Strasbourg le 25 novembre 2006

(suite)   

         Les photographies du Père de Foucauld nous montrent un homme plutôt petit de taille, enveloppé dans une bure rugueuse et usée. Moi, j’ai voulu le faire grand, noble et beau pour que le passant soit attiré par sa sainteté. Ce qui comptait surtout pour moi, c’était l’intensité du regard, doux, souriant, miséricordieux, avec ce brin de mélancolie du Ciel (qui est certainement dû à son impatiente aspiration d’accéder à la visions béatifique). 

J’ai à plusieurs reprises changé le modelage des yeux, pour arriver à l’intensité de ce regard, humble et plein de bonté.

Sœur Annette, de Rome, m’avait conseillé de ne pas copier les cheveux de l’image d’Épinal du Père de Foucauld, car la photo avait été retouché par les religieuses avec un rajout de cheveux.

D’autre part, j’ai donné volontairement une légère inclination du corps vers l’avant avec la tête un tantinet penchée et la bure soulevée par le vent du désert, comme un symbole du souffle de l’Esprit Saint, pour donner plus de mouvement à l’attitude, accentué par un léger « contrapposto » (déhanchement). Au départ, j’avais également modelé des sandales en cuir sur les pieds de l’ermite, mais cela cachait l’esthétique anatomique du pied. Avec les pieds nus, j’ai voulu donner plus d’humilité, de pauvreté et de ressemblance avec son Maître Jésus

Après le visage, j’ai particulièrement travaillé les mains qui doivent être absolument sublimes chez un homme de prière, et aussi les pieds, qui dénotent une ferme et inébranlable stabilité de l’apôtre au désert ; ensuite, le chapelet, avec un bas-relief de la Vierge et les drapés aux plis courbes, bien lissés de la bure. Plus tard, j’ai retouché la cire pour la préparation de la fusion en bronze, qui fut excellente. Pour la patine, j’ai tenu compte du grès rose de la façade de l’église Saint-Pierre-le-Jeune, dont on retrouve légèrement la couleur sur le bronze.

Cette œuvre, créée dans le silence de mon atelier, a changé ma vie intérieure et m’a rapprochée encore plus du Christ, mais j’ai compris aussi que le beau sera toujours un pont vers le spirituel.

Daphné DU BARRY

Dame de l’Ordre de Saint-Sylvestre

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