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Bienvenue dans ce lieu virtuel qui porte le nom de l'ermitage de Charles de Foucauld à Tamarasset !

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 22:27

Méditation de Charles de Foucauld pour le Mercredi des Cendres de l'année 1898

 

23 FÉVRIER – Mercredi des Cendres. – Saint Pierre Damien, confesseur, évêque, cardinal, docteur de l’Église († 1072).

 

Mon Seigneur Jésus, voici la dernière nuit que vous allez passer à Nazareth avant votre baptême, la dernière nuit de votre vie cachée, la dernière nuit de cette première partie de votre vie, de votre tranquille et douce obscurité de Nazareth… Encore une nuit à passer en prière avec la très sainte Vierge comme vous en avez tant passées, et puis ce sera fini pour jamais… Vous passerez encore des nuits en prière, des nuits en prière avec votre mère, mais plus jamais dans cette obscurité, dans cette retraite, dans cette solitude non seulement du lieu mais de l’âme, inconnu à tous excepté à elle, oublié de tous excepté d’elle… La volonté de Dieu se fasse… quelle qu’elle soit, elle est bénie… C’est le bien qui sortira de ces douleurs, la gloire de Dieu ; pour qu’il soit servi, que vous soyez aimé, il faut que vous vous fassiez connaître… et puisque vous vous êtes fait homme, ô mon Seigneur, il faut que vous souffriez, puisque c’est une loi universelle depuis Adam que les hommes ne peuvent faire du bien sur la terre qu’au prix de beaucoup de peine, « à la sueur de leur font »… Demain vous quitterez cette bourgade qui vous a abrité, caché, possédé trente ans…

                                                                                               (à suivre)

 

Source : Considérations sur les fêtes de l’année, nouvelle cité, 1987, page 142.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 20:18

En tournée, notes du carnet de Beni Abbès.

 

      21 - Ce matin (1), placé la Ste Réserve dans le Tabernacle. Depuis mon départ de Beni Abbès j'ai pu, grâce à Dieu, célébrer la Ste Messe tous les jours.

     A partir d'aujourd'hui je commence à prendre des leçons de tamahaq (2) de Mohamed Abd el Qader, homme des Settaf qui a longtemps voyagé chez les Touareg et résidé à Tombouktou (sic).

     Pour entrer en relations avec les Touareg il me faut leur faire des aumônes : pour suivre les officiers dans leurs tournées, il me faut un méhari (3) et un chameau de bât. Bien que Raymond (4) m'ait très affectueusement et généreusement offert tout ce qu'il faudrait pour mes voyages, je pense mieux faire en demandant ce qui me manque (1000 francs : soit 500 francs aumônes ; et 500 francs chameaux) à Marie de B. (5) Il me semble que , devant Dieu, c'est le mieux, car nul mieux qu'elle n'est capable de bien interpréter ma demande, connaissant comme elle fait le fond de mon âme, et cela ne lui est pas une gêne. Je lui ai donc écrit d'Adrar pour lui demander cette somme (d'ici à six mois), en la priant de l'envoyer directement au Capitaine Chef du Bureau arabe de Beni Abbès.

 

     Source : Carnet de Beni Abbès (1901-1905), nouvelle cité, 1993, page 91.

 

 

     Notes de LT :

     (1) 21 février 1904.

     (2) La langue des Touareg.

     (3) Dromadaire de monte.

     (4) Raymond de Blic, son beau-frère.

     (5) Sa cousine Marie de Bondy.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 22:20

21 février 1904

 

     Ma bonne chérie,

 

     Je pense à toi, je prie pour toi, je t'envoie ce petit mot, chemin faisant (1), par une occasion imprévue. Je ne puis t'écrire qu'une ligne, mais elle te dira que je t'aime de tout mon coeur, que je prie de mon mieux pour toi, Raymond et les enfants ; que mon voyage se poursuit bien ; je suis bien portant et content. Prie pour moi... afin que je fasse le bien que JESUS demande de moi. Il y en a beaucoup à faire, et je me félicite de faire cette tournée...

 

     Fr. Ch. de Jésus

 

(1) Charles de Foucauld est en tournée dans l'Adrar et au Hoggar, avec son ami Laperrine, avec l'accord de ses supérieurs.

 

Source : Lettres à sa soeur Marie de Blic, Le livre Ouvert, 2005, page 129.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 21:30

Au colonel Louis Foucauld de Pontbriand, de Syrie (fin)

 

     Qu'il y a de douleurs sur la terre, mon pauvre Louis ! et que c'est triste de pouvoir si peu les soulager ! Merci des nouvelles que tu me donnes de la rue d'Anjou. J'espère que l'hiver se passera bien pour vous tous qui m'êtes si chers, auxquels je pense tant, auxquels je reste si uni... la distance n'est rien : elle sépare si peu nos cœurs !

     Rien de nouveau pour moi ; la vie se poursuit monotone et calme ; on tâche d'oublier qu'on a un corps et l'esprit vit avec Dieu pour L'admirer et L'aimer et avec les êtres qu'on chérit pour prier pour eux. C'est une douce vie toute d'amour : il n'y a de place que pour l'amour dans notre esprit et dans notre âme : nous ne vivons que dans lui et pour lui.

    

     Tu en as ta bonne part, tu le sais, mon cher Louis.

     Tout à toi en N.-S. Jésus-Christ

 

     Fr. Marie-Albéric.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 21:32

Lettre du 20 février 1896 au colonel de Foucauld de Ponbriant

 

Trappe de N.-D.-du-Sacré-Cœur

     Jésus

 

     Merci mon cher Louis de ta lettre du mois de décembre : merci de tes souhaits de bonne année : tu me souhaites tout ce qu'un Trappiste peut désirer : ce n'est pas peu de choses : c'est Dieu même que je désire dans cette vie et dans l'autre ; L'aimer, être aimé de Lui et le contempler éternellement dans l'autre vie, voilà ce que je désire : Tu vois que tes souhaits vont plus loin que la terre et que la vie et tu ne pouvais me faire de meilleurs souhaits que ce que tu le fais...

     Il est doux de parler de Dieu et de l'autre vie, mon cher Louis, cela est plus beau et plus consolant que de parler du pauvre monde. Ici nous avons été au milieu des massacres, des pillages, des assassinats... Notre qualité d'Européens nous a garantis, à tel point que non seulement nous n'avons couru aucun danger sérieux, mais encore que notre présence et celle d'une mission de Lazaristes à trois kilomètres de nous ont protégé les chrétiens des deux localités...

     Le pays est beaucoup plus tranquille maintenant : aussi tu n'as aucune inquiétude à avoir à mon sujet. Les autorités ont veillé avec le plus grand soin à notre sécurité ; et de plus tout le pays semble plus calme depuis quelques semaines... Mais il y a eu des horreurs : environ 100.000 massacrés probablement, de tout âge, de tout sexe, les populations les plus inoffensives, massacrées en bloc, froidement, par la troupe.

     Et pour les survivants, c'est une misère épouvantable : leurs villages ont été brûlés, tous leurs biens pris : ils sont sans abris, sans ressources, sans secours, entourés d'ennemis, au milieu de l'hiver, dans leurs montagnes couvertes de neige : c'est plus lamentable que tout ce qu'on peut imaginer...

     (à suivre)

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 21:01

L’église du baptême de Charles de Foucauld

 

On pense parfois que l’église du baptême de Charles de Foucauld, du nom de Saint-Pierre-le-Jeune, est l’église catholique strasbourgeoise qui porte actuellement ce nom. Mais ce n’est pas la réalité. Cette confusion a une explication toute simple mais qu’il faut connaître.

En 1858, la paroisse strasbourgeoise dont dépendaient les parents du jeune Charles avait comme église un édifice dédié à saint Pierre, édifice appelé « le Jeune » car Strasbourg avait déjà une autre église Saint-Pierre : « Saint-Pierre-le-Vieux », qui existe encore, à l’entrée de la vieille ville quand on arrive de la gare. D’après les guides historiques, l’église Saint-Pierre-le-Jeune, catholique à l’origine, passa au culte protestant dès les premières années de la Réforme. Sous Louis XIV, son chœur fut 3-place-Broglie-ou-se-trouvait-la-maison-natale.-Photo-LT.jpgrendu au culte catholique alors que sa nef demeurait vouée au culte protestant. À partir de 1895, l’église fut entièrement protestante.

Mais en 1858, la convention du « simultaneum », selon laquelle les cultes catholique et protestant pouvaient être célébrés dans un même édifice, se trouvait encore en vigueur à Strasbourg. Et c’est ainsi que, le 4 novembre 1858, en la fête de saint Charles, l’enfant, né le 15 septembre précédent et ondoyé le 17 septembre à domicile, 3 place Broglie (photo ci à gauche : la maison natale de Charles de Foucauld, devenue Banque de France ; photo ©L.Touchagues),  fut porté dans la partie catholique de l’église, devant les fonts baptismaux Fonts baptismaux St-Pierre-le-Jeune. Photo LT(photo ci-dessous : les fonts baptismaux du baptème de Charles de Foucauld ; photo © L.T.), et fut accueilli par le chanoine Œhl, curé de la paroisse, qui procéda aux cérémonies complémentaires du baptême prévues par le Rituel.

Les évènements de l’histoire tourmentée de la ville modifièrent les choses. Il fut décidé que cette église Saint-Pierre-le-Jeune, lieu du baptême de Charles de Foucauld, serait dorénavant l’église protestante de ce quartier du centre et que la paroisse catholique aurait une nouvelle église, gardant le même nom, construite dans un quartier assez proche mais plus à l’ouest, au-delà du canal, à côté du Palais de Justice. Il y a donc aujourd’hui à Strasbourg deux églises Saint-Pierre-le-Jeune, la plus récente étant l’église catholique, dont le parvis se trouve rue du Général de Castelnau.

Pour vénérer la mémoire de Charles de Foucauld, les Strasbourgeois ont choisi le site où est implantée maintenant cette église catholique Saint-Pierre-le-Jeune (photo ci-dessous : l'église catholique Saint-Pierre-le-Jeune, de nuit, avec devant elle la stèle éclairée portant la statue de Charles de Foucauld ; photo © L.T.).Strasbourg-12-14.10.2011-113.jpg Le 25 novembre 2006, une statue était inaugurée sur le parvis de Saint-Pierre-le-Jeune, et le 29 novembre 2008, pour marquer le 150ème anniversaire de la naissance de Charles de Foucauld, ce parvis recevait comme nom « Place Charles de Foucauld ». La place devant l’église protestante s’appelle, elle, « Place Saint-Pierre-le-Jeune ».

La confusion vient donc du fait que le lieu du baptême, pourtant bien établi, s’est comme déplacé, en toute clarté historique et canonique, l’acte du baptême étant conservé dans les archives paroissiales de l’église catholique Saint-Pierre-le-Jeune.

 

Laurent  Touchagues

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 19:33

À l’École Sainte-Geneviève (fin)

 

      C’est en octobre 1874 que Charles de Foucauld devient interne à Saint-Geneviève, dirigée alors par le Père du Lac. Il y arrive avec des habitudes d’indépendance et une fois religieuse ébranlée : il aura beaucoup de peine à se plier à la discipline et au règlement imposé ; son travail laissera fort à désirer.

      Dans une lettre à un ami, écrite en 1901, il ne cachera pas son appréciation sur cette période d’internat : « Vous savez ce que je pense de l’internat : bon pour beaucoup, il m’a été détestable. La liberté, au même âge, eut peut-être été pire et, en tout cas, je dois dire que j’ai retiré de cet internat une si profonde estime pour les jésuites que, même au temps où j’avais le moins de respect pour notre sainte religion, j’en conservais toujours une très profonde pour les religieux et ce n’est pas un petit bien » (1). Charles de Foucauld sera élève de Sainte-Geneviève, à Paris, jusqu’à mars 1876.

 

      Pour revenir à l’histoire de « Ginette » il faut signaler que peu d’année après le passage de Charles de Foucauld, l’école faillit fermer définitivement en 1879-1880 à cause d'un projet de loi interdisant l'enseignement aux membres de toute « congrégation religieuse non reconnue ». Les décrets de Jules Ferry des 29 et 30 mars 1880 la reprennent et imposent aux Jésuites de se disperser et d'évacuer leurs communautés et établissements scolaires.

      Les Pères jésuites sont donc expulsés de l'École en 1880. Ils reviennent à partir de 1887, mais la Loi du 1er Juillet 1901 interdit de nouveau l'enseignement aux membres des « congrégations non autorisées » et les Jésuites quittent encore une fois la rue Lhomond. Des mesures sont prises pour assurer, sans les Pères, la continuité de l'École. Le directeur est un laïc et de nombreux prêtres diocésains participent à la vie de l'institution.

      Alors qu'à la suite de la Loi de séparation de l'Église et de l'État (1905), l'École est menacée de perdre ses meubles et immeubles, elle continue néanmoins de se développer en ouvrant de nouvelles classes préparatoires. En 1912, à la fin d'une neuvaine à saint François-Xavier, est découverte, à Versailles, rue de la Vieille-Église, une propriété, dite « du Grand Montreuil », construite par les Sœurs du Cénacle et qui peut être louée à la personne qui l'avait achetée après sa confiscation en 1911 en vertu de la Loi de 1901.

      Le 21 août 1913, après plusieurs procès, l'École de « la rue des Postes » est confisquée à son tour. Le 1er octobre suivant, l’École Sainte-Geneviève est installée à Versailles.

 

      Mais, encore une fois, entre octobre 1874 et mars 1876, c’est n’est donc pas à Versailles mais à Paris, rue Lhomond, ancienne rue des Postes que Charles de Foucauld a été l’élève des Jésuites de l’École Sainte-Geneviève.

 

Laurent Touchagues



(1) Cité en note dans « Lettres à un ami de lycée, correspondance inédite avec Gabriel Tourdes », nouvelle cité, 1982, page55.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 21:25

À l’École Sainte-Geneviève (suite)

 

      La première année s’ouvre avec 48 élèves. D’année en année, le nombre des élèves augmente. De 85 en 1855, ils passent à 110 en 1856, 202 en 1857, et plus de 300 dix ans après la fondation. Jusqu'en 1861 les « Math Élem » sont majoritaires, mais sont bientôt dépassés en nombre par les élèves de classes préparatoires. Et les résultats suivent : le premier élève reçu à Polytechnique, en 1857, a droit au chant d'un Te Deum à la Chapelle.

      La devise de l’école est « Servir ». Le premier « recteur », le père Philippe Delvaux, ne veut pas d’uniforme pour les élèves ; il institue le système des « colles », exemple qui sera suivi par les autres classes préparatoires.

      Lors de la guerre de 1870, sur 400 anciens élèves officiers à l'armée du Rhin, 86 tombent au Champ d'Honneur. L'École est transformée en service ambulancier. On y compter de 800 à 900 blessés.

      Dans la nuit du 3 au 4 avril 1871, la maison est cernée par un bataillon de fédérés de la Commune. Ils arrêtent le Recteur, le Père Marie-Léon Ducoudray, sept professeurs jésuites, quatre frères jésuites et sept employés. Le 24 mai les Pères Ducoudray et Clerc sont fusillés sur le chemin de ronde, avec l'Archevêque de Paris Mgr Darboy. Le 26 mai le Père de Bengy, professeur, est exécuté rue Haxo.

      C'est l'époque, semble-t-il, où Sainte-Geneviève devient familièrement « Ginette ». Les anciens de Ginette, dénommés également « Postards », commencent à se serrer les coudes contre les brimades anti-religieuses qui se multiplient dans les grandes Écoles. Lorsque le grand catholique social Albert de Mun y était élève, en 1860, nul n’osait communier en public, bien que la messe fût célébrée dans la chapelle tous les dimanches. Après la guerre de 1870, du fait de leur nombre (une trentaine à Polytechnique), ils ne craignent plus la mise en quarantaine des catholiques pratiquants. À Pâques 1874, 183 élèves-officiers communient en public à Saint-Cyr.

      (à suivre)

L.T.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 18:23

À l’École Sainte-Geneviève

 

      Ayant passé, avec dispense d’âge, et réussit, avec mention, son premier baccalauréat en août 1874 à Nancy, Charles de Foucauld décide alors de se préparer à la vie militaire et opte pour l’École de Saint-Cyr. Afin de se trouver dans les meilleures conditions pour le concours, il entre chez les Jésuites de l’École Sainte-Geneviève.

      On entend dire parfois qu’il a accompli ce temps de formation à Versailles puisque cette école se trouve dans cette ville. C’est à ce sujet que nous apportons aujourd’hui une précision en rappelant quelques points de l’histoire de ce prestigieux établissement d’enseignement.

 

      La loi Falloux de 1850 ayant autorisé l'ouverture d'établissements scolaires « libres », la Compagnie de Jésus aurait désiré ouvrir des établissements d'enseignement supérieur, mais la loi ne le permettait pas. Cependant, comme les classes de préparation aux grandes Écoles relevaient juridiquement de l'Enseignement Secondaire, l'autorisation fut demandée de fonder un établissement qui n'aurait que des Mathématiques Élémentaires (dernière année du bac) et des classes préparatoires.

      Le Père Pierre-Jean Beckx (1795-1887), 22ème Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, autorise donc l’ouverture des classes préparatoires pour Saint-Cyr, Polytechnique et Centrale, encadrées par 27 jésuites.

      Cette école naît en avril 1854, dans une maison où les Jésuites avaient auparavant installé leur noviciat, au 18 de la rue des Postes, à Paris. Cette rue, située en plein Quartier latin, existe toujours mais à changé de nom en 1859 pour devenir la rue Lhomond (1), nom qu’elle porte encore aujourd’hui.

      Situé sur les pentes de la Montagne Sainte-Geneviève, ce nouvel établissement jésuite reçoit le nom d’École Sainte-Geneviève. On entend dire aussi « Ginette », car ce nom, qui sert toujours à désigner familièrement l’école, est le diminutif de Geneviève. Les noms d’« École de la rue des Postes » ou d’« École des Postes » se lisent aussi dans certains ouvrages qui continuent d’utiliser une dénomination qui eut cours longtemps après 1859.

      (à suivre)

L.T.

 



(1) Charles-François Lhomond (1727-1794), prêtre de Paris, principal du collège d'Inville, puis professeur de sixième au collège du Cardinal Lemoine. Devenu professeur émérite de l'Université de Paris, il employa les loisirs que lui donnait sa retraite à composer plusieurs ouvrages pédagogiques élémentaires.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:38

                                                              La perte de la foi

 

Le 11 avril 1874, la cousine de Charles de Foucauld, Marie Moitessier, se marie et devient Vicomtesse Olivier de Bondy. Qui peut mesurer exactement, sans la réduire ni l’exagérer, la portée de cet événement dans l’âme de Charles ? Faut-il dire comme un auteur que « Marie s’éloigne et Charles se détourne de tout ce qu’elle lui faisait aimer » (Michel Carrouges, « Charles de Foucauld explorateur mystique », Le Cerf 1954, page 18) ?

Le 12 août 1874, il passe avec dispense d’âge, car il n’a pas encore l’âge requis normalement, son premier baccalauréat, devant la Faculté des Lettres de Nancy. Le jury lui décerne la mention « assez bien ». Il décide alors de se préparer à la vie militaire et opte pour l’École de Saint-Cyr.

Pour cela, il entre en octobre 1874 à l’École Sainte-Geneviève, fondée par les Pères Jésuites à Paris, rue des Postes (devenue rue Lhomond en 1859), qui prépare aux Grandes Écoles. Charles de Foucauld vient d’avoir 16 ans et il a déjà perdu la foi, à Nancy. Donc avant d’entrer à « Ginette », surnom de l’école Sainte-Geneviève.

C’est à propos de sa seconde année à Sainte-Geneviève (octobre 1875-mars 1876), qu’il écrit : « Jamais je crois n’avoir été dans un si lamentable état d’esprit. J’ai, d’une certaine manière, fait plus de mal en d’autres temps, mais quelque bien avait poussé alors à côté du mal ; à dix-sept ans, j’étais tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal, j’étais comme affolé… » (Lettre du 17 avril 1892 à Marie de Bondy, citée par Bazin, page 23).

 

Nous soulignons de temps en temps, aux Amitiés Charles de Foucauld, que l’on insiste parfois beaucoup trop sur les fautes morales de Charles de Foucauld. Dans le passé, certains auteurs ont cru qu’elles étaient la cause de la perte de sa foi. C’est pourquoi il est bon de rétablir la véritable évolution qui se produit dans le jeune Charles de Foucauld.

Il connaît d’abord une période de doutes, qui deviennent de plus en plus nombreux. Puis il subit une crise morale, violente, mais qui n’atteint pas encore le jugement de l’adolescent au point de nuire à la distinction entre le bien et le mal. Enfin, les doutes envahissent son âme au point d’amener la perte de la foi : « De foi, il n’en restait pas trace dans mon âme » (Lettre du 24 février 1893 à Marie de Bondy, citée par Bazin, page 24). C’est alors seulement qu’il manifeste un complet laisser-aller moral : « Je vivais comme on peut vivre quand la dernière étincelle de foi est éteinte » (« Lettre à Henry de Castries », 14 août 1901, page 95).

Á ce stade, atteint à la fin de 1875, Charles de Foucauld a écarté toute croyance et toute règle. L’adolescent de 17 ans est même tellement enfoncé dans cet « égoïsme », que son attitude lui paraît normale : « Lorsque je vivais le plus mal, j’étais persuadé que cela était absolument dans l’ordre et que ma vie était parfaite » (Lettre du 11 décembre 1895 à Marie de Bondy, citée par J.-F. Six, page 25).

 

Laurent Touchagues

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